Médias

Presse: Les aides conditionnées par la culture

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5419 Le 25/12/2018 | Partager
L’encouragement à la lecture, nouveau sésame pour décrocher l’appui de l’Etat
80 millions de DH sont prévus pour 2019
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Pour Mohamed Laaraj, ministre de la communication et de la culture, les aides à la presse seront dorénavant conditionnées par les efforts en matière d’encouragement à la lecture (Ph. Adam)

D’une pierre deux coups. Le ministère de la communication et de la culture entend dès l’année 2019 conditionner l’aide aux organes de presse à la culture et à l’encouragement à la lecture. C’est ce qu’a annoncé Mohamed Laaraj, le ministre en charge des deux départements la semaine dernière à Tanger.

«Nous avons intégré pour la première fois la lecture et la participation des médias, papier ou électroniques dans son encouragement», indiquait le ministre lors d’une conférence dédiée à l’analyse de la relation compliquée qui unit culture et médias et organisée par le Centre méditerranéen des médias. Laaraj a révélé que le décret devant régir ces aides à la presse pour l’année 2019 est en cours de rédaction.

Auparavant, ces aides n’étaient conditionnées qu’aux coûts de production, la masse salariale et le tirage. Dorénavant, les médias, qu’ils soient électroniques ou en version papier seront notés sur leur contenu culturel et sur les efforts menés pour l’encouragement de la lecture, note le ministre, et ce à travers des suppléments culturels ou des rubriques dédiées, entre autres.

Pour de nombreux supports, ces cahiers étaient considérés comme la cinquième roue du carrosse, à ne publier qu’en cas de creux. Dorénavant, une attention particulière devra leur être apportée s’ils veulent profiter de l’argent public. A noter que pour 2019, la cagnotte que devront se répartir les journaux atteindra les 80 millions de DH, selon le ministre alors qu’en 2016 elle a frôlé les 55 millions de DH.

Une étude menée en 2016 par la Fondation Mohammed Bin Rashid Al Maktoum, en partenariat avec le Pnud, révèle que le Marocain ne lit en moyenne qu’une dizaine de minutes par jour, soit un peu moins d’une soixantaine d’heures par an. Si au niveau du monde arabe, ce score lui permet de se hisser à la troisième place derrière le Liban et l’Egypte, il reste néanmoins loin des champions mondiaux comme l’Inde qui affiche une heure et demie par jour de lecture.

Ali ABJIOU

 

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