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    Economie

    Conférence intergouvernementale sur les migrations: Les enfants, premières victimes

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5408 Le 10/12/2018 | Partager
    Des millions de petits confrontés à la violence, l'exploitation sexuelle, l'exclusion sociale
    L'Unicef se bat pour mettre en place une politique migratoire qui les préserve
    Et faire en sorte qu'ils deviennent les entrepreneurs de demain
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    Verena Knaus, coordinatrice au niveau mondial de l’action de l’Unicef estime que le Pacte mondial offre à tous les Etats la chance de transformer ces risques en opportunités pour les enfants et les jeunes (Ph. Unicef)

    Les chiffres donnent encore plus froid dans le dos notamment quand ils concernent les enfants. Ce sont des données alarmantes qui nécessitent des actions urgentes. Basée à New York, Verena Knaus, coordinatrice au niveau mondial de l’action de l’Unicef concernant le volet de la migration, revient dans cet entretien sur les enjeux du pacte mondial pour la migration sûre et positive notamment pour les enfants et les jeunes.

    - L’Economiste: Les yeux du monde sont rivés sur Marrakech où se tient aujourd’hui le Pacte mondial pour la migration. Pensez-vous que les résultats de ce sommet seront à la hauteur des attentes de l’humanité?
    - Verena Knaus:
    La migration est une réalité globale et elle nécessite une réponse globale. Aucun Etat ne peut la gérer seul. Les Etats doivent considérer les avantages positifs de la migration. Je vous donne deux exemples concrets. En 2017, les transferts de fonds des migrants vers les pays d'origine ont atteint un nouveau record avec 466 milliards de dollars contribuant ainsi à sortir des communautés entières de la pauvreté. Le second exemple concerne les Etats-Unis où des immigrants ont été fondateurs de sociétés telles que Google, Intel, PayPal, eBay et Yahoo!. Les immigrants qualifiés représentent plus de la moitié des startups de la Silicon Valley et plus de la moitié des brevets, même s'ils représentent moins de 15% de la population. Aujourd’hui, l'adoption du Pacte mondial pour la migration constitue une étape cruciale car il couvre toutes les dimensions - du droit du travail à l’application des lois, de l’intégration à la coopération internationale, du développement durable à la protection des droits des enfants.

    - De votre point de vue, que faut-il faire pour que la migration puisse se faire dans des conditions protectrices de la dignité humaine et devienne une affaire gagnante pour toutes les parties prenantes?
    - Pour rendre la migration sûre et positive pour tous, nous avons besoin de quatre choses. Premièrement, un leadership politique et des partenariats pour mettre en œuvre les actions et les solutions du Pacte mondial qui concernent aussi les enfants et les jeunes. Car des politiques de migration qui fonctionnent pour les enfants et les jeunes sont forcément bénéfiques pour toutes les autres populations. Deuxièmement, il faut des investissements et une coopération plus étroite entre les systèmes de gestion des migrations et ceux de la protection de l’enfance afin de renforcer la coopération transfrontalière. Troisièmement, il faut investir dans la production de données de meilleure qualité et plus détaillées sur les migrants en général et les enfants et les jeunes en particulier. Enfin, nous devons mieux écouter les enfants et les jeunes migrants. Non seulement parce que c’est la bonne chose à faire, mais aussi parce que cela nous aide à concevoir de meilleures politiques de migration.

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    L'Unicef continue de se battre sur tous les fronts contre l'inacceptable discrimination envers les enfants. Aujourd'hui plus que jamais, alors que les statistiques n'en finissent plus de grimper, l'organisme saisit cette occasion pour faire comprendre que «les Etats ont besoin d’une bonne gestion des migrations pour faire respecter les droits des enfants, et la protection des enfants est la clé de la protection des frontières» (Ph L'Economiste)

    - En attendant, les recherches démontrent que les enfants migrants sont les premières victimes…
    - En effet, alors que des millions d’enfants migrent en toute sécurité, 30 millions d’enfants ont été déracinés de chez eux en raison de violences ou de conflits. On estime qu'environ 1 million d'enfants sont détenus dans le monde en raison de leur statut migratoire. Un tiers des victimes de la traite sont des enfants. Environ 3 millions d'enfants sont apatrides. Qu'ils fuient l'oppression ou cherchent des opportunités, les enfants et les jeunes migrants sont particulièrement vulnérables, confrontés à la violence, l'exploitation sexuelle, l'exclusion sociale. Cette souffrance et cette discrimination sont inacceptables et totalement évitables. Des solutions existent. Avec les bonnes politiques en place, la migration peut être une expérience positive pour les enfants. Le Pacte mondial offre à tous les Etats la chance pour transformer ces risques en opportunités pour les enfants et les jeunes. Avec ces actions, les enfants vulnérables d’aujourd’hui pourront être les entrepreneurs du futur.

    - Comment protéger cette population qui est finalement la plus vulnérable ?
    - Un migrant sur trois dans le monde a moins de 30 ans. Le Pacte mondial pour la migration reconnaît - pour la première fois - que les enfants sont au cœur de la gestion de la migration. Son message fondamental est simple: les Etats ont besoin d’une bonne gestion des migrations pour faire respecter les droits des enfants, et la protection des enfants est la clé de la protection des frontières. C’est une grande étape qui est franchie aujourd’hui mais ce n’est que le premier pas. Les Etats sont appelés à mettre urgemment en œuvre les engagements pris. Chaque jour qui passe représente des opportunités perdues.

    Propos recueillis par Badra BERRISSOULE

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