International

Brexit: Londres sous pression avant le sommet de l’UE

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5371 Le 15/10/2018 | Partager
Un accord peu probable lors du Conseil européen des 17 et 18 octobre
Les eurosceptiques refusent l’arrangement douanier temporaire
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Theresa May s'apprête à affronter une semaine difficile. La dirigeante cherche une solution pour, à la fois, satisfaire les différentes sensibilités au sein de sa famille politique, préserver son alliance avec le petit parti nord-irlandais DUP, et boucler le traité de sortie de l’UE (Ph. AFP)

Les négociations s’intensifient pour régler les derniers détails du divorce de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, mais l’on n’est toujours pas arrivé à un accord définitif. A six mois de la séparation, prévue pour le 29 mars 2019, le pays n’est toujours pas au bout de ses peines.

Le Conseil européen des 17 et 18 octobre prochains devait initialement marquer la fin des négociations. Le ministre britannique des Finances, Philip Hammond, a cependant reconnu qu'il était «extrêmement ambitieux» d'imaginer la conclusion d'un accord lors de ce sommet.

La Première ministre britannique, Theresa May, pour sa part, s'apprête à affronter une semaine difficile. La dirigeante cherche la solution qui puisse, à la fois, satisfaire les différentes sensibilités au sein de sa famille politique, et préserver son alliance avec le petit parti nord-irlandais DUP, sur laquelle repose sa majorité absolue au Parlement.

Elle réunira mardi, à la veille du sommet, ses ministres, notamment pour discuter du devenir de la frontière entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, l'une des difficultés majeures de ces négociations. Globalement, deux accords doivent être bouclés. Le premier concerne un «traité de retrait» organisant la séparation de l’UE.

Il doit être conclu au plus vite, afin de donner le temps aux parlements européen et britannique de le ratifier d'ici fin mars prochain. Le deuxième est sous forme de «déclaration politique», qui trace les contours de la relation future avec l’Union, et plus particulièrement sur l’aspect commercial.

Selon le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, «une grande partie de l'accord de retrait, soit 80 à 85%, a déjà fait l’objet d’un accord». Mais d'importants points ne sont toujours pas réglés, comme le rôle qu'aura la Cour de justice de l'UE en cas de litige sur l'interprétation du traité de retrait. Et surtout, la question de la frontière irlandaise.

Londres s'est engagée à ne pas réinstaurer de frontière matérielle sur l'île d'Irlande, conformément à la convention de paix signée en 1998. Toutefois,  cet engagement va à l'encontre de sa volonté de quitter le marché unique et l'union douanière européenne. May a proposé de maintenir un «arrangement douanier temporaire» entre le Royaume-Uni et l'UE, jusqu'à ce qu’on trouve une solution sur la question de la frontière irlandaise.

Mais cette option a été refusée par les eurosceptiques au sein de son parti conservateur, qui craignent qu'elle devienne permanente et empêche la conclusion d'accords commerciaux avec des pays tiers.

Selon la presse britannique, une autre idée est à l’étude. Celle de prolonger la période de transition post-Brexit au-delà de décembre 2020. Cela donnerait plus de temps pour négocier la relation future avec l'UE.

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