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    Les médecins du privé montent au créneau

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5375 Le 19/10/2018 | Partager
    Première journée d’un mouvement de grève perlée
    Loi sur l’Ordre, tarification nationale de référence… Les doléances
    Assurance-maladie: Les praticiens s’impatientent
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    Les médecins du privé ont mis à exécution, hier jeudi 18 octobre, leurs menaces de grève perlée. Le mouvement a été initié par six syndicats de médecins et de cliniques privées. Beaucoup de cabinets médicaux étaient fermés et beaucoup de patients n’étaient pas au courant de la grève.

    «Dans le reste du Maroc, l’adhésion à la grève doit être plus importante. Malgré la grève, les médecins assurent les urgences et la visite des patients opérés», déclare à L’Economiste Badreddine Dassouli, président du Syndicat national des médecins du secteur libéral. La grève a été soutenue par des syndicats CDT, UGTM et ODT des médecins du public dont plusieurs finiront par ouvrir leur propre cabinet ou clinique.

    Les médecins du secteur libéral essaient depuis plusieurs années de faire entendre leurs doléances par le ministère de tutelle, visiblement en vain. «Nous demandons le report des élections jusqu’à ce que la loi 08-12 relative à l’Ordre des médecins soit amendée de façon à ce que seuls les praticiens à jour de leur cotisation puissent voter. Il est anormal que seuls 30% des médecins paient régulièrement leurs cotisations et la plupart viennent du privé», signale Moulay Saïd Afif, président du Collège syndical des médecins spécialistes privés.

    Les médecins réclament également l’introduction dans la loi d’une dose de proportionnelle dans le mode de scrutin afin d’assurer une meilleure représentativité sectorielle. Ce qui permettra de mieux défendre les intérêts de chacun des trois secteurs: le public, le privé et les professeurs universitaires.

    Pour les médecins, il est aberrant, par exemple, que les 22.000 médecins tous secteurs confondus votent pour 1.500 professeurs agrégés. La «séparation» des secteurs éviterait un mélange de genre favorisant l’élection «de médecins qui ne représentent qu’eux-mêmes alors que chaque secteur a ses propres spécificités».

    En fin de mandat, le président de l’Ordre est comptable de son bilan. Les blouses blanches sont en colère à cause aussi de la tarification nationale de référence sur la base de laquelle sont remboursés les bénéficiaires de l’assurance-maladie. La tarification n’a pas changé depuis 2006 alors que les honoraires des médecins ont augmenté et que le protocole de prise en charge des patients a changé grâce à l’introduction de nouvelles techniques.

    «A cause de cette tarification nationale de référence, les patients qui n’ont que l’AMO payent de leurs poches 57% des dépenses médicales», ajoute Dr Afif. En 2006, les honoraires des spécialistes étaient fixés à 150 DH. Ce tarif varie  actuellement entre 250 et 350 DH selon les médecins et les prestations.

    La grève des médecins a également pour mobile «l’exercice illégal de la médecine». Les grévistes veulent remettre de l’ordre dans l’activité en interdisant l’activité aux médecins du public, l’itinérance des praticiens qui offrent leurs prestations hors de leur région...

    Le cahier revendicatif prévoit également l’adaptation de l’Ordre national des médecins à la régionalisation avancée. Une reconfiguration qui permettrait notamment de redistribuer les moyens financiers ainsi que les prérogatives des régions. Une doléance que les médecins souhaitent inclure dans la loi 08-12.

    Les médecins du privé se plaignent régulièrement du manque de couverture médicale et sociale. La loi ainsi que les textes d’application ont été publiés. Reste maintenant à voir comment s’effectuera le prélèvement des cotisations. Dans une première phase, l’assurance des indépendants touchera les professions organisées.

    A leur tête, les médecins du privé. Ces derniers exigent d’être associés aux préparatifs pour déboucher sur un scénario consensuel. En attendant, beaucoup de médecins du privé doivent payer de leurs poches leurs soins.

    Les associations de médecins appellent à une autre grève, cette fois-ci de deux jours, en novembre. Une autre est prévue en décembre.

    La pilule amère

    Plusieurs médecins et cliniques font actuellement l’objet d’un contrôle fiscal. Certains doivent justifier l’énorme écart entre leur patrimoine et les revenus régulièrement déclarés. «Nous sommes pour le paiement de l’impôt, mais le contrôle fiscal doit se faire dans la discrétion et l’on ne doit pas stigmatiser la profession», précise Badreddine Dassouli, président du Syndicat national des médecins du secteur libéral. Il est évident que l’on ne peut mettre tout le monde dans la même case, mais il faut combattre ces pratiques qui polluent la relation médecins-patients telles que l’exigence de chèque au porteur, le black, le chèque de garantie…

     

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