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    Economie

    Poulpe: L’arrêt biologique prorogé jusqu’au 5 janvier

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5410 Le 12/12/2018 | Partager
    La recommandation de l’INRH vient de tomber
    Motif: la diminution de moitié de la biomasse
    Les quotas pour la campagne 2018-2019 revus à la baisse
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    Le quota de pêche au titre de la campagne 2017-2018 est revenu au même niveau qu’en 2004-2005, année de l’effondrement du stock de poulpe

    Tous les opérateurs étaient suspendus au rapport de l’Institut national de la recherche halieutique (INRH) dont les prescriptions servent de boussole à la régulation de l’activité de pêche. Les experts de l’INRH recommandent une prolongation de l’arrêt biologique en raison de la baisse de moitié de la biomasse de la zone «C» (entre Boujdour et Lagouira).

    Le ministère de la Pêche a donc décidé de proroger de 20 jours la période d’arrêt biologique. La reprise de la pêche au poulpe prévue initialement le 15 de ce mois interviendra finalement le 5 janvier 2019. Cette décision n’a rien à voir avec la pression d’une partie de la profession qui poussait à la prorogation du repos biologique.

    Ce sont des opérateurs qui avaient constitué de grosses quantités de poulpe en attendant le retour de la demande et la remontée des prix qui avaient accusé un léger repli au cours de la saison estivale (voir aussi L’Economiste n°5407 du 07/12/2018).

    L’INRH a également décidé l’interdiction de l’utilisation des chaluts à grande ouverture verticale armés pour pêcher dans les zones rocheuses, vitales pour l’équilibre biologique et le développement de plusieurs variétés de poissons à écailles. La nature ayant horreur du vide, lorsque l’équilibre est perturbé dans les milieux marins, une variété de poissons pourrait se développer aux dépens d’une autre et être nuisible aux autres et même à tout l’écosystème.

    L’interdiction de la pêche dans la zone «C» est qualifiée par certains professionnels de «courageuse» et par d’autres de «provocation» car elle ne manquera pas de susciter la colère des mécontents qui pariaient sur une période plus longue (2 mois). Même dans le cas contraire, cela n’aurait rien changé à la situation du marché.

    L’INRH vient conforter ce que les observateurs savaient déjà, à savoir que le potentiel du poulpe est en train de reculer depuis quelques années, une baisse que l’INRH intègre dans sa décision en réduisant chaque année le quota de prises pour chaque segment de pêche: artisanale, côtière et hauturière. Les volumes sont passés de 39.100 tonnes au cours de la campagne 2014-2015 à 24.159 tonnes au cours de la saison 2017-2018. Une baisse continue depuis quatre ans.

    Mais c’est la première fois que ce volume avoisine celui enregistré la première année suivant l’effondrement de la ressource en 2004-2005 et qui était de 21.833 tonnes. Pour reconstituer le stock, le ministère de la Pêche avait exceptionnellement décrété un arrêt biologique de neuf mois, un plan de réduction de l’effort de pêche en échange d’une prime aux propriétaires de barques.

    Le nombre est passé de plusieurs dizaines de milliers à 2.500 unités. Une stratégie qui s’est avérée payante. Mais comment s’explique la raréfaction constatée ces dernières années? «Il faut d’abord signaler le braconnage pendant le repos biologique et la pêche hors du quota. Ces prises sont écoulées  sur le marché parallèle au vu et au su de tout le monde. Ce qui fait dire à un professionnel que «le secteur informel est le quatrième segment de la pêche aux côtés de la pêche artisanale, côtière et hauturière». Les prises de l’informel sont blanchies au niveau des unités de congélation via des documents falsifiés.

    Le rapport de l’INRH ayant conclu à une diminution de moitié de la biomasse, il va sans dire que les quotas de pêche pour la prochaine campagne seront revus à la baisse.

    Un plan de sauvetage

    Pour sauver la ressource poulpière, plusieurs mesures d’appoint pourraient être prises en plus des deux arrêts biologiques. Il s’agit de l’implication des pêcheurs artisanaux dans le contrôle et la gestion de leur zone de pêche, située dans la bande côtière allant de 3 à 8 miles. En fait, il faut réinventer un nouveau modèle de rationalisation de la ressource, basé notamment sur l’éradication des engins destructeurs, l’utilisation de la technologie pour une meilleure efficacité, de caméras à bord, la tenue de registre de pêche électronique à transmission de données en temps réel au ministère de tutelle…  «Aujourd’hui, le maillage n’est pas adéquat avec la pêche poulpière. Il est de 70 mm pour les chalutiers hauturiers et de 60 mm pour les côtiers. Ce qui encourage l’utilisation de chaluts non conformes à la réglementation. Et c’est dangereux pour l’espèce». L’autre danger reste l’utilisation destructrice de pots en plastique dans lesquels les femelles vont pondre et qui finissent dans les filets des chalutiers au large. D’où la destruction des œufs. Par ailleurs, certaines unités de congélation dans le sud servent au blanchiment des prises illicites et échappent à tout contrôle.

    Hassan EL ARIF

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