International

L’Espagne se dirige vers des élections anticipées

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5397 Le 23/11/2018 | Partager
Si le gouvernement n’arrive pas à faire passer son budget
Brexit et Gibraltar … des dossiers chauds

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a annoncé qu’il convoquerait des élections anticipées s’il n’arrivait pas à faire adopter son budget, pour l’instant bloqué par les indépendantistes catalans. Celles-ci pourraient avoir lieu en même temps que les Européennes, le 26 mai 2019.

Pedro Sanchez (qui vient d’effectuer une visite au Maroc) a affirmé que son pays votera «non» au Brexit, lors du sommet extraordinaire de dimanche 25 novembre 2018 à Bruxelles. Et ceci, si l’accord de retrait ne reconnaît pas le rôle de l’Espagne dans les négociations directes avec le Royaume-Uni sur Gibraltar.

Auparavant, le ministre espagnol des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, Josep Borrell, avait déclaré que l’accord du Brexit devait reconnaître sans ambiguïté le cas particulier que constitue Gibraltar, territoire britannique depuis 1713 (voir aussi «Brexit: Gibraltar au cœur des tensions» dans notre édition N° 4997 du 06/04/2017).

Le destin de Gibraltar a toujours été lié à celui des présides occupés de Sebta et Melilia. Le Maroc a les côtes séparées du «Rocher» de seulement 14 kilomètres. Sa croissance dépend notamment du détroit de Gibraltar, à la fois frontière et point de connexion entre l’Europe et le nord de l’Afrique. La zone est incontournable en matière de commerce et d’échanges internationaux.

Sur le volet économique, le FMI a revu à la baisse sa prévision de croissance pour l’Espagne en 2018 à 2,5% contre 2,7% auparavant. La prévision pour 2019 a en revanche été maintenue à 2,2%. Le Fonds a appelé l’Espagne à réduire plus rapidement sa dette qui s’élève actuellement à 98,1% du PIB. Tout en jugeant que son repli est plus dû à la vigueur du cycle économique et à de faibles taux d’intérêt qu’à un ajustement de la politique budgétaire.

L’institution internationale a également abordé le sujet épineux du système des retraites, incitant Madrid à préserver sa viabilité financière et à éviter une trop forte augmentation des dépenses alors que le gouvernement souhaite les indexer sur l’inflation. Et si le FMI a souligné le reflux important du chômage, à 14,55% au deuxième trimestre contre près de 27% au plus fort de la crise fin 2013, le pays reste l’un des plus mauvais élèves de la zone euro, après la Grèce.

Poursuivons les réformes

L’Espagne a connu une belle reprise économique, sous-tendue par une forte croissance de l’emploi et par des gains de compétitivité et des conditions extérieures et financières favorables, indique l’OCDE dans une étude économique consacrée au pays (http://www.oecd.org). La phase d’expansion actuelle offre l’occasion de monter en régime dans les initiatives permettant d’accroître la résilience des finances publiques, de renforcer les créations d’emplois et de garantir une économie plus durable et plus inclusive, qui bénéficie à tous les Espagnols. L’étude établit des prévisions de croissance à 2,6% pour cette année, 2,2% pour 2019 et 1,9% pour 2020. L’adoption de nouvelles mesures de soutien à la concurrence et à l’innovation sera essentielle pour stimuler les gains de productivité et réduire les disparités régionales.

F. Z. T.

 

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