Competences & rh

ESCA: «Prochain défi, séduire plus d’étudiants étrangers»

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5414 Le 18/12/2018 | Partager
Après l’AACSB, la business-school souhaite consolider sa position d’école internationale
Cinq ans et demi pour décrocher la prestigieuse accréditation américaine
La production scientifique multipliée par cinq!
thami-ghorfi-014.jpg

Thami Ghorfi, président de l’ESCA Ecole de Management: «Le monde évolue à grande vitesse et les business-schools ont intérêt à innover. Les entreprises, de plus en plus sous pression, sont plus exigeantes. Aujourd’hui, elles sont prêtes à accompagner les écoles pour mieux préparer leurs futurs talents» (Ph. F. Al Nasser)

Une fin d’année en beauté pour l’ESCA. Un an et demi après la reconnaissance de l’Etat, l’école de management reçoit l’une des plus prestigieuses accréditations d’établissements supérieurs dans le monde, l’AACSB. Soit une double reconnaissance, nationale et internationale.

Son président, Thami Ghorfi, n’est pas peu fier. «Nous sommes fiers de rejoindre le club des 5% de business-school dans le monde à disposer de cette accréditation, et de permettre au Maroc d’être visible sur la carte mondiale de l’excellence», s’enorgueillit-il.

L’ESCA est la première école d’enseignement supérieur en Afrique francophone à obtenir, fin novembre dernier, l’AACSB. Sur l’ensemble du continent, seules 5  écoles et universités, auxquelles l’ESCA vient se rajouter, la détiennent. D’autres établissements privés marocains seraient également dans la course, selon Ghorfi, qui est membre de l’AACSB depuis 15 ans, et président de son conseil consultatif de la région Mena depuis juillet dernier. Dans le monde, 831 institutions académiques possèdent l’accréditation. 

Pour décrocher le label américain, la business-school a dû redoubler d’efforts pendant cinq ans et demi. «Le processus a démarré en 2012, et nous étions obligés de soumettre chaque année un rapport de progression», explique Imad-Eddine Hatimi, directeur des Accréditations.

L’école a été évaluée sur une quinzaine de critères, dont la qualité des programmes, la gestion des étudiants, l’innovation, l’impact généré, la réussite des lauréats, la contribution intellectuelle… «La démarche n’est pas facile, mais elle est vertueuse. Elle coûte excessivement cher, car il faut recruter des compétences supplémentaires, investir plus en R&D, organiser plus de séminaires… Toutefois, elle nous a permis d’apprendre les meilleures pratiques et standards internationaux», précise Ghorfi.

Conduire le changement n’est pas chose aisée, néanmoins, l’école en est sortie gagnante. De 2012 à aujourd’hui, elle a multiplié sa production scientifique par cinq.

L’AACSB en poche, l’ESCA se fixe un nouvel objectif. «Nous nous sommes donné les moyens pour aller chercher plus d’étudiants étrangers, et confirmer la capacité de l’ESCA à être une école résolument internationale», souligne Thami Ghorfi. L’établissement compte déjà 30 nationalités sur son campus casablancais et 95 partenariats internationaux. Cette ouverture lui permettra de sortir d’un marché local un peu à l’étroit, tout en restant basé au cœur de Casablanca.

L’école n’envisage pas d’exporter son modèle ailleurs. «Nous sommes un campus urbain, ancré dans les réalités africaines et adoptant des standards internationaux», revendique son président. Pas question donc d’antennes sur d’autres villes. Cependant, l’ESCA projette de s’élargir à Casablanca. Le projet a été annoncé il y a maintenant quelques années. Cela dit, aucun détail ne filtre à ce sujet.

L’ESCA ne prévoit pas non plus de revoir ses tarifs (près de 75.000 DH par an) à la hausse, suite à sa double reconnaissance. Ceci afin d’ouvrir l’accès à son cursus à un maximum de talents. En effet, les meilleurs bacheliers s’orientent en priorité vers les grandes écoles publiques, et le stock de profils «valables» ne cesse de se réduire.

Pas de projet de cession de capital

Non, l’ESCA ne compte pas céder son capital. «Nous n’avons pas de projet dans ce sens et la question n’est pas du tout d’actualité», confirme son président, Thami Ghorfi. L’école choisit donc de continuer son bonhomme de chemin en comptant sur ses propres ressources, contrairement à d’autres établissements qui ont préféré s’adosser à des groupes internationaux ou fonds d’investissement. Dernier en date, HEM Business-School qui a cédé 85% de son capital au groupe canadien LCI Education, fin novembre 2018. D’autres écoles et universités ont opté pour cette voie, comme Mundiapolis, l’EMSI, l’Ecole d’architecture de Casablanca et l’Université internationale de Casablanca (UIC). Dans un marché de plus en plus concurrentiel et globalisé, elles ont choisi la carte de la sécurité. Il s’agit, également, d’une question d’ambitions. Certaines entendent appréhender des marchés étrangers, notamment en Afrique subsaharienne. Pour y arriver, il faut être appuyé par un réseau fort et une assise financière solide.

Ahlam NAZIH

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc