International

Le «shutdown» américain inquiète les marchés

Par L'Economiste | Edition N°:5419 Le 25/12/2018 | Partager
Il pourrait durer jusqu'en janvier 2019
Echec des tractations sur le financement d'un mur à la frontière mexicaine
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Les Etats-Unis se préparent à un long «shutdown». A la veille de Noël, les administrations fédérales sont restées partiellement fermées pour la troisième journée. Ceci après l'échec des tractations au Congrès sur le financement d'un mur à la frontière mexicaine voulu par Donald Trump. Ce «shutdown» qui inquiète les marchés pourrait durer jusqu'en janvier 2019. Il vient clôturer une semaine marquée par la démission du ministre de la Défense Jim Mattis.

Faute de budget, de nombreux ministères et agences gouvernementales ont fermé leurs portes samedi dans la matinée, laissant environ 400.000 fonctionnaires en congé sans solde. Tandis que 400.000 autres, employés dans les services jugés essentiels (douanes, sécurité aéroportuaire, inspection sanitaire, etc.), sont contraints de travailler sans être payés aux échéances régulières alors que la période des fêtes bat son plein.

Les négociations sur le budget fédéral doivent reprendre le 27 décembre. Mais il est très possible que le «shutdown» aille jusqu'au nouveau Congrès qui doit se réunir pour la première fois le 3 janvier, a indiqué le directeur du Budget à la Maison-Blanche Mick Mulvaney. Les démocrates reprendront à cette date le contrôle de la Chambre des représentants après leur victoire électorale en novembre alors que les républicains resteront majoritaires au Sénat. Ce qui augure des négociations difficiles entre les deux Chambres.

Le président américain a réaffirmé dimanche sa volonté d'obtenir les 5 milliards de dollars pour la construction d'un mur destiné à freiner l'immigration clandestine, l'une de ses principales promesses de campagne. «La seule manière de stopper les gangs, la drogue, le trafic d'êtres humains et beaucoup d'autres choses qui arrivent dans notre pays, c'est un mur ou une barrière…», a-t-il tweeté.

L'opposition démocrate, qui refuse de voter ce volet du projet, propose d'allouer 1,3 milliard de dollars pour améliorer le système de surveillance frontalier. «Les démocrates nous ont offert 1,6 milliard de dollars il y a deux semaines, puis ont offert au président 1,3 milliard cette semaine», a précisé Mulvaney à la chaîne ABC. «C'est une négociation qui semble se diriger dans la mauvaise direction», a poursuivi celui qui vient d'être nommé secrétaire général par intérim de la Maison-Blanche à partir de janvier.

Le président Trump, qui avait prévu de passer les fêtes de fin d'année en Floride, est resté à Washington pendant que les négociations se poursuivent en coulisses. Le «shutdown» affecte des ministères importants comme la Sécurité intérieure (qui gère la sécurité aux frontières), la police fédérale, les Transports, le Trésor ou l'Intérieur, qui supervise les parcs nationaux très visités pendant les fêtes, comme le Grand Canyon.

Sur le National Mall à Washington, où sont situés des musées, monuments et mémoriaux, les sites en plein air étaient accessibles dimanche mais pas les toilettes publiques. D'autres sites comme le centre pour visiteurs de la Maison-Blanche étaient fermés. La statue de la Liberté doit toutefois rester ouverte au public grâce au financement de ses opérations par l'Etat de New York.

Malaise à Wall Street

Ce blocage budgétaire est le troisième de l'année, après janvier (trois jours) et février (quelques heures), déjà à cause de la question migratoire. Le précédent, en octobre 2013, avait duré 16 jours, loin toutefois du record de 21 jours de 1995-96. Agitée notamment par la menace de «shutdown» et la perspective d'un ralentissement économique aux Etats-Unis, la Bourse de New York a enregistré la semaine dernière son pire plongeon hebdomadaire depuis 2008. Selon l'agence de notation Standard & Poor's, celui de 2013 avait coûté 24 milliards de dollars à l'économie américaine. Cherchant à apaiser les tensions, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a annoncé avoir eu des discussions individuelles avec les patrons des principales banques américaines. Ils lui ont assuré avoir les liquidités suffisantes pour poursuivre normalement leurs opérations après une semaine mouvementée à Wall Street. Steven Mnuchin devait organiser hier lundi une réunion téléphonique avec un groupe de travail sur les marchés financiers.

F. Z. T. avec AFP

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