International

Blocage institutionnel à Alger

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5375 Le 19/10/2018 | Partager
Des députés entravent l’Assemblée nationale pour forcer son président à la démission
La Constitution ne prévoit pas la procédure de destitution
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Au moment où les groupes parlementaires se mobilisent pour déloger le président de l’Assemblée nationale, ce dernier s’accroche à son poste. Ce qui annonce un long bras de fer dont l’issue reste encore incertaine (Ph. AFP)

C’est une véritable crise institutionnelle que traverse l’Algérie, à quelques mois des prochaines élections présidentielles, prévues en 2019. Des dizaines de députés de l’Assemblée populaire nationale (APN), menées notamment par les groupes du Front de libération nationale (FLN) et du Rassemblement national démocratique (RND), ont bloqué l’accès à la Chambre basse du Parlement, avant de mettre un cadenas à la porte.

Objectif, forcer le départ du président de la 1re Chambre, Saïd Bouhadja. Officiellement, il est accusé de «mauvaise gestion, de dépenses exagérées et illicites et de recrutements douteux». Sauf que la Constitution algérienne ne prévoit pas la possibilité du limogeage du président de la Chambre basse en cas de retrait de confiance. Deux options sont prévues: soit qu’il démissione de son propre gré, soit la dissolution du Parlement, qui relève des prérogatives du président de la République.

D’où le bras de fer lancé, en vue d’obliger Bouhadja à quitter son poste, après lui avoir retiré, lundi dernier, la couverture politique du FLN. Après avoir bloqué l’accès à l’Assemblée, les groupes parlementaires contestataires ont tenu une réunion pour décider des actions à mener.

A son issue, la déclaration commune a précisé que «devant la situation qui prévaut à l’APN, et vu la transgression du règlement intérieur et suite à la levée de la couverture politique de Saïd Bouhadja, qui appartient au groupe FLN, nous appelons le bureau de l’Assemblée à prendre les mesures qui s’imposent». Une autre réunion urgente devait être tenue, mercredi, par les huit vice-présidents de l’Assemblée nationale et les 11 présidents de commissions.

Objectif: «faire un constat de vacance» à la tête de cette instance. Ce qui devra «ouvrir la voie à l’élection d’un nouveau président». En face, Bouhadja semble rester de marbre et s’accroche mordicus à son poste. Ce qui annonce un long bras de fer entre les deux parties.

Le contexte électoral semble favoriser ces tensions. D’autant que la énième candidature d’Abdelaziz Bouteflika, très affaibli par la maladie, ne fait pas l’unanimité. Face au refus de démission de Bouhadja, la crise institutionnelle en Algérie risque de se prolonger. Surtout en l’absence de dispositions constitutionnelles explicites concernant les modalités de destitution du président de l’APN.

 

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