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    Economie

    Coup de froid sur la croissance

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5415 Le 19/12/2018 | Partager
    Celle du PIB décélère à 3,3%
    Le déficit budgétaire suspendu aux dons des pays du Golfe
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    La qualité de la croissance s’est beaucoup détériorée ces dernières années. Elle crée moins d'emploi. Le chômage des jeunes en particulier atteint des niveaux alarmants, 44,7% au troisième trimestre 2018 alors que le taux d'activité a baissé une nouvelle fois

    L'année se terminera sans grand éclat. La Banque centrale, qui a tenu hier mardi 18 décembre son dernier Conseil de l'année, maintient son taux directeur à 2,25%  ainsi que ses prévisions de croissance pour 2018. Une croissance molle et en décélération comparativement à l'année dernière: 3,3% contre 4,1% en 2017. Le coup d'accélérateur de l'économie tant espéré après le déblocage des crédits TVA et l'accélération des paiements de marchés publics n'a pas eu lieu.

    La valeur ajoutée agricole progresserait de 4,6% en 2018 au lieu de 15,4% l'année dernière.  Le rythme des activités non agricoles connaîtra un léger accroissement de 0,4 point passant de  2,7% à 3,1% à fin 2018. Le ciel de la croissance en 2019 s'annonce tout aussi couvert de brume: 3,1% avant de s'accroître à 3,6% en 2020.

    Des niveaux qui ne permettraient ni d'absorber le stock de chômage ni les arrivées sur le marché du travail. Ce qui renvoie à l'urgence du changement de modèle économique, pour l'instant objet de séminaires et de tables rondes.

    Globalement, la croissance non agricole s’accélérerait à 3,4% en 2019 et à 3,7% en 2020. Tenant compte d'une production céréalière moyenne de 80 millions de quintaux, la valeur ajoutée agricole reculerait de 0,8% en 2019, avant d'augmenter de 3,3% en 2020.

    Comme prévu par la Banque centrale, l'inflation s'est inscrite en baisse: elle est passée de 2,5% en juin à 1,1% en octobre sous l'effet du recul du prix des produits alimentaires à prix volatils. L'année se terminerait sur une moyenne de 2% contre 0,7% en 2017.

    L'inflation serait à 1% en 2019 et 1,2% en 2020. Les prévisions en matière de déficit budgétaire sont également maintenues à 3,7% du PIB à condition que les dons des pays du Conseil de la coopération du Golfe (CCG) se matérialisent. Ce déficit se creuserait à 3,8% du PIB en 2019 avant de s'alléger à 3,6% en 2020.

    Les comptes extérieurs seraient également impactés par les  entrées des dons du CCG, 4,8 milliards de DH en 2018 et à 2 milliards en 2019. Ainsi, le déficit du compte courant serait à 4,4% du PIB cette année contre 3,6% en 2017. Il s’allégerait graduellement pour se situer à 3,7% en 2019 et à 3,2% en 2020.

    Les exportations resteraient sur une trajectoire dynamique sous l'effet des ventes du secteur automobile et du recul attendu de la facture énergétique. Avec les sorties prévues du Trésor à l’international, le montant des réserves internationales nettes passerait de 230,4 milliards de DH à la fin 2018 à  239 milliards au terme de 2019 puis à 235,7 milliards à fin 2020. En 2017, elles s'élevaient à 240,9 milliards de DH. Cela devrait assurer l’équivalent d’un peu plus de 5 mois d’importations de biens et services.

    Contre l'impact d'éventuels chocs externes et pour améliorer le coût des emprunts sur le marché financier international, le Maroc a contracté  une nouvelle ligne de précaution et de liquidité (LPL) de 2,97 milliards de dollars sur 2 ans du FMI (L'Economiste Edition N°:5398 du 26/11/2018).  Jusque-là, le Maroc a bénéficié  de trois accords de la ligne de précaution et de liquidité de 2 ans chacun pour des montants respectifs de 6,2 milliards, 5 milliards et 3,5 milliards de dollars.

    Khadija MASMOUDI

                                                                           

    ■ LPL: Les conseils du FMI au Maroc
    Le Conseil d'administration du FMI vient d'accorder au Maroc une ligne de précaution et de liquidité (LPL) sur deux ans de 2,97 milliards de dollars. Ce  quatrième accord constitue une assurance contre les chocs extérieurs et doit appuyer les efforts déployés pour renforcer la résilience de l’économie et promouvoir une croissance plus élevée et plus inclusive. Elle a été sollicitée dans un contexte caractérisé par la montée des risques géopolitiques, une croissance lente chez les principaux partenaires commerciaux du Maroc et la volatilité des marchés financiers mondiaux.  En contrepartie, les réformes doivent être poursuivies. «La poursuite de l’assainissement des finances publiques réduira le ratio dette publique/PIB à moyen terme, tout en garantissant le financement des dépenses d’investissement et des dépenses sociales qui sont prioritaires. Ces efforts doivent reposer sur des réformes de la fiscalité et de la fonction publique, une décentralisation budgétaire judicieuse, un renforcement de la surveillance des entreprises publiques et un meilleur ciblage des dépenses sociales», souligne Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint du FMI et président par intérim du conseil d’administration.

    ■ Les chiffres des finances participatives
    La finance participative gagne doucement du terrain. A fin octobre, 95 agences y compris les fenêtres participatives ont été recensées contre 44 l'année dernière. Selon la banque centrale, 52.000 comptes ont été ouverts contre 27.000 l'année dernière, les dépôts à vue ont atteint 1,3 milliard alors qu'ils ne dépassaient pas 570 millions de DH à fin 2017. Pour sa part la Mourabaha immobilière est à 3,3 milliards de DH alors que la Mourabaha auto a atteint 300 millions de DH.

     

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