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    Analyse

    Changement climatique: Les leçons de la COP24

    Par Nadia DREF | Edition N°:5414 Le 18/12/2018 | Partager
    Les politiques appelés à mieux se mobiliser pour le climat
    Le Maroc, deuxième bon élève après la Suède
    NDC, Plan national d’adaptation… les chantiers prioritaires dès 2019
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    Déception, désillusion, verre à moitié vide… Les participants à la COP24, qui s’est tenue du 3 au 15 décembre à Katowice, sont restés sur leur faim. Malgré un accord arraché portant sur les règles d’application de l’Accord de Paris, le bilan est en demi-teinte n’affichant aucune ambition supplémentaire.

    Les décisions adoptées concernent les standards à respecter dans l’élaboration des plans climat nationaux, les règles en matière de transparence et de vérification des progrès... En face, le dérèglement climatique s’accélère. Après trois années consécutives d’émissions de CO2 stables, les proportions de gaz augmentent à nouveau.

    «C’était un accouchement dans la douleur», confie Nezha El Ouafi, secrétaire d’Etat chargée du Développement durable qui a participé à cette grand-messe à la tête d’une délégation composée de 275 personnes issues des secteurs public et privé et de la société civile.

    En revanche, Salaheddine Mezouar, ancien président de la COP22 et actuel président de la Confédération générale des Entreprises du Maroc (CGEM) et également membre du Club des présidents de COP, dévoilé en août dernier, a brillé par son absence.

    Globalement, ce qui se dégage clairement des négociations interministérielles qui se sont prolongées de 24 heures, sous haute tension, c’est qu’il y a un manque flagrant d’une réelle volonté politique de prévenir un changement climatique dangereux. Et surtout d’éliminer progressivement les combustibles fossiles! La majorité des pays industrialisés s’agrippe encore au charbon, au nucléaire et au pétrole.

    Résultat: les réalisations ne sont pas assez bonnes. Un constat confirmé par l’indice de performance des changements climatiques (CCPI) 2019 qui évalue chaque année 56 pays en matière de protection et de performance climatiques.

    Cet indice a été dévoilé lors de la COP24 par les ONG Germanwatch, NewClimate Institute et Climate Action Network International. Selon les experts, aucun pays n’a réalisé une performance suffisante pour atteindre le très bon classement de l’indice de cette année. En clair, aucun pays n’a encore atteint l’une des trois premières places du classement.

    Monté cinquième au classement, le Maroc gagne une place sur cet indice. Il devient même le deuxième pays le plus performant cette année vu que les trois premières places sont vides. Il est devancé par la Suède.

    Effet EnR

    Selon ce rapport, le Maroc a considérablement augmenté la part des énergies renouvelables dans le mix-énergétique au cours des cinq dernières années. Mieux, il a développé de nouvelles capacités EnR.

    «Avec la connexion de la plus grande centrale solaire au monde et de plusieurs nouveaux parcs éoliens au réseau électrique, le Royaume est en bonne voie d’atteindre son objectif de 42% de capacités d’énergie renouvelable installées en 2020 et de 52% en 2030», précisent les experts. Le pays a gravi les échelons grâce à son faible niveau d’émissions de gaz à effet de serre et à ses ambitieuses NDC (Nationally Defined Contributions/contributions définies au niveau national).

    Par ailleurs, le Maroc a gardé sa note «Bien» dans la catégorie «politiques climatiques». Les experts constatent certes un certain retard dans la mise en œuvre de politiques nationales, mais néanmoins ils reconnaissent le processus de consultation visant à élaborer une stratégie à long terme pour 2050.

    Selon eux, cette feuille de route pourrait, entre autres initiatives, faire du Royaume un acteur de premier plan au niveau international. Le Maroc devance de loin les trois pays africains évalués: l’Egypte (24e rang), l’Afrique du Sud (39e) et l’Algérie (47e).

    En revanche, l’Arabie saoudite, les Etats-Unis et l’Iran sont les plus mauvais élèves de l’action climatique. D’ailleurs, le blocage des négociations a été enclenché par ces deux premiers pays en plus de la Chine et du Brésil. Maintenant tous les espoirs fondent sur la COP25 qui se tiendra au Chili en novembre 2019. Et pour cause, la conférence devra tenter d’obtenir des Etats qu’ils augmentent leurs efforts dans la lutte contre le réchauffement climatique.

    Consolidation des acquis

    Le Maroc a assuré, entre 2016 et 2018, la co-présidence du Comité de pilotage du NDC Partnership, aux côtés de l’Allemagne. Le Royaume a élaboré un plan de partenariat, qui correspond à une feuille de route pour la mise en œuvre des NDC. Il offre aux gouvernements un outil-clé pour avancer dans la mise en œuvre de leurs engagements, tout en mettant en avant les synergies existantes et les domaines dans lesquels des efforts supplémentaires doivent être déployés.

    Le plan de partenariat permet de faciliter la mobilisation des financements publics et privés pour la mise en œuvre de projets clairement identifiés. Cet outil de convergence des politiques climatiques et de développement intègre la stratégie bas carbone, qui définit des mesures d’atténuation pour chaque secteur et le Plan national d’adaptation, dans une feuille de route exhaustive qui définit les objectifs et priorités du Maroc pour la mise en œuvre de ses engagements.

    Pour ce qui est de la stratégie bas carbone, elle propose une série de mesures alignées sur la contribution nationale, axées principalement sur l’énergie, l’agriculture, la sylviculture, l’habitat, l’industrie, l’infrastructure, le transport, les déchets ainsi que la gestion des eaux.

    Quant au Plan national d’adaptation, il constituera une base pour l’accès et l’allocation des financements internationaux dans le domaine de l’adaptation aux conséquences du changement climatique. Par ailleurs, la feuille de route pour la mise en œuvre de la NDC identifie les cadres stratégiques et institutionnels pour la mise en œuvre de la NDC du Maroc.

    «Le plan de partenariat servira de fondement pour la coordination de l’appui du NDC Partnership au niveau national. Il fournira un cadre permettant aux partenaires de travailler conjointement pour apporter une réponse adaptée aux besoins identifiés par notre gouvernement», précise la ministre Nezha El Ouafi. Objectif: accroître l’ambition climatique et mobiliser la finance climatique, afin de réaliser les objectifs définis.

    4C Maroc

    Dans le cadre de la coopération Sud-Sud, le Centre de compétence sur le changement climatique (4C Maroc), en tant que plateforme de renforcement des capacités au niveau national et régional, mettra le turbo en 2019. Cet instrument a déjà commencé à travailler dans le cadre de l’opérationnalisation des 3 commissions climat (Sahel, Bassin du Congo et Iles et pays consulaires) créées à l’occasion du sommet de l’action organisé à l’initiative du Souverain en marge de la COP22. Il devra multiplier les formations et les missions de conseil et d’appui au profit des pays africains. Côté financement, «des discussions sont en cours avec des bailleurs de fonds pour financer nos actions au niveau local et en Afrique», tient à préciser Rajae Chafil, directrice du 4C Maroc.

    Des pistes d’amélioration

    Une prise de conscience collective face aux défis du changement climatique s’impose. Elle devrait:
    • Encourager au niveau politique la transition vers 100 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2050, tout en promouvant l’efficacité énergétique et les économies d’énergie
    • Combattre la déforestation
    • Encourager les entreprises à diminuer leurs émissions de CO2 afin qu’elles contribuent à maintenir la hausse des températures sous la barre des 2 °C
    • Appeler les autorités à encourager les initiatives allant dans le sens de la durabilité et à punir les comportements non durables et la pollution
    • Amener les dirigeants du monde à appliquer des mesures concrètes dans chaque pays suite à l’accord arraché à Katowice.

                                                                                          

    «Le Maroc, champion en Afrique»

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    Une prise de conscience collective face aux défis du changement climatique s’impose. Elle devrait:
    • Encourager au niveau politique la transition vers 100 % d’énergies renouvelables à l’horizon 2050, tout en promouvant l’efficacité énergétique et les économies d’énergie
    • Combattre la déforestation
    • Encourager les entreprises à diminuer leurs émissions de CO2 afin qu’elles contribuent à maintenir la hausse des températures sous la barre des 2 °C
    • Appeler les autorités à encourager les initiatives allant dans le sens de la durabilité et à punir les comportements non durables et la pollution
    • Amener les dirigeants du monde à appliquer des mesures concrètes dans chaque pays suite à l’accord arraché à Katowice.

    DNES à Katowice, Nadia DREF

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