Economie

Encore une croissance molle en 2018

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5367 Le 09/10/2018 | Partager
Au mieux 3% contre 4% en 2017
Elle est surtout stimulée par le secteur agricole et les services
La valeur ajoutée industrielle augmente de 0,6% au 4e trimestre
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La contribution des activités non agricoles reste sur un trend baissier. Cette année, elle ne devrait pas dépasser 1,5 point contre 1,9 point en 2017. On est donc loin du rythme moyen de 4% enregistré sur la période 2008-2011 et d’une moyenne annuelle de 2,8 points au cours des 10 dernières années

Le HCP maintient sa prévision de croissance. Elle devrait s’établir à 3% en 2018 contre 4%, l’année précédente, et à peine 1,2% en 2016. Une moyenne de l’ordre de 2,7% sur trois ans. Ce qui est trop insuffisant pour juguler le chômage toujours en forte hausse parmi les jeunes urbains, en particulier. Pas d’impact aussi sur les inégalités sociales qui continuent de se creuser avec leurs déficits en termes d’accès aux services de base (voir L’Economiste du lundi 8 octobre).

La prévision du Haut-Commissariat au Plan s’explique surtout par la contribution  du secteur agricole dont la valeur ajoutée devrait  croître de 3,6% au 4e trimestre au lieu de 4,4%, une année auparavant. Sur ces bases, la moitié de la croissance résulterait du secteur primaire. L’autre moitié, soit 1,5%, proviendrait des activités hors agriculture. Ceci, en dépit de la légère accélération du rythme constaté lors du 3e trimestre.

Le taux de progression de ces activités s’est situé à 2,8% au troisième trimestre contre 2,4% un trimestre auparavant. Et l’amélioration s’explique surtout par le bon comportement du secteur des services: 5,2% de croissance de la valeur ajoutée. Tout particulièrement, le commerce, le transport et des activités touristiques.
Par contre, la  contribution du secteur industriel à la croissance économique globale se limiterait à 0,6 point lors du 4e trimestre après 0,5 point le trimestre précédent.

De fait, les activités non agricoles constituent le véritable talon d’Achille de l’économie nationale. Elles souffrent d’un déficit qui va en s’aggravant en termes d’innovation et de diversification. En attendant, les investissements dans les infrastructures économiques ainsi que les réformes tardent à donner leur plein effet pour une meilleure attractivité des secteurs productifs.

Tant que la situation perdure (manque de diversification des activités non agricoles et déficit de leur compétitivité) , le niveau de croissance continuerait à rester dépendant de la pluviométrie, tournant autour de 2% en cas de sécheresse et de 4%, dans le cas de pluie abondante.

La note d’optimisme provient cette année de la demande mondiale adressée au Maroc qui devrait enregistrer une hausse de 4,5%, en variation annuelle. Cette hausse profiterait, notamment, aux industries manufacturières dont la croissance s’établirait à 2,8%, au quatrième trimestre 2018, en rythme annuel. Mais le secteur du BTP qui peine à consolider sa reprise  n’enregistrerait qu’une  croissance modérée de sa valeur ajoutée. Elle devrait se situer à 0,8% au 4e trimestre.

Le ralentissement de l’activité est lié  au recul de la demande adressée au secteur de l’immobilier résidentiel. Cette décélération est confirmée par la faible utilisation des facteurs de production, notamment du ciment dont la baisse avait atteint 7%, au troisième trimestre 2018.

Dans le même sillage, les anticipations des chefs d’entreprise de la construction, exprimées dans le cadre de la dernière enquête de conjoncture du HCP, avaient relevé une quasi-stabilité de l’activité de construction, une hausse de celle des travaux  spécialisés et une stagnation du génie civil.

Recul de l’inflation 

Au troisième trimestre, les prix à la consommation se sont contractés de 0,8 point de pourcentage à 1,8%, en variation annuelle, contre 2,6% à la même période de 2017. Ce repli résulte de la faible hausse des prix alimentaires: 1,4%, au lieu de 3,4% au trimestre précédent. En revanche, les prix des produits non alimentaires ont augmenté au même rythme que le trimestre précédent: 1,9%. L’inflation sous-jacente qui exclut les tarifs publics et les produits frais a, également, décéléré, pour se situer à 0,4%, après 0,6% au deuxième trimestre 2018.

 

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