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    Droit

    Un super éclaireur dans le monde de la justice

    Par L'Economiste | Edition N°:5411 Le 13/12/2018 | Partager
    Parcours de juristes devenus chroniqueurs judiciaires
    Témoignages sur un profil rare dans les rédactions
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    Le procès pénal de l’ex-directeur de publication Taoufik Bouaâchrine s’est déroulé à la Cour d’appel de Casablanca. Les chroniqueurs judiciaires ont couvert cette affaire de mœurs même si les débats étaient tenus à huis clos (Ph. Jarfi)

    Le monde du droit est relativement fermé aux non initiés. Pourtant, «nul n’est censé ignorer la loi». D’où le rôle des journalistes spécialisés qui éclairent le lecteur sur l’actualité juridique et judiciaire. Entendez par là, ceux qui écrivent sur les réformes législatives, la jurisprudence et les procès. Nous avons pu recueillir des témoignages malgré la rareté de ce profil parmi les 2.600 journalistes ayant une carte professionnelle à fin août 2016.

    «Avec mes études de droit, j’étais un peu dans ma zone de confort. Je suis devenu journaliste juridique par hasard», confie Abdessamad Naimi. Notre confrère a fait ses premières armes à L’Economiste. L’une des premières rédactions francophones à avoir créé une rubrique droit et justice. Abdessamad Naimi publie actuellement ses articles dans le journal Les Inspirations Echos.

    «Malheureusement, peu de lauréats en droit se recyclent dans le journalisme juridique», regrette notre jeune témoin. Il confie «avoir pris goût à ce métier grâce au chroniqueur judiciaire Faiçal Faquihi». Notre interlocuteur le considère comme «une référence dans ce domaine». Abdessamad Naimi encourage les étudiants et les juristes «à embrasser» le journalisme.

    Pour lui, «de bons juristes font souvent de bons journalistes». Cette règle a ses exceptions. Omar Kabbadj a couvert le procès des événements d’Al Hoceïma pendant dix mois. Ce journaliste à l’hebdomadaire Tel Quel n’a pourtant pas fait d’études de droit. Il a plutôt suivi une formation en journalisme.

    Omar Kabbadj ne prétend pas faire de la chronique judiciaire pure et dure. Ce qui ne l’empêche pas d’écrire sur «Cartier rompt son contrat avec Kenza Bencherki». Ce jeune journaliste de 23 ans relève tout de même que cette spécialité «est encore un domaine mal exploité malgré son gros potentiel».

    Créée en mars 2015, l’Association des journalistes judiciaires a pour but d’encourager la spécialisation. «Nous organisons des formations pour les journalistes n’ayant pas forcément suivi des études de droit», précise son président Mounir El Ktaoui de l’hebdomadaire arabophone Al Watan.  

    Ce n’est pas le cas de  Abdelali El Hourri qui collabore avec Médias 24 depuis novembre 2014. Il a fréquenté les bancs de la faculté de droit  Hassan 1er à Salé. Il décroche en 2015 son master en droit des affaires. «Je préparais mon mémoire lorsque je fus contacté par Médias 24 qui recherchait un journaliste juridique et judiciaire. J’ai été recruté le lendemain de mon entretien. La particularité de notre métier c’est d’associer la rigueur du juriste à l’esprit d’investigation du journaliste», témoigne le chef de rubrique justice de Médias 24.

    Ce chroniqueur judiciaire se considère toujours comme «un novice». Deux grandes affaires l’ont marqué: «Le procès pénal de l’ancien dirigeant de l’opérateur télécom Wana, Karim Zaz, et la liquidation en cours de la raffinerie Samir. Elle est la plus grande de notre histoire judiciaire». Les étudiants de droit ont un débouché qui sort des sentiers battus. Vulgariser des jurisprudences ou des lois exige un minimum de culture juridique.

    Quant à la couverture d’un procès, elle se révèle être un exercice périlleux. Aucune erreur sur l’identité des mis en cause, de la nature de l’accusation et de la procédure n’est tolérée. La moindre faute peut engendrer un procès en diffamation dans la mesure où la réputation, l’honneur et la dignité des gens sont en jeu. Malgré ces difficultés et ces risques, faire carrière dans le journalisme juridique peut être aussi valorisant qu’être juge, avocat ou notaire.

                                                                                         

    La spécialisation n’est pas pour demain, selon le HCP

    DANS le cadre de son programme «Prospective Maroc 2030», le Haut-Commissariat au plan (HCP) a mené en 2016 une enquête nationale auprès de journalistes marocains. Il a sondé 402 reporters sur leurs «Perceptions de l’avenir du Maroc en général et celui du paysage médiatique en particulier».

    L’enquête a porté sur des professionnels âgé de 20 ans à 50 ans et plus.  Ils exercent dans différents supports d’information. Les sondés ayant entre 20 et 30 ans représentent près de 71% et ils sont majoritairement actifs dans la région du centre (Casablanca-Rabat-Kénitra).  

    Premier constat du HCP, «le paysage médiatique restera fidèle aux tendances actuelles».   Et qui est marqué par «une grande hétérogénéité et une faible spécialisation». Même si celle-ci  «est plausible et recommandée» par les sondés, elle va «demeurer difficilement envisageable» pour d’autres rubriques. L’actualité judiciaire et juridique n’a pas été intégrée dans le questionnaire.

    Aucun reporter n’en a fait allusion. Même si certains supports insèrent la chronique judiciaire dans leurs pages «Société». Deuxièmement, les journalistes enquêtés ont une préférence pour les rubriques culture, société et politique. Il en advient qu’ils  «n’ont pas un choix dominant».  «L’élasticité des frontières entre les rubriques «culture et société» et «politique» expliquent en grande partie les choix établis par les journalistes», commentent les enquêteurs. 

    Troisième constat, les sites électroniques d’information seront «le support le plus important en 2030».

    Hajar POURMERA THIAM avec F.F.

     

     

     

     

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