Entreprises

Alliances promet un nouveau business modèle

Par Nadia DREF | Edition N°:5363 Le 03/10/2018 | Partager
Adaptation de l’offre, renforcement de l’activité lotissement, consolidation de la présence en Afrique…
Un chiffre d’affaires prévisionnel de 17,7 milliards de DH pour les 5 années à venir
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L’augmentation de capital de 300 millions de DH annoncée par l’actionnaire de référence Alami Lazraq a été validée par le conseil d’administration de la société réuni le 9 août 2018

Confirmant son retour à la profitabilité, le groupe Alliances vient d’annoncer un nouveau business modèle lors des présentations de ses résultats semestriels, le 2 octobre à Casablanca. «Plus solide et déterminé que jamais, le groupe Alliances a su se réinventer afin de s’adapter aux nouvelles exigences de son secteur», précise Ahmed Ammor, DG du groupe Alliances.

Et d’ajouter : Ceci grâce à  une gouvernance renforcée, une structure repensée, des processus renouvelés au service d’un nouveau business modèle. Grâce à cette nouvelle vision le groupe appréhende l’avenir avec sérénité».

Le nouveau business modèle tourne autour de 5 principaux axes. Le premier concerne l’instauration d’un nouveau modèle d’intervention privilégiant l’activité lotissement. Ce choix induit un raccourcissement des cycles de réalisation des projets et un retour rapide sur investissement.

Un segment de plus en plus prisé par les promoteurs immobiliers, car c’est un générateur de cash d’autant plus que la Banque centrale a demandé aux banques de serrer les financements dédiés à la promotion. Le deuxième axe concerne l’adaptation de l’offre de produits au budget des ménages à travers notamment le lancement de programmes immobiliers moyen standing. Intervient ensuite la consolidation de l’activité du groupe en Afrique.

Objectif : en faire un fort