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    Economie

    Protection sociale: Un système fragmenté!

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5390 Le 12/11/2018 | Partager
    C'est l'une des principales limites à l'efficience et l'efficacité
    20% des plus de 60 ans touchent une pension de retraite
    Premières assises nationales de la protection sociale
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    Selon le rapport de l'Unicef «les politiques de l’habitat restent confrontées à certaines limites liées à l’absence d’une approche globale et intégrée au niveau des agglomérations urbaines et une croissance des bidonvilles plus importante que le rythme de résorption» (Ph. L'Economiste)

    Retraite, ramed, tayssir…Le système de protection sociale a été développé de manière fragmentée. Ses composantes ont été introduites au fur et à mesure en réponse à des problèmes spécifiques. Comme l'explique l'Unicef dans le «Mapping sur la protection sociale au Maroc» qui sera présenté aux assises nationales de la protection sociale dont les travaux démarrent aujourd'hui lundi 12 novembre à Skhirat, «l’ensemble de ces composantes n’a donc pas été conçu comme  un système». Une reformulation dans un système plus intégré assurera des gains en termes d’efficience et d’efficacité.  

    ■ Générosité, vieillissement progressif… les menaces sur les retraites
    Le système des retraites se caractérise par sa fragmentation, des différences en matière de financement, de calcul des prestations et de conditions d’octroi. L’extension de la retraite devrait en principe s'effectuer en même temps que celle de l’assurance maladie obligatoire aux indépendants. Seuls 20% des personnes de plus de 60 ans touchent une pension de retraite.
    Par ailleurs, les différents régimes de retraites sont confrontés à des difficultés de financement qui remettent en cause leur viabilité et leur efficacité. L'une des sources premières des difficultés est l’évolution démographique. Le vieillissement progressif de la population marocaine se répercute sur les régimes financiers, qui sont, à l’exception de la RCAR, des régimes par répartition. Entre 2000 et 2009, la population cotisante aux caisses de retraite a augmenté en moyenne de 4,1%, alors que celle des retraités a augmenté en moyenne de 6,6% par an. Autrement dit, le rapport démographique s’est, donc,  dégradé, passant de 15 actifs pour un retraité en 1980 à 3,9 actifs pour un retraité en 2009! La générosité du régime civil des fonctionnaires, l’absence d’une tutelle unique, l’absence de passerelles entre les régimes existants, et l’absence d’une loi-cadre portant organisation du secteur de la retraite menacent l’efficacité voire  la viabilité de tout le système.

    ■ Un programme d'aide général aux enfants vulnérables
    Le programme d’aide directe aux veuves et le fonds d’entraide familiale visent à améliorer les conditions de vie des enfants vivant dans des situations précaires. Selon le rapport de l'Unicef, «un programme d’aide général en faveur des enfants vulnérables, aurait un impact plus significatif sur la réduction de la pauvreté et de la vulnérabilité, et serait surtout plus équitable».  Le programme d’aide directe aux veuves démunies  a été lancé en décembre 2014. Il accorde au bénéficiaire pour chacun des orphelins ayant moins de 21 ans (pas de limite d’âge pour l’enfant handicapé) et scolarisés ou inscrits dans une filière de formation professionnelle, 350 DH avec un plafond mensuel par famille de 1.050 DH. Sauf que ce programme est géré par deux départements,  l’Intérieur et le ministère de la Solidarité. «Le manque d’une parfaite coordination entre les deux ministères pourrait déboucher sur des dysfonctionnements, notamment des retards dans le traitement des dossiers». De même, la complexité du dossier à présenter conjuguée au taux élevé d’analphabétisme parmi les veuves, risque aussi d’augmenter les erreurs d’exclusion.

    ■ Revoir les missions de la caisse de compensation
    La décompensation du sucre et du gaz butane est  délicate. Elle devrait s'accompagner de mesures qui préserveraient le pouvoir d’achat des classes moyennes, et de la mise en place d’un système plus efficace d’appui aux revenus des plus pauvres et de réduction de la pauvreté. Les auteurs du rapport proposent la refonte des missions de la Caisse de compensation: «au lieu d’être un organe de subvention, la Caisse pourrait jouer le rôle d’instance de coordination de tous les programmes de protection sociale existants».

    ■ Assurance-maladie: La multiplicité des régimes, une fragilité
    L'un des défis auxquels est confronté le système de la santé est celui de la réduction de la part des dépenses directes des ménages. La population continue de supporter plus de 50% des dépenses globales de santé. Le secteur de la santé doit également résoudre les problèmes de déficits en ressources humaines, en financement et en accessibilité aux médicaments. Surtout face à une demande de soins et une consommation médicale croissante. L'amélioration de la gouvernance du secteur en termes de transparence, de système d’information, de partenariat et de mutualisation des efforts de l’ensemble des acteurs du système de santé  est également soulevée.  Le système se caractérise par la multiplicité des régimes et leur cloisonnement. «Le manque de solidarité et la mutualisation des risques pourraient mettre en difficulté tous les régimes», souligne le rapport.

    Khadija MASMOUDI

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