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    Economie

    Conférence intergouvernementale sur les migrations: «Le pacte n’augmentera pas les flux migratoires»

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5408 Le 10/12/2018 | Partager
    Le document n'est pas juridiquement contraignant
    Certains gouvernements utilisent ce processus pour leurs intérêts électoraux
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    Dimitris Avramopoulos, Commissaire européen chargé de la migration, des affaires intérieures et de la citoyenneté: «Je suis tout à fait conscient de la pression à laquelle le Maroc fait face et de la position unique qu’il occupe dans la région, car non seulement il est un pays de transit mais aussi de destination de beaucoup de migrants…» (Ph. AFP)

    - L’Economiste: Le Pacte mondial pour les migrations se veut un document historique. Mais nous avons assisté ces derniers mois au désistement de plusieurs pays. Que répondez-vous à ceux qui en contestent le bien-fondé?

    - Dimitris Avramopoulos: Le pacte mondial pour les migrations est un résultat concret de la coopération et d’un engagement politique multilatéral entre les Etats. Tous les composants d’une politique migratoire complète sont là: s'attaquer aux causes profondes des migrations, réduire les migrations irrégulières, lutter contre les trafiquants, offrir protection à ceux qui en ont besoin et assurer les retours pour ceux qui n'en ont pas. Je veux être clair pour ceux qui critiquent ce pacte: ce document ne va pas augmenter les flux migratoires- au contraire. Je regrette que certains gouvernements utilisent ce processus et ce document pour défendre leurs intérêts domestiques et électoraux.

    - Les contraintes sont-elles plus politiques que juridiques?
    - Le pacte n'est pas juridiquement contraignant. Il s'agit de la construction multilatérale d'une plateforme dans laquelle nous sommes engagés avec nos partenaires d’Afrique et d’ailleurs dans le monde -, parce que la migration est un défi global et exige une réponse et une prise de responsabilité globales. C'est en discutant, en échangeant et en agissant ensemble que les intérêts de tous les Etats peuvent être servis, plutôt qu’en s’ignorant. 

    - Comment évaluez-vous l’approche du Maroc en matière de politique migratoire?
    - Le travail accompli par les autorités marocaines pendant les dernières années est remarquable et a aussi ouvert la voie à une meilleure gouvernance des migrations au niveau régional. Nous avons déjà conclu avec le Maroc un Partenariat sur la mobilité et nous le soutenons dans la mise en œuvre de sa Stratégie nationale pour l'Immigration et l'asile. Je suis tout à fait conscient de la pression à laquelle le Maroc fait face et de la position unique qu’il occupe dans la région, car non seulement il est un pays de transit mais aussi de destination de beaucoup de migrants. C'est exactement pour cela que l'UE, depuis plusieurs années, a mobilisé une assistance financière et technique très importante pour aider le Maroc à mieux gérer les migrations et continuera à le faire.

    - Que proposez-vous pour favoriser l'intégration économique des immigrés?
    - L’Union européenne soutient ses Etats membres à développer des meilleures politiques d’intégration des immigrés. Le succès de l'intégration dépend directement de la participation et l'engagement de tous les acteurs concernés. Cela doit se produire à tous les différents niveaux de gouvernance: surtout local, mais aussi national. La Commission européenne a lancé une coopération plus étroite avec le secteur privé et avec des partenaires économiques et sociaux pour l’intégration des immigrés. En plus, le Fonds asile, migration et intégration seul a soutenu l'intégration de plus de 3 millions de ressortissants des pays tiers entre 2015 et 2017. Mais aussi, l'adoption d'une perspective de long-terme est indispensable: les nouveaux Fonds social européen et Fonds européen de développement régional comprendront une priorité thématique sur l'intégration, en se concentrant sur le soutien des mesures à long-terme.

    Propos recueillis par Fatim-Zahra TOHRY

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