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    Délais de paiement: La construction plonge de nouveau

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5417 Le 21/12/2018 | Partager
    La liquidité toujours en tête des préoccupations
    L’activité devrait se replier

    Après 10 ans de croissance (2008-2018), le secteur de la construction, à l’échelle mondiale, a atteint le point haut de son cycle. Selon Euler Hermes, le spécialiste mondial de l’assurance-crédit, 2018 sera l’année du tournant pour ce secteur. Sa croissance devrait progressivement ralentir à 3% en 2019 après 3,5% en 2018 et 4% en 2017.

    Durant les dix dernières années, la majeure partie de la croissance du secteur provenait des marchés émergents (+57% de croissance entre 2008 et 2018). Dans le même temps, les pays développés ne sont pas parvenus à retrouver leurs volumes d’avant-crise.

    Pour 2019, le ralentissement attendu trouvera sa source dans la décélération de la croissance économique mondiale et le resserrement des conditions financières et monétaires. Ce qui est inquiétant alors que le secteur représente 10% de l’activité économique mondiale.

    Selon les experts d’Euler Hermes, le secteur de la construction n’a pas été capable de mettre en place les pare-feux nécessaires et de se relever pleinement de la crise de 2008, malgré un contexte économique mondial porteur. La liquidité est historiquement, et restera, la principale préoccupation. Le DSO moyen (le délai moyen de paiement des clients dans le monde) dans la construction est de 85 jours. Ce qui place le secteur parmi les trois plus mauvaises performances.

    La demande n’est que très légèrement repartie dans les plus gros marchés (France, Allemagne, Italie et Etats-Unis entre autres) et n’a pas encore retrouvé ses niveaux d’avant-crise. La croissance moyenne en volume du secteur dans ces pays s’avère négative entre 2008 et 2018. Aussi, la rentabilité s’est également retrouvée sous pression du fait de la hausse du coût des intrants et plus particulièrement du coût du travail.

    La détérioration de la santé financière des entreprises dans plusieurs pays affecte le secteur. Lors des 9 premiers mois de 2018, Euler Hermes a comptabilisé 41 défaillances de grandes entreprises de la construction (+7 vs 2017), soit plus que dans la distribution (39). Il s’agit d’entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 50 millions d’euros.

    Cas de la France

    En France, la croissance en volume du secteur de la construction devrait ralentir à 1,6% en 2018 et à 1,5% en 2019 (à comparer avec l’augmentation de 2,5% enregistrée en 2017). Et ce, du fait de difficultés concernant la demande, la rentabilité et la liquidité. 2018 a été une année difficile (en termes de volume), particulièrement pour le secteur résidentiel. Les perspectives 2019 ne sont guère plus optimistes. Depuis 2017, les chiffres relatifs aux permis de construire et aux mises en chantier sont décevants. Par ailleurs, les marges d’exploitation devraient se réduire cette année. Les entreprises ont été affectées par deux facteurs. D’un côté un recul des revenus et de l’autre une augmentation des coûts, provenant de la hausse du prix des matériaux de construction et des coûts de main-d’œuvre. Enfin, les délais de paiement moyens appliqués dans la construction française continuent d’affecter la liquidité du secteur. Ils ont augmenté de +7 jours entre 2016 et 2017 et s’élèvent désormais à 75 jours.

    F. Z. T.

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