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    Education: La plus grande Aref du Maroc apure ses dettes

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5414 Le 18/12/2018 | Partager
    L’académie de Casablanca-Settat paie 500 millions de DH à ses fournisseurs en 2018
    94,4% de taux de réussite à l’examen final du primaire et seulement 64,1% au collège
    De sérieux déficits en inspecteurs, gestionnaires, ingénieurs, techniciens…
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    L’académie de Casablanca-Settat, la plus grande au Maroc, sert une population de 1,5 million de familles (6,8 millions d’habitants). La moitié est installée à Casablanca, et 28% est rurale. Néanmoins, même parmi les citadins, la majorité provient du monde rural. Les régions périurbaines sont celles qui présentent le plus de difficultés sociales et scolaires.

    Mercredi dernier, la Cour des comptes publiait les détails de son enquête choc sur le Plan d’urgence 2009-2012 pour l’éducation. Un programme ambitieux de 43 milliards de DH, mais qui a fini en fiasco, en grande partie en raison des lacunes managériales des académies régionales de l’éducation et de la formation (Aref). Hasard de calendrier, l’Aref de Casablanca-Settat, la plus grande au Maroc, tenait le même jour son conseil d’administration.

    «Nous avons lu le rapport avec beaucoup d’intérêt afin de ne pas répéter les mêmes erreurs. Mais nous ne pouvons soutenir qu’aucune avancée n’a été réalisée durant le Plan d’urgence. C’est grâce à ce programme que nous avons pu élargir l’offre éducative et atteindre 100% de taux de scolarisation au primaire.

    Toutefois, en matière de qualité, il est clair qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir. Pour commencer, il est important de restaurer la confiance de tous les partenaires», commente Abdelmoumen Talib, directeur de l’Aref. Il intervenait vendredi dernier au siège de son académie, lors d’un point de presse organisé à l’issue du conseil d’administration.

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    Grâce au recrutement d’enseignants contractuels, les effectifs en classe se sont nettement allégés, même s’il reste encore des efforts à fournir. Toutefois, la qualité des enseignements n’est pas garantie pour autant, puisque les nouvelles recrues n’ont reçu que peu, voire pas du tout, de formations préalables à leur embauche

    «En réalité, beaucoup de temps a été perdu, et le Plan n’a été mis en œuvre que durant un an et demi ou deux ans tout au plus. Il s’est heurté à plusieurs contraintes, notamment le manque de ressources humaines qualifiées, la disponibilité du foncier, les autorisations et procédures administratives, l’accessibilité des régions enclavées…», tient-il à souligner.

    Grâce au recrutement de profs contractuels, le déficit en personnel enseignant a été pratiquement comblé à Casablanca-Settat. 9.764 profs ont été embauchés entre 2016 et 2018, et  2.373 (dont 1.046 pour le primaire et 1.327 pour le collège et lycée) seront intégrés cette année. Néanmoins, l’Aref n’est pas au bout de ses peines. «Nous souffrons encore d’un déficit monstre en inspecteurs pédagogiques, gestionnaires, ingénieurs, techniciens, économes... Le soutien du ministère des Finances est indispensable pour surmonter cette situation», insiste Talib.

    Malgré ses difficultés, l’Aref tente de s’inscrire dans une nouvelle dynamique, dans le cadre de la réforme 2015-2030. Pour son dernier conseil d’administration, par exemple, l’académie était munie d’un bilan réalisé par un comptable agréé, une première. Avec l’Aref de Agadir, elles sont les premières à adopter cette démarche.

    Pour activer ses chantiers, l’académie a consenti un effort considérable pour apurer ses dettes auprès de ses fournisseurs et prestataires de services. En 2018, près de 500 millions de DH ont été liquidés. Son taux de paiement s’élève aujourd’hui à 80% au titre des dettes échues.

    Par rapport aux engagements, le taux de paiement est à 63%. Ceci lui a permis d’accélérer la construction de 31 nouveaux établissements ouverts cette année (29.376 nouvelles places pédagogiques), un record. Globalement, les indicateurs de l’Aref sont dans le vert. La région affiche un taux de préscolarisation de 58% (contre une moyenne nationale de 49%), en hausse de 4 points par rapport à l’année scolaire écoulée, suite à l’inscription de plus de 8.000 enfants supplémentaires.

    L’Académie de Casablanca-Settat est la première à consacrer un budget dédié au préscolaire. Des progressions ont également été enregistrées au niveau des autres cycles. Au primaire, le taux de scolarisation est à 100% depuis plusieurs années. Au collège, le taux a grimpé de 5 points par rapport à 2016-2017, passant à 94%. Tandis qu’au lycée, il est passé de 73 à 75%.

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    Sur les 2,04 milliards de DH alloués à l’Aref en 2019, plus de 44%, soit environ 902 millions de DH iront aux salaires et dépenses liées aux fonctionnaires. 449,2 millions de DH seront dédiés au budget d’exploitation, tandis que 689,8 millions de DH serviront aux investissements. 13 nouveaux établissements sont prévus pour un budget de 99 millions de DH, et 477 salles en préfabriqué seront remplacées, pour un coût de 76,3 millions de DH

    Le taux de réussite est aussi en amélioration. En 2018, il s’est établi à 94,4% au primaire, contre 78,7% en 2016. Au collège, la performance est moins bonne. 64,1% des collégiens ont réussi leur examen final, contre 61,5 deux ans plus tôt. Au lycée, le nombre de bacheliers est passé de 55,8% à 63,9%.

    «Nous avons relevé le seuil de passage à 5/10 au primaire et à 10/20 au collège, afin de ne faire réussir que ceux qui le méritent vraiment», précise Talib. L’académie a, en outre, poursuivi son programme de mise à niveau de ses établissements (réhabilitations, construction de sanitaires, raccordement aux réseaux d’eau, d’électricité et d’assainissement…), dont une bonne partie dans le cadre de partenariats (68 millions de DH grâce aux partenaires).

    353 classes en préfabriqué ont ainsi été remplacées durant l’année écoulée. Cependant, il en reste encore près de 4.200, qui seront progressivement rasées et remplacées par des constructions en béton. Par ailleurs, 850 écoles ont été connectées à Internet.

    En termes d’équipements, plus de 39,7 millions de DH ont été déboursés en 2018 pour l’acquisition de matériels divers, y compris les pupitres et tableaux blancs livrés par l’Ofppt. «Le partenariat avec l’Ofppt nous a fait gagner des économies considérables. Le pupitre nous coûtait 800 DH TTC. Actuellement, nous l’achetons à 360 DH TTC», fait remarquer Talib. Cela dit, côté qualité, l’offre de l’OFPPT n’est pas encore au point, selon le témoignage de directeurs d’écoles.

    Au terme de son conseil d’administration, l’Aref de Casablanca-Settat a signé six nouvelles conventions. Trois d’entre elles ont été nouées avec les universités de Casablanca, Settat et El Jadida. Elles concernent la recherche et l’innovation pédagogiques, ainsi que l’animation de la vie scolaire.

    Les trois autres ont trait à des partenariats avec la Mutuelle générale de l’éducation nationale, des collectivités territoriales, la société Idmaj Sakane, la Fondation marocaine pour la promotion du préscolaire et l’association EMA, pour plusieurs projets, dont la construction de centres de la deuxième chance, la généralisation du préscolaire, le renforcement de la capacité d’accueil…

    Pour 2019, l’Académie se voit attribuer un budget plus conséquent pour ses projets. Cependant, la part du lion va aux salaires (voir illustration).

    Ahlam NAZIH  

     

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