Société

Forum des jeunes leaders: Comment réinventer la transmission

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5366 Le 08/10/2018 | Partager
En partageant la mémoire collective et en assumant son héritage
Le défi pour les leaders de demain
Education, dialogue inter-religieux, engagement… les sujets de société abordés
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Pour sa 4e édition, le Forum euro-méditerranéen des Jeunes Leaders à Essaouira a une nouvelle fois remporté un franc succès. Les jeunes du nord et du sud de la Méditerranée prouvent leur intérêt pour un dialogue commun (Ph. Ambassade de France)

Réinventer la transmission fut le leitmotiv du 4e forum euro-méditerranéen des jeunes leaders d’Essaouira (FEJL) qui a achevé ses travaux hier 7 octobre. Un événement organisé par l’ambassade de France au Maroc et l’institut français, en collaboration avec la Fondation Anna Lindh, les associations «Essaouira-Mogador», et «Marocains Pluriels».

La 4e édition du forum a rassemblé 300 jeunes militants associatifs et citoyens, réunis autour de leaders influents dans leurs domaines. Ils ont ainsi échangé durant trois jours autour de plusieurs thématiques, évoqué des questions qui les interpellent.

«A l’heure où le monde est en train de se refermer, où les nationalismes, les peurs créent des égoïsmes, où des barrières sont en train de s’élever, nous voulons justement faire de la Méditerranée un pont entre nos deux continents», insiste Jean-François Girault, l’ambassadeur de France au Maroc.

Miser sur la jeunesse est une évidence et le lieu qui abrite ce forum annuel, l’est aussi. Essaouira qui, comme l’explique le Conseiller de Sa Majesté le Roi et président-fondateur de l’association Essaouira-Mogador, André Azoulay, est «une ville de résistance, qui refuse la peur et le repli, et attire tous les continents grâce à la place centrale laissée à la culture. Une culture qui n’est pas seulement esthétique, mais attachée à la pensée.

De par sa diversité, rappelle Azoulay, Essaouira est un espace de résistance à la fracture, à l’amnésie, à l’islamophobie et à l’antisémitisme. Les jeunes, ce sont à eux qu’est dévouée désormais cette mission. La 4e édition du forum a voulu élargir le débat pour permettre des échanges sur les questions du religieux, l’engagement et des stéréotypes de genre. Défi réussi! Dans la salle, les débats étaient animés, dynamiques et chaleureux et les jeunes très attentifs.

D’abord au cours de la première table ronde qui a abordé les dangers, les enjeux, et les risques des fake news à l’heure du tout connecté. Autre table ronde qui a suscité de grands débats, celle autour du dialogue inter-religieux. L’échange entre les religions existe au Maroc qui admet et soutient la richesse de sa diversité.

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Elisabeth Guigou, présidente de la Fondation Anna Lindh, aux côtés d’André Azoulay, conseiller du Roi (Ph. Ambassade de France)

Mogador reste un point central géographique et historique du dynamisme de coexistence et de coopération entre les juifs, les musulmans et la communauté chrétienne. Il y a eu aussi ce témoignage très poignant de Saliha Benali, présidente de SAVE Belgium qui lutte contre la pensée radicale par un échange de pratiques en matière de programmes de prévention, sensibilisation et formation destinés aux acteurs de première ligne.

Benali, dont le fils a été tué en Syrie à l’âge de 19 ans a rappelé que Daech approche très souvent les jeunes de la 3e génération d’émigrés qui ne sont pas à l’aise avec leur origine pour en faire des martyrs. Ce sont des mécanismes qui ne datent pas d’aujourd’hui et sont apparus en occident il y a plusieurs siècles, explique Louis-Marie Coudray, bénédictin, directeur du Service national des relations avec le judaïsme de la Conférence des évêques de France.

«Il serait surtout faux de croire qu’il y a des religions qui poussent vers le radicalisme». Le FEJL fut aussi l’occasion pour les jeunes de débattre en cercle plus restreint sur des compétences concrètes, comme l’élaboration de projets, l’utilisation des réseaux sociaux, le décryptage de l’information ou encore l’esprit start-up. Les participants au Forum ont également eu l’occasion de profiter de la 3e édition des Nuits Photographiques, également organisée le week-end dernier à Essaouira.

Le Maroc, un modèle!

La leçon marocaine de tolérance, de dialogue et d’ouverture mérite d’être méditée et d’être diffusée dans les quatre coins du monde, insiste de son côté Elisabeth Guigou, présidente de la Fondation Anna Lindh. Guigou n’a pas manqué de revenir sur la mobilité des jeunes et a rappelé deux propositions qu’elle défend: le passeport des talents et un Erasmus associatif pour permettre à des jeunes du sud engagés dans les associations de se déplacer pour une durée de 6 mois en Europe pour des stages, des formations. «Cela nécessite un effort pédagogique permanent et j’espère que le prochain parlement européen saura nous entendre».

 

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