×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Competences & rh

    Le capital humain, moteur de croissance

    Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5409 Le 11/12/2018 | Partager
    Investir dans l’éducation renforce la compétitivité du pays dans le commerce mondial
    Le nouvel indice de la Banque mondiale intègre aussi les conditions de santé

    Il n’est de richesse que d’hommes, un adage qui se confirme davantage dans cette mondialisation. En relever les défis nécessite une main-d’œuvre compétitive, capable de s’adapter avec les mutations technologiques en perspective. Les pays sont donc invités d’investir davantage dans leur population considérée comme facteur déterminant pour leur développement.

    C’était le message principal à retenir des interventions lors d’un colloque international abrité, dernièrement, par la faculté de droit Souissi de Rabat dont le thème porte sur le capital humain et échanges internationaux. Le capital humain est un des deux facteurs de production de base (avec le capital financier) qui permet à chaque nation de créer des richesses et de générer de la croissance, a souligné Lilia Hachem Naas, directrice du Bureau pour l’Afrique du Nord de la commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).

    La production de biens et services permet à chaque pays de consolider sa part du marché mondial et d’être activement impliqué dans les échanges mondiaux, ajoute-t-elle. Cette relation entre capital humain et échanges internationaux a été déjà abordée par le rapport de la CEA sur l’évaluation de l’intégration régionale en Afrique (ARIA VII), rappelle la responsable onusienne.

    Après avoir consacré la dernière décennie à l’investissement dans les infrastructures, le rapport préconise que l’Afrique devrait se focaliser sur le développement de son capital humain et l’éducation, en particulier dans les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques. Ce qui devrait permettre d’améliorer la compétitivité et l’innovation ainsi que l’intégration régionale.

    Pour remonter la chaîne de valeur et parvenir à des économies orientées vers l’efficience et l’innovation, les pays devraient réaliser des investissements continus pour induire le développement du capital humain, conclut la responsable onusienne.

    Mais ce développement ne se limite pas uniquement au volet formation et éducation, rappelle pour sa part Azzedine Ghoufrane, doyen de la faculté de Souissi. La Banque mondiale a élaboré dernièrement un nouvel indice du capital humain qui vise à mesurer les pertes de productivité économique subies par les pays qui sous-investissent dans leur population.

    Il s’agit d’un investissement qui touche d’autres domaines que celui de l’éducation. Il s’agit notamment des compétences et des conditions de santé que les personnes acquièrent au cours de leur vie.

    En bref, un capital humain qui répond aux conditions requises, non seulement pour permettre l’intégration à la chaîne de valeur globale, mais aussi pour assurer une croissance économique réduisant les inégalités spatiales et régionales, et renforçant par conséquent la paix sociale, voire la stabilité politique.

    Le Maroc, beaucoup de travail reste à faire

    A l’instar d’une grande partie des pays d’Afrique, le Maroc n’arrive pas encore à tirer profit de son avantage démographique. Cela a été confirmé par le classement du nouvel indice du capital humain de la Banque mondiale publié dernièrement (cf. www.leconomiste.com). Rappelons que cet indice,  qui mesure la productivité des générations futures dans 157 pays, va de 0 à 1,1. Avec un score de 0,5, le Maroc est 98e du classement, arrivant derrière la Tunisie et l’Algérie. En tête, on retrouve Singapour (0,88), suivie de la Corée et du Japon.

    N.E.A.

                                                                    

    La formation, une responsabilité partagée entre l’Etat et l’entreprise

    cecile_bastidon_009.jpg

     Cécile Bastidon, professeur à l’université de Toulon en France, recommande la professionnalisation de l’enseignement supérieur pour pallier le problème du chômage des diplômés dans des pays comme le Maroc (Ph. NEA)

    - L’Economiste: Comment peut-on améliorer le capital humain?
    - Cécile Bastidon:
    Il y a plusieurs dimensions, à commencer par la généralisation d’une scolarisation de qualité pour une longue durée. Selon un ancien rapport de l’OCDE, une année de scolarisation supplémentaire pour la population en moyenne pourra se traduire par un gain estimé à 9% du PIB. En plus de la généralisation de la scolarisation, il faut adapter les programmes de formation en vue d’accompagner la transition économique des pays, notamment ceux en voie de développement. Ce qui va favoriser le développement du secteur industriel pour devenir la locomotive de l’économie.

    - Le développement du capital humain à travers la formation ne relève pas seulement de l’Etat, mais également de l’entreprise...
    - Tout à fait. Mais comment doivent intervenir les différents acteurs concernés dans le processus de formation? Une problématique de taille qu’on doit régler. Les entreprises ont leur rôle à jouer dans la définition des formations qu’on va privilégier à un moment donné pour contribuer à l’amélioration de la croissance économique. A cela s’ajoute leur rôle pour accompagner les processus de formation dans les filières professionnalisées en proposant notamment des intervenants qualifiés. Elles peuvent aussi contribuer au développement de la formation en alternance en accueillant des stagiaires au sein de leur entreprise.

    Propos recueillis par Noureddine EL AISSI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc