International

Crise des «gilets jaunes»: Macron attendu de pied ferme

Par L'Economiste | Edition N°:5409 Le 11/12/2018 | Partager
Il doit fixer le grand cap vers un nouveau contrat social
Des craintes sur l’économie française

Pressé de trouver une sortie à la crise des «gilets jaunes», le président français Emmanuel Macron, a commencé, hier lundi, sa réunion avec les partenaires sociaux et des responsables politiques.

Son discours à la Nation était prévu aussi dans la soirée. Il devait présenter d’autres mesures concrètes et immédiates, a assuré la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Parmi les pistes évoquées figurent un coup de pouce au minimum vieillesse ainsi qu'une prime mobilité pour ceux qui utilisent la voiture pour se rendre à leur travail.

Ce sera sans doute l'allocution la plus importante depuis le début du mandat du président (juillet 2017). Car la mobilisation du mouvement populaire des «gilets jaunes» ne faiblit pas, rapporte la presse étrangère.

Certains Français issus des classes moyennes et populaires se disent «excédés par la politique fiscale et sociale de son gouvernement qu'ils jugent injuste». Ils ont de nombreuses revendications pour plus de justice sociale, de pouvoir d'achat, de baisse de taxes, d'aide à la mobilité mais aussi une refonte du système politique.

Le mouvement des «gilets jaunes» est particulièrement défiant à l'égard des élites politiques et des partis traditionnels. Le recul tardif du gouvernement sur la hausse des taxes sur les carburants, ne les a pas apaisés.

Dès samedi, après les manifestations un peu partout en France, marquées par des heurts et des dégradations importants, le Premier ministre Edouard Philippe avait lâché du lest. «Le temps du dialogue est là et il faut désormais retisser l'unité nationale», avait-il dit.

Les inquiétudes montent aussi dans le pays sur l'impact économique d'une crise qui entre dans sa quatrième semaine et est très suivie à l'étranger. Nombre de commerces ont préféré ne pas ouvrir à Paris et en province lors des dernières manifestations, un manque à gagner important en pleins préparatifs des fêtes de Noël.

Les troubles liés aux manifestations des «gilets jaunes» feront perdre 0,1 point de croissance à la France sur le dernier trimestre de cette année, a avancé lundi le ministre des Finances, Bruno Le Maire. «Je vois l'impact que cela a sur l'étranger et cela n'est pas bon pour l'attractivité de notre pays», a-t-il souligné.

De son côté, peu de temps après les déclarations du ministre, la Banque de France a divisé par deux, à 0,2% contre 0,4% précédemment, le taux de croissance du PIB français qu'elle prévoit pour le quatrième trimestre.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, avait jugé que Macron «doit fixer maintenant le grand cap vers un nouveau contrat social». De son côté, le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé «les défenseurs des droits de l'homme de fermer les yeux sur les manifestations des gilets jaunes en France, soulignant qu'ils étaient en revanche prompts à critiquer Ankara…».

La mobilisation de lycéens se poursuit

Les lycéens, rejoints par des étudiants, poursuivaient hier lundi leur mobilisation. Ils réclament la suppression d'une série de mesures annoncées, pour certaines déjà mises en œuvre, comme Parcoursup (la procédure qui donne accès aux études supérieures), la réforme du bac ou la mise en place du service national universel (SNU). C'est le mouvement des «gilets jaunes» qui a permis à cette mobilisation de surgir la semaine dernière.o

F. Z. T. avec AFP

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