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    Chronique

    Un Sommet du G20 sans grandes convictions

    Par Jawad KERDOUDI | Edition N°:5410 Le 12/12/2018 | Partager

    Jawad Kerdoudi est président de l’Imri (Institut marocain des relations internationales) (Ph. JK) 

    Commerce international et changement climatique ont été au cœur du Sommet du G20 qui s’est tenu à Buenos Aires le 30 novembre et le 1er décembre 2018.

    Depuis l’élection de Donald Trump, le commerce international a été grandement perturbé par le président américain qui a retiré les Etats-Unis de l’Alena (Accord de libre-échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique), de l’Accord de partenariat transpacifique, et qui a menacé de même pour l’OMC (Organisation mondiale du commerce).

    Le président américain ne s'est pas arrêté là. Il a imposé des droits de douane élevés sur les importations américaines d’acier et d’aluminium, ainsi que sur une grande partie des importations en provenance de Chine.

    Les pays exportateurs de ces produits aux Etats-Unis ont pris à leur tour des mesures protectionnistes, créant la menace d’une guerre commerciale généralisée, qui pourrait selon le FMI causer à moyen terme une perte de 0,75% du PIB mondial. A la veille du Sommet, un nouvel Accord de libre-échange entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, a été signé le 30 novembre 2018 suite à la forte pression américaine sur ses deux partenaires. Encore une atteinte au multilatéralisme.

    Le communiqué final du Sommet note les problèmes commerciaux actuels, indique que le multilatéralisme a raté ses objectifs, et ne condamne pas formellement le protectionnisme. Le communiqué soutient en outre la réforme de l’OMC qui sera examinée par le prochain Sommet du G20 qui aura lieu en 2019 au Japon.

    Sur le plan du commerce international, le seul point positif du G20 a été la trêve conclue à la dernière minute entre les Etats-Unis et la Chine. En effet, Donald Trump avait menacé de porter les droits de douane de 10 à 25% à partir du 1er janvier 2019 sur 200 milliards de dollars d’importations en provenance de la Chine.

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    Le Sommet du G20 de Buenos Aires a marqué à nouveau la politique du président Donald Trump en faveur du protectionnisme et de la négation du changement climatique (Ph. AFP)

    Cette mesure a été reportée de 90 jours, sous réserve que des progrès substantiels soient réalisés en ce qui concerne les changements structurels dans le commerce entre la Chine et les Etats-Unis. Ces derniers demandent la suppression par la Chine de transferts forcés de technologie et de propriété industrielle, et un meilleur accès au marché chinois pour les produits américains. Le président américain veut à tout prix rééquilibrer la balance commerciale entre son pays et la Chine.

    Le second point important traité par le Sommet du G20 a été le changement climatique. Sur ce sujet et sous l’impulsion du président Macron, les 19 membres du G20 ont fait bloc, et ont affirmé que l’Accord de Paris sur le changement climatique est irréversible. Ils ont décidé la pleine mise en œuvre de cet accord en tenant compte des capacités respectives en vue des différentes situations nationales.

    Les pays émergents ont demandé un soutien plus substantiel de la part des pays développés pour assurer leur transition énergétique. Les Etats-Unis de leur côté ont imposé un paragraphe hypocrite où il est dit qu’ils sont «en faveur de la croissance économique, l’accès à l’énergie et à la sécurité en utilisant toutes les technologies et les sources énergétiques disponibles, tout en protégeant l’environnement».

    En conclusion, le Sommet du G20 de Buenos Aires a marqué à nouveau la politique du président Donald Trump en faveur du protectionnisme et de la négation du changement climatique. Il appartient aux autres membres du G20 et notamment aux grandes puissances (Chine, Union européenne et Russie) d’unir leurs efforts pour défendre le multilatéralisme et mettre en œuvre concrètement l’Accord de Paris sur le changement climatique. Le Maroc s’est inscrit dans ces deux grandes voies en organisant en 2016 la COP22 et en développant les énergies renouvelables notamment l’éolien et le solaire.

                                                                                            

    Les plus riches de la planète

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    Le G20 est un groupe composé de 19 pays plus l’Union européenne, créé en 1999 après la succession des crises financières dans les années 1990. Son but est de favoriser la concertation internationale surtout sur le plan économique et financier.

    Se réunissant au niveau des ministres, ce n’est que le 15 novembre 2008 que le G20 s’est réuni au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement pour faire face à la grave crise économique et financière 2007-2008 des «subprimes» et à la faillite de la banque américaine Lehman Brothers. En dix ans, 13 sommets se sont déroulés dans le monde.

    Les membres de G20 sont parmi les pays les plus riches de la planète, qui représentent les deux tiers de la population mondiale et 90% du PIB mondial. Les cinq continents sont représentés dans ce groupe dont l’Afrique du Sud pour l’Afrique et l’Arabie saoudite pour le Moyen-Orient.

    Participent aux Sommets du G20 des pays invités (Espagne et Pays-Bas pour le Sommet de Buenos Aires) ainsi que les organisations internationales dont l’ONU, le FMI, l’Union africaine et la Banque mondiale.

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