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    Sukuk souverains: Rush sur la première émission

    Par Moulay Ahmed BELGHITI | Edition N°:5366 Le 08/10/2018 | Partager
    L’opération a été sursouscrite 3,6 fois
    Les banques participatives satisfaites à 35%, les banques conventionnelles à 39%
    Le rendement annuel attendu des certificats fixé à 2,6% HT
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    Houda Chafil, DG de Maghreb Titrisation: «L’émission a été réalisée dans un temps record comparé à d’autres pays de la région où l’idée a même été abandonnée»
    (Ph. HC)

    En dépit du manque de liquidité dont elles souffrent, les banques participatives ont répondu présent à l’appel en souscrivant massivement à la première émission de Sukuk souverains lancée la semaine dernière. Elles ne sont pas les seules puisque les banques classiques y ont également fortement participé.

    L’émission a, d’ailleurs, été sursouscrite. La demande a dépassé 3,6 fois l’offre. Houda Chafil, DG de Maghreb Titrisation revient sur cette première opération, sa structuration, son arrangement et les résultats des souscriptions.

    - L’Economiste: Comment s’explique l’engouement pour l’émission inaugurale alors que les banques participatives sont en manque de liquidité?
    - Houda Chafil:
    Il faut d’abord préciser que c’est une émission destinée aussi bien aux investisseurs participatifs qu’aux investisseurs conventionnels. Celle-ci était très attendue par le marché vu la qualité du risque, le rendement associé et le traitement qui y est réservé similaire à celui des Bons du Trésor.
    Effectivement, les banques participatives, et comme cela a a été annoncé par plusieurs d’entre elles, se retrouvent dans un contexte inattendu où les emplois commencent à dépasser les ressources compte tenu du développement de l’activité «financement», mais il faut nuancer que ce n’est pas le cas de toutes les banques. En plus, avec l’autorisation récente de conclusion de contrats «wakala bi istitmar» avec d’autres banques, notamment leurs maisons-mères, les banques participatives disposent aujourd’hui d’un levier important de ressources en attendant l’autorisation par le CSO des produits d’épargne et de dépôt.
    L’émission inaugurale a été souscrite 3,6 fois.  Le rendement attendu des certificats des Sukuk est de 2,66% l’an HT. Le taux de satisfaction des demandes de souscription est de 28% et les investisseurs servis par cette émission sont: les banques conventionnelles à hauteur de 39%, les banques participatives à hauteur de 35%, les OPCVM à hauteur de 16,3%, et les autres investisseurs à hauteur de 9,5%.

    - Comment sera «pricé» ce titre sur le marché secondaire?
    - Un modèle de priceur est en cours de validation avec la Direction du Trésor et les différentes parties prenantes. Il sera implémenté sur le site web de Maghreb Titrisation en tant que société de gestion et opérationnel à partir de la date de règlement/livraison des certificats de Sukuk, à savoir le 15 octobre 2018. Par ailleurs, et en contrepartie de l’exclusivité de souscription accordée aux IVT sur le marché primaire, ceux-ci s’engagent à assurer la liquidité des certificats de Sukuk sur le marché secondaire, sous le contrôle de la Direction du Trésor et à afficher quotidiennement sur la plateforme E-bond de Bloomberg ou toute autre plateforme convenue avec le Trésor, les prix à l’achat et à la vente des Certificats de Sukuk.

    - L’émission a été annoncée il y a plusieurs mois, pourquoi ce retard?
    - Il n’y a aucun retard. Bien au contraire, l’émission a été réalisée dans un temps record comparé à d’autres pays de la région où l’idée a même été abandonnée. Nous avons travaillé d’arrache pied depuis le mois d’avril 2017 aux côtés de la Direction du Trésor pour la mise en place de cette première émission. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il ne s’agit pas d’une seule émission, mais de toute l’infrastructure réglementaire qu’il fallait mettre en place en amont pour garantir sa réussite et celle des émissions à venir. Il est vrai que la loi sur la titrisation prévoit depuis 2013 la possibilité d’émission des certificats de Sukuk et la LF 2013 avait déjà prévu une certaine neutralité fiscale pour les structures Ijara. Mais avec la pratique, et le lancement des travaux de structuration de la première émission, on s’est rendu compte qu’il fallait revoir un certain nombre de textes réglementaires dont notamment: la loi sur la titrisation (ndlr: amendements promulgués en avril 2018), certaines dispositions fiscales pour aligner le traitements fiscal des certificats de Sukuk souverains avec les bons du trésor (ndlr: amendements introduits dans les LF 2017 & 2018), élaboration et validation par le CSO de l’arrêté relatif aux caractéristiques des certificats de Sukuk Ijara, amendement du règlement général de la comptabilité publique, élaboration des schémas comptables propres à ce type d’émission… et la liste est longue!
    La plupart de ces textes nécessitent des circuits d’adoption spécifiques et il était nécessaire de stabiliser l’arsenal réglementaire pour garantir un développement pérenne des certificats de Sukuk aussi bien pour le compte de l’Etat que pour le compte des opérateurs publics et privés.

    - A quand les Sukuk de refinancement?
    - L’émission inaugurale des Certificats de Sukuk Souverain est sans doute un point d’ancrage important pour l’émergence et le développement du marché des Sukuk au Maroc. Nous nous réjouissons de la volonté affichée du Trésor de créer un compartiment Sukuk aux côtes des BDT et des émissions internationales. La régularité des émissions et la diversification en termes de maturité des titres sont importantes à mon sens pour créer une courbe de référence pour les émissions privées et publiques pour les émissions de certificats de Sukuk. Si la structure Ijara est maintenant sur les rails et peut être utilisée par tous les opérateurs souhaitant se financer via cet instrument,  il va falloir s’attaquer maintenant à d’autres types de certificats de Sukuk prévus par la loi sur la titrisation pour lesquels des arrêtés fixant leurs caractéristiques techniques devraient être élaborés et validés par le CSO. Je pense particulièrement aux Certificats de Sukuk Wakala et Moudharaba pour le financement des banques participatives qui sont à mon sens une priorité pour le développement de ces acteurs, mais aussi aux  Certificats de Sukuk Al Istisna, levier de financement idoine pour le financement des projets d’infrastructure dans notre pays.

    Un rôle prépondérant pour Maghreb Titrisation

    Désignée suite à un appel d’offres, Maghreb Titrisation a été l’arrangeur et le gestionnaire du Programme d’émissions de Certificats de Sukuk Souverains qui pourrait englober d’autres structures à part la structure Ijara. La filiale de CDG Capital a conseillé le Trésor pour la mise en place du programme, l’identification des actifs éligibles et pour la structuration de l’émission inaugurale. MT est également gestionnaire du fonds de titrisation FT Imperium Sukuk ainsi que de l’ensemble de ses compartiments (le 1er compartiment et les autres compartiments qui seront créés pour les besoins des émissions futures). La société est aussi intervenue dans la mise en place des chantiers et des pré-requis réglementaires pour la réussite du programme d’émissions.

    Propos recueillis par Moulay Ahmed BELGHITI

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