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    Economie

    La clémentine de Berkane, la grande victime

    Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5414 Le 18/12/2018 | Partager
    Un surplus de 60.000 t cette année, difficilement commercialisable
    Marché local inondé, chute des prix
    Les marchands de fruits s'approvisionnent directement des vergers
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    La production globale observera une augmentation de 23% par rapport à 2017-2018 (35% pour les petits fruits et 7% pour les gros fruits). Une situation rendue possible grâce à des conditions climatiques plus que favorables pour la campagne précédente. Celle à venir s'annonce de même nature au regard de la clémence de la saison hivernale

    Le rejet des agrumes dans la nature n’est pas nouveau au niveau de l’Oriental. Les propriétaires des stations de conditionnement et les grands agriculteurs ont régulièrement procédé à cette opération pour se débarrasser des fruits de mauvaise qualité.

    Une situation qui s'est toutefois compliquée cette année. Aux fruits gâtés, s'est ajoutée une superproduction de 60.000 tonnes due aux bonnes conditions climatiques. Un surplus qui a inondé le marché local, favorisant la chute des prix.

    Simple exemple, le prix d’une camionnette chargée est passé de 1.500 à 500 DH. Aussi le calcul était-il simple pour la majorité des petits agriculteurs. Ils ont préféré laisser leurs fruits dans les vergers au lieu de les vendre. Lourd impact aussi sur les stations de conditionnement, dont l'importance des quantités stockées ont conduit au pourrissement de centaines de tonnes. A l'origine de cette dégradation, l’absence d’unités de transformation dans la région qui devaient être opérationnelles mais qui ne le sont toujours pas.

    «La solution réside dans l'export et l’organisation de la commercialisation en amont et en aval. Plusieurs dispositifs sont nécessaires pour y parvenir comme la mise en place d’unités de transformation, l’adaptation de la production aux normes internationales de qualité, ou encore l’accompagnement  financier des petits agriculteurs  pour qu’ils puissent appliquer et respecter les normes de qualité», confie à L’Economiste Mohammed Kantari, producteur et propriétaire d’une station de conditionnement.

    Les professionnels avertissent et rassurent quant aux vidéos qui circulent sur le rejet des agrumes dans la nature.  «Ces vidéos induisent en erreur. Les agrumes déversés dans la nature représentent les écarts des stations de conditionnement et non la production des petits agriculteurs, destinés à la consommation locale. Par le passé, ces écarts étaient écoulés sur le marché local. Vu les bas prix de cette saison, les marchands des fruits et légumes ont préféré s'approvisionner directement des vergers», précise Abderrahim Yechaoui, président de l’Association Slimaniya pour la solidarité des petits agriculteurs.

    Pour le département de tutelle, la campagne 2018-2019 est marquée par des conditions climatiques hivernales relativement clémentes. La température moyenne enregistrée durant la période de décembre-février est de 11,5 °C avec 5,3 °C comme moyenne des minima.

    Quant au cumul des précipitations, il s’élève à 330 mm contre 238 mm la campagne écoulée. Des conditions favorables à l’état phytosanitaire des plantations outre des températures clémentes de septembre 2017 jusqu’à mi-juillet 2018. 

    De fait, l’infestation des acariens est sensiblement moins intense que la campagne précédente et la majorité des producteurs n’ont effectué qu’un seul traitement contre ce ravageur et un autre contre les pucerons. La lutte contre la mineuse a commencé à la première semaine de septembre.

    Les premières estimations des productions agrumicoles pour la campagne 2018-2019 en comparaison avec la campagne 2017-2018 avancent un meilleur rendement par rapport à l’année précédente.

    Ali KHARROUBI

     

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