Entreprises

Iresen établit une cartographie solaire

Par Nadia DREF | Edition N°:5390 Le 12/11/2018 | Partager
Objectif: connaître le potentiel réel du photovoltaïque
Une première au Maroc et en Afrique
Benguerir, 1re ville couverte suivie de Casablanca dès décembre
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Les prix des équipements solaires sont en baisse continue profitant des dernières innovations, ce qui réduirait davantage les frais investis dans les installations photovoltaïques (Ph. Iresen)

Bonne nouvelle pour les entreprises et même les particuliers intéressés par l’installation des équipements solaires sur la toiture de leurs bâtiments voire même les parkings en surface. Il est désormais possible de connaître le potentiel réel du photovoltaïque notamment pour la basse tension, le secteur résidentiel et industriel.

Ceci grâce au cadastre solaire qui est une cartographie des toitures de bâtiments potentiellement aptes à accueillir des installations photovoltaïques. Il s’agit d’une première au Maroc et en Afrique.

Ce projet innovant a été développé par l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (Iresen) et le Green Energy Park de Benguerir en collaboration avec le Laboratoire géoscience de la faculté des sciences Ain Chock de l’Université Hassan II de Casablanca et l’Agence urbaine de Kelaa des Sraghna. C’est un service gratuit accessible sous forme d’application en ligne d’évaluation du potentiel photovoltaïque à l’adresse «http://cadastresolaire.iresen.org/».

Pour le lancement, la ville de Benguerir a été sélectionnée comme premier site du cadastre solaire dont les activités démarrent le 12 novembre. Casablanca suivra dès décembre prochain. Elle sera ensuite suivie de Marrakech et de Rabat. La généralisation à toutes les villes est prévue avant fin 2019, est-il indiqué auprès de l’Iresen.

A l’aide de ce service qui sera lancé progressivement, les administrations publiques, les entreprises et les particuliers peuvent identifier, grâce à un simple code couleur, si leurs toitures sont propices à l'installation de panneaux solaires. Mieux encore, ils pourront avoir une estimation du productible électrique ainsi qu’une liste des installateurs se trouvant à proximité. Un module de recherche avancée permet également d’identifier les bâtiments à fort potentiel solaire.

Basé sur les systèmes d’informations géographiques (SIG), le cadastre solaire est un outil interactif représentant le potentiel photovoltaïque, calculé à partir d’algorithmes afin de simuler l’irradiation annuelle moyenne (kWh/m²/an) des toitures urbaines et rurales. Cet algorithme prend en considération plusieurs facteurs, dont la localisation géographique, l’altitude de la zone d’étude, la pente et l’orientation du site, l’effet de l’ombrage des bâtiments et du relief, apprend-on auprès de l’Iresen.

Reste que le problème de la maintenance et le manque d’installateurs qualifiés peuvent freiner l’élan des clients. Il existe près de 100 installateurs répertoriés uniquement. L’informel sévit énormément dans cette branche d’activité marquée par un manque patent en conseil et en accompagnement.

Un effort au niveau de la formation de ce type de profils doit être effectué de la part de l’OFPPT et du ministère de l’Energie pour mettre sur le marché des compétences locales capables de répondre aux besoins des clients potentiels.

Simulation

Prenons l’exemple de Benguerir: pour un toit moyen de 60 m² avec une installation photovoltaïque monocristallin de 12 kwc/an, la puissance électrique produite serait de l’ordre de 15,87 MWh/an. Celle-ci pourrait alimenter 5 à 6 foyers, affirme l’Iresen. Ceci implique une irradiation solaire moyenne de 1.463 kWh/m²/an.  L’investissement prévu, dans ce cas de figure, serait de 167.296 DH. Quant aux charges annuelles liées à la maintenance, elles s’élèvent à 3.346 DH.  L’investissement en installation photovoltaïque polycristallin d’une puissance de 10 kwc revient moins cher pour un toit moyen de 60 m² à Benguerir, assurent les experts. Le coût estimé ne dépassera pas 118.218 DH. Selon les tarifs en vigueur, la maintenance coûterait 2.372 DH annuellement. Quant à la production électrique prévue, elle s’élève à 11,37 MWh/an, selon les données fournies par l’Iresen.

Nadia DREF

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