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    Economie

    Le Pacte de Marrakech adopté malgré les résistances

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5409 Le 11/12/2018 | Partager
    150 pays l’ont approuvé formellement
    Et s’engagent pour une «dignité du migrant et une plus grande coopération»
    Une quinzaine de pays se sont retirés du jeu
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    150 pays ont répondu présent et se sont réunis ce lundi à Marrakech, au Maroc pour approuver le pacte mondial sur les migrations sûres et positives. Parmi les présents, la chancelière d’Allemagne Angela Merkel (Ph. Mokhtari)

    150 pays ont dit oui. Ils ont approuvé hier le pacte mondial sur les migrations sûres et positives lors du sommet intergouvernemental organisé par l’ONU à Marrakech. Une adoption qui s’est faite non sans quelques réticences de la part de plusieurs pays qui ont choisi de ne pas être présent à ce moment historique.

    «Le défi de cette Conférence est de montrer que la Communauté internationale fait le choix d’une solidarité responsable au sujet de la question de la migration…Il lui appartient de respecter pleinement le droit souverain de chacun de ses membres à déterminer et à mener sa propre politique migratoire», a rappelé le Souverain dans un message royal lu en son nom par le chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani.

    La communauté internationale doit prouver que le multilatéralisme n’est pas le parti de la chaise vide, de la désertion et de l’indifférence. «Le défi de cette Conférence est donc d’unir, face aux populismes, de rassembler, face à l’isolationnisme et d’apporter, par le dialogue et la coopération internationale, des réponses structurantes à un enjeu majeur de notre temps. Aucun pays ne peut, à lui seul, faire face à ces enjeux», souligne SM le Roi.

    C’est qu’à l’approche de l’adoption de ce pacte, des controverses et de la désinformation ont été propagées. Ainsi, neuf pays se sont retirés du processus après avoir approuvé le texte en juillet dernier à New York. Il s’agit de l’Autriche, Australie, Chili, République tchèque, République dominicaine, Hongrie, Lettonie, Pologne et Slovaquie - et sept ont souhaité plus de consultations internes - Belgique, Bulgarie, Estonie, Israël, Italie, Slovénie et Suisse.

    «Il y a eu beaucoup de désinformation à propos de ce Pacte qui ne place aucune obligation sur les Etats et qui ne crée pas le droit d’émigrer», dénonce Louise Arbour, la représentante spéciale de l’ONU pour les migrations. Et à l’ouverture du sommet de Marrakech, Antonio Guterres, SG de l’ONU a remis une couche en s’attelant à déconstruire un à un, les mythes associés à ce pacte, comme l’ingérence dans la souveraineté des états. «C’est faux, le pacte n’est pas un traité».

    Le mythe 2 est que la population migre du Sud vers le Nord, alors que dans la réalité la migration Sud-Sud est aujourd’hui plus importante que la migration Sud-Nord. Par exemple, il y a plus de migrants africains dans d’autres pays africains qu’en Europe. Mythe numéro trois: les pays développés n’ont pas besoin de migration.

    «Dans les nombreux endroits où la fécondité est en baisse et l’espérance de vie en hausse, les économies vont stagner et les populations vont souffrir de l’absence de migration», insiste Guterres. Après 18 mois de consultations et négociations, les états ont donc adopté un premier accord global des Nations unies sur une approche commune des migrations internationales dans toutes ses dimensions.

    Une coopération essentielle pour optimiser les avantages globaux de la migration, tout en tenant compte des risques et des défis que rencontrent les migrants et les communautés dans les pays d’origine, de transit ou de destination. Le pacte questionne également l’apport des acteurs non étatiques ou intra-étatiques dans la promotion d’une nouvelle réflexion sur la question de la migration et sa gouvernance.

    2019, l’année de la mise en œuvre

    Le Pacte Mondial n’est pas une fin en soi, rappelle le Souverain. 2019 sera une année cruciale pour les gouvernements et tous les acteurs concernés à l’échelle locale, nationale et internationale qui seront appelés à entamer la mise en œuvre du pacte. «A cet appel, l’Afrique répond d’ores et déjà présent! Elle n’entend pas être en marge et sera un acteur. Un acteur central». Le continent a déjà défini sa feuille de route, anticipant l’importance, consacrée par le Pacte Mondial. Il a dédié à cet objectif une institution à part entière: l’Observatoire africain des migrations, qui aura son siège au Royaume du Maroc, et qui a été appuyé nommément par le Pacte.

    Badra BERRISSOULE

     

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