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    Explosifs industriels: Grandes ambitions pour EPC Maroc

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5416 Le 20/12/2018 | Partager
    L’artificier quitte Casablanca pour Settat dès mi-2019
    Détails sur les trois usines «les plus modernes d’Afrique»
    Un challengeur qui vise l’export sur le marché subsaharien
    explosifs-industriels-epc-maroc-016.jpg

    Le recours à l’explosif industriel est indispensable à l’extraction minière pour produire du béton, du verre, du métal et d’autres minerais indispensables à la fabrication d’objets quotidiens comme les téléphones portables (Ph. Jarfi)

    EPC Maroc entame une nouvelle page de son histoire. L’entreprise d’explosifs civils projette de déménager de Casablanca à Machrâa Ben Abou dans les environs de Settat. «Rendez-vous pour l’été 2019. Le chantier de notre nouvelle usine de 130 ha est en état d’avancement de 55%. EPC Maroc y a investi 200 millions de DH», annonce son directeur général, Frank Maupoux, épaulé par une jeune garde d’ingénieurs marocains.

    Sa société a participé à de grands chantiers d’autoroutes comme Fès-Oujda, de barrages, le port Tanger-Med, le TGV Tanger-Casablanca... Avec aussi des clients dans les mines et carrières. EPC Maroc a une petite sœur dont la dénomination irait parfaitement à un groupe de Rock: Maroc Dynamite créée en 1975.

    «Nous avons développé une expertise dans les chantiers sensibles comme le forage sous l’eau au port de Casablanca et le terrassement de sa voie d’accès. Un chantier technique avec des tirs (d’explosifs) sous l’eau», explique le DG-adjoint de Maroc Dynamite, Mohammed Hicham El M’hamdi.

    D’une pierre deux coups. Le top management veut évoquer ainsi ses projets et présenter un métier «discret» dont il est «fier». «Pour désagréger la roche, il faut une grande vitesse et une grande énergie», explique le directeur des opérations, Yassine Dehab.

    Foreuses en miniature, mines factices, détonateurs électriques et autres accessoires miniers sont examinés par une assistance curieuse. Avec sa nouvelle usine, EPC Maroc projette d’exporter en Afrique. L’entreprise a produit 7.000 tonnes d’explosifs civils en 2017. La filiale marocaine est la plus ancienne du groupe français EPC.

    Créé en 1893 par Eugène-Jean Barbier, il dispose de 12 sociétés en Afrique sans compter d’autres entités notamment au Canada. «Avec son implantation au Maroc d’abord, suivie par un large développement en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Côte d’Ivoire, Gabon...), EPC dépasse les limites de l’Europe dès 1952», indique la publication interne du groupe, EPC Focus(1).

    Date à laquelle la Société Chérifienne d’approvisionnement minier (SCAM) a vu le jour. EPC Maroc est restée durant 66 ans sur son site de production à Bouskoura. Il a une stature historique similaire à Villafranca en Italie ou Saint-Martin-de-Crau en France par exemple. «C’est l’une des usines emblématiques ayant marqué nos 125 ans d’existence», se félicite le groupe qui a réalisé 4 milliards de DH de chiffre d’affaires en 2017 et qui compte 1.900 collaborateurs. L’histoire continue.

    Après plus d’un demi-siècle, la filiale marocaine va poser ses valises dans un autre territoire de la région de la Chaouia. L’expansion urbaine de Bouskoura avec ses projets immobiliers est un obstacle au respect scrupuleux des normes de sécurité. D’où la nécessité impérieuse de ce transfert. Il a été programmé en 2016 pour un budget initial de 90 millions de DH.

    L’investissement a depuis doublé. Comment l’expliquer? «Nos engagements RSE avec notamment un projet agricole et les exigences sécuritaires», rétorque le DG, Frank Mapoux. La construction de sites sensibles exige une autorisation préalable du ministère de l’Energie et des mines délivrée après enquête administrative.  Cette dernière a démarré le 1er mai 2016, du temps de l’ancien DG-adjoint Raphaël Bertran de Balanda.

