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    Economie

    Conférence intergouvernementale sur les migrations: «Le migrant n’est pas un chiffre, c’est une vie»

    Par Joséphine ADAM | Edition N°:5408 Le 10/12/2018 | Partager
    Première sortie de la nouvelle présidente
    Objectif: promouvoir un traitement médiatique respectueux des droits humains
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    Latifa Akharbach est la récente présidente de la Haute autorité de la communication audiovisuelle, la Haca. Pour sa 1re sortie, elle invite les régulateurs africains et méditerranéens au débat. (Ph. Mokhtari)

    Afin de peser dans les débats sur les migrations internationales, la Haute autorité de la communication audiovisuelle (Haca) a organisé un side-event sur le rôle des médias et des régulateurs africains et méditerranéens. L’objectif étant d’initier une meilleure compréhension du phénomène migratoire et d’assurer un traitement médiatique respectueux des droits humains. Sa récente présidente, Latifa Akharbach, était aux premières loges. Entretien.

    - L’Economiste: La Haute autorité est à l’origine de ce side event, quels en sont les objectifs?
    - Latifa Akharbach:
    La Haca cherchait à réunir des régulateurs africains et méditerranéens dans un seul et même dialogue. Il s’agit d’enrichir le travail intra africain car, disons-le, les distorsions d’image sur les questions migratoires existent aussi dans nos pays. Les régulateurs ont un rôle essentiel à jouer pour promouvoir une culture du traitement journalistique équitable, juste et documenté, et pas uniquement orienté vers l’émotion. En partant de ce rôle-là, nous voulions nous concerter pour définir les actions à mener ensemble. 

    - Quel constat dressez-vous du traitement médiatique général sur les migrations?
    - Un mauvais traitement médiatique des migrants aggrave leur situation. Quand il véhicule les stéréotypes, il porte directement atteinte à leur intégrité et a des répercussions très graves sur l’opinion publique et sur les droits humains. Cet impact sur l’opinion publique ouvre la voie à un mouvement nationaliste qui prêche pour le rejet de l’étranger et pour la haine. La migration est représentée comme un phénomène dont les préoccupations sont européennes ou occidentales. Elle est vue comme une vague africaine envahissant l’Europe. De plus, l’Afrique n’est pas regardée comme une terre d’accueil mais uniquement comme une terre qui exporte. Tout cela malgré les chiffres des organisations internationales, qui montrent que sur la population de migrants internationaux, seuls 14% sont africains. Travailler à un meilleur traitement médiatique de la question migratoire est une contribution à la solution concernant notamment la migration africaine. Les journalistes africains doivent participer, s’impliquer et se former.

    - Quel rôle a le régulateur?
    - Le régulateur ne doit pas faire uniquement le plaidoyer pour les bonnes pratiques journalistiques en matière de traitement de la question migratoire. Il doit aussi participer par la sensibilisation, par des actions de formation mais aussi par la mutualisation des expériences. Nous souhaitons mettre en place des ateliers de formation au bénéfice des journalistes s’agissant des sources ou des confusions qu’il faut éviter comme celle entre migrations légale et illégale. Je tiens juste à ajouter qu’il est essentiel de donner la parole aux migrants, et promouvoir cette parole. Un migrant n’est pas un chiffre, c’est une vie.

    Propos recueillis par J.A.

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