Economie

Projet de budget: Le grand oral de Benchaâboun

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5377 Le 23/10/2018 | Partager
C’est la première fois que le ministre des Finances est face aux parlementaires
25.228 postes budgétaires, en plus de 15.000 enseignants recrutés par contrat
La contribution sociale de solidarité rapportera 2 milliards de DH
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Les parlementaires sont impatients de découvrir le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, qui est monté pour la première fois au pupitre de la Chambre des représentants pour présenter le projet de loi de finances 2019 (Ph. Bziouat)

Le long marathon de Mohamed Benchaâboun au Parlement, qui doit durer jusqu’à fin décembre prochain, a commencé hier par la présentation du projet de budget pour  2019 devant les deux Chambres réunies. Le ministre de l’Economie et des Finances était très attendu par les parlementaires, qui étaient impatients de le découvrir. C’est la première fois qu’il se produit publiquement devant cette institution.

Rappelons que Mohamed Benchaâboun a  été nommé lors du Conseil des ministres du 20 août dernier, période de vacances du Parlement. Même s’il s’agit du troisième de cet exécutif, ce projet de loi de finances est considéré comme une étape importante dans la mise en œuvre du programme gouvernemental. Il est à préciser que le projet et la lettre de cadrage ont été préparés par Mohamed Boussaid. Il faudra attendre l’année prochaine pour que son successeur mette ses marques.

En tout cas, l’architecture du projet de budget se base sur les orientations royales contenues dans les discours du Trône et dans celui de l’anniversaire de la Révolution du Roi et du peuple. Mohamed Benchaâboun a rappellé que le projet de loi de finances s’appuie sur 4 priorités dont la première a une vocation sociale.

Ainsi, la primauté sera accordée à l’éducation, la santé et l’emploi, en plus d’une accélération du dialogue social. L’idée est de continuer de réduire les disparités territoriales, d’améliorer l’accès des populations aux prestations de santé et d’accélérer l’intégration économique et sociale des jeunes. Quant à la deuxième, elle est économique. Elle traite de la promotion de l’investissement privé, avec une accélération de l’adoption de la nouvelle charte de l’investissement ainsi que la mise en œuvre de la réforme relative aux CRI et au soutien des PME et des TPE.

Si la 3e priorité a trait au maintien des équilibres macro-économiques, la 4e porte sur la poursuite des grandes réformes dont le coût est estimé à 3,5 milliards de DH. Outre la justice et la réforme de l’administration, le liste de ces grands chantiers comprend notamment la loi-cadre relative à l’enseignement, le retour du service militaire et le décret de la déconcentration.

La régionalisation avancée n’est pas en  reste. Les ressources des collectivités territoriales vont progresser l’année prochaine. Ainsi, les taux de l’IS et de l’IR affectés aux régions vont augmenter pour passer de 4 à 5%.

Les dépenses vont également augmenter, particulièrement la masse salariale qui atteindra 112,16 milliards de DH contre 108,85 milliards au cours de 2018, soit une hausse de 3,3 milliards de DH. Pour l’année prochaine, le gouvernement compte créer 25.228 postes budgétaires dont  notamment 9.000 affectés à l’administration de la défense, 8.100 au ministère de l’Intérieur et 4.000 au département de la Santé. A ces 25.228 postes, il faudra ajouter 15.000 enseignants qui seront recrutés sur la base de contrats par les Académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF).

Cependant, il faudra trouver 27 milliards de DH de charges supplémentaires destinés à couvrir principalement les dépenses du volet social. Le Ramed, Tayssir, le préscolaire, la restauration scolaire, les bourses d’étudiants du système universitaire et de la formation professionnelle,… sont autant de charges qui vont augmenter et qu’il va falloir financer.

Le ministre a évoqué la création de la contribution sociale de solidarité sur les bénéfices nets des entreprises, supérieurs ou égaux à 40 millions de DH, à raison de 2,5%.  Cette opération devra rapporter au budget de l’Etat 2 milliards de DH. A cela s’ajoutent les recettes des privatisations estimées entre 5 et 6 milliards de DH.

Déficit budgétaire à 3,7% sans privat

Sur la 4e priorité relative au maintien des équilibres macro-économiques, les prévisions pour 2019 sont établies. Le gouvernement table sur un taux de croissance de 3,2%, une campagne céréalière moyenne de 70 millions de quintaux et un cours moyen du gaz butane de 560 dollars la tonne. Il compte limiter le déficit budgétaire à 3,3% en prenant en compte des recettes de privatisation, estimées entre 5 et 6 milliards de DH. Sans ces recettes exceptionnelles, le déficit visé sera de 3,7%.

 

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