    Le projet initial portait sur trois usines réservées respectivement à la production de 150 tonnes/jour de granulés d’Ammonix, de 40 tonnes/jour d’explosifs gels et de 50.000 détonateurs électriques. A ces unités de production, s’ajoutent les 14 dépôts d’une capacité de stockage de 45 tonnes. L’un de ces dépôts sera réservé à emmagasiner un million de détonateurs électriques.  

    Le nouveau site «sera le plus moderne d’Afrique et parmi les plus modernes au monde», assure EPC Maroc qui se présente comme un challengeur dans un marché local qui produit 35.000 tonnes par an d’explosifs industriels. Cette branche d’activité compte un second  opérateur, la Compagnie africaine des explosifs

    . Créée en 1912, le groupe Cadex compte cinq sociétés chacune spécialisée dans une gamme de produits. Ce centenaire est l’unique concurrent de EPC Maroc. L’entreprise que dirige Frank Mapoux opère un revirement dans sa stratégie commerciale où se conjuguent marché domestique et export. Une belle bataille est en perspective dans ce milieu très discret. La concurrence se joue aussi à coups... d’explosifs!

    Faiçal FAQUIHI

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    (1) Edition octobre 2018 n°9 pages 6, 7 et 9.

                                                                                       

    Explosion téléguidée à Skhirat

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    Des artificiers opèrent dans une carrière aux environs de Skhirat. Le sac contient des explosifs d’Ammonix sous forme de granulés blancs de nitrate d'ammonium et de fuel. Le technicien a un bourroir pour mesurer la quantité d’explosif souhaitée (Ph. Jarfi)

    Une détonation millimétrée à la seconde pour fêter un déménagement! EPC Maroc va s’installer à Settat en 2019. Le spécialiste des explosifs industriels compte trois autres usines: Marrakech, Midelt et Oujda. La filiale du groupe EPC embarque les reporters.

    Direction Skhirat pour une démonstration réelle de tirs à la carrière de Concassage.ma. Une foreuse aux allures de tank est sur les lieux donnant l’air d’être un vestige de la Guerre du Golfe. Le site est noyé sous les hauteurs des falaises environnantes. Un vent glacial fouette les visages. L’endroit renvoie aux paysages des terres celtiques. Oued Cherat serpente la région avant de se jeter dans l’Atlantique. Gilets jaunes et chaussures de sécurité sont de rigueur.

    «Il ne faut jamais tourner le dos au vide», alerte le top management de EPC Maroc, Frank Maupoux. Son directeur d’opération, Yassine Dehab, est sur le site de tirs. La charge qu’il tient est encartouchée comme de la mortadelle. Il jette sur le sol le boudin d’un kilo et l’écrase de ses pieds. «Pas d’inquiétude. Ce gel énergétique est un produit stable, indispensable à la chaîne pyrotechnique qui amorce la détonation», assure l’ingénieur.

    A partir de 1.000 kg, la cargaison est obligatoirement escortée par la Gendarmerie. Cette procédure s’impose dans les zones frontalières quel que soit le poids transporté, notamment à Oujda. Chaque transporteur a une «carte de contrôle» délivrée après enquête par la police nationale.

    Les véhicules sont équipés de caméras-surveillance et sont suivis par GPS. Le minage se poursuit sur le terrain. Une sirène retentit à la fin de l’opération. Les journalistes sont transportés à un observatoire perché en haut d’une falaise. Deux jours de travail explosent en une demi-seconde.

    Chiffres-clés(*)

    • 250 millions de DH (CA)
    • 230 emplois
    • 7.000 tonnes d’explosifs par an   
    • 1,5 million de détonateurs  produits

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    (*) EPC Maroc et Marodyn en 2017

    F.F.

     

     

     

     

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