Entreprises

Société Générale va prendre plus de risque sur les PME

Par Franck FAGNON | Edition N°:5407 Le 07/12/2018 | Partager
Augmentation des encours de 4 milliards d’euros sur cinq ans
Le coût du risque des activités africaines reste maîtrisé

Développée par un jeune Ivoirien dans le Lab Innovation de Société Générale à Dakar, Keiwa est une application de comptabilité simplifiée facilitant aux petits commerçants une meilleure gestion de leur flux. Dans l’environnement subsaharien comme au Maghreb ces petits commerces constituent le pilier de l’économie.

L’accès au crédit bancaire est difficile, voire impossible pour ces petites entreprises car trop risqué du fait notamment de l’absence d’un bilan. Keiwa s’attaque à cet écueil en offrant la possibilité à ces entrepreneurs de documenter leurs opérations et peut-être de s’ouvrir l’accès au crédit ou des services financiers sur mesure.

Hors des schémas classiques, les banques doivent faire preuve d’imagination sur les marchés subsahariens pour gagner la bataille du retail. Le potentiel est immense avec un taux de bancarisation moyen de 20%. Encore faut-il être inventif pour le capter. Lancée en 2013, Manko est la structure de Société Générale dédiée au secteur informel. Elle donne du crédit aux PME de l’informel sur la base des flux financiers qui transitent sur leurs comptes. C’est exactement ce que font la plupart des banques marocaines qui ont toutes une stratégie de captation de cette clientèle.

En Afrique, Société Générale joue à fond la carte de la proximité avec des banquiers à moto. L’expérience est menée au Sénégal. Si elle réussit, la banque pourrait la dupliquer dans d’autres marchés. Le succès de ce projet s’évaluera à travers le coût du risque.

Globalement, le coût du risque des activités africaines de la Société Générale s’établit à 70 points de base. Il se situe entre 100 et 150 points de base sur la clientèle des particuliers et est de 40 points de base chez les entreprises. «Je pense qu’il est trop bas et que vraisemblablement, cela traduit le fait qu’il y a une bonne partie du marché que nous ne traitons pas», relève Alexandre Maymat qui dirige l’Afrique, la Méditerranée et l’Outre-mer au sein du groupe Société Générale.

Justement, le groupe va accroître son soutien aux PME. Parmi les mesures phares annoncées à Dakar (29-30 novembre) lors de la présentation de la stratégie africaine du groupe figure l’augmentation de plus de 4 milliards d’euros des encours de crédit aux PME sur les cinq prochaines années. Le groupe met en place plusieurs actions pour renforcer ses liens avec cette population d’entreprises. Celui-ci prévoit de développer l’affacturage et le leasing dans de nouveaux pays.

Deux géants africains sous «surveillance»

Présent depuis plus d’un siècle dans certains pays dont le Maroc, le développement de Société Générale sur le continent est modéré depuis quinze ans. Au-delà de la volonté de consolider les positions dans les pays déjà en portefeuille, la surenchère des actifs a capoté certains projets. Mais, le groupe reste à l’affût des bonnes opportunités. Société Générale a ouvert un bureau de représentation au Kenya pour explorer le potentiel de ce marché. Le groupe surveille aussi les évolutions au Nigeria et en Angola. «A un moment ou un autre, il faut qu’on s’implante au Nigeria sinon cela pourrait fragiliser notre dispositif africain», relève un dirigeant.

F.Fa

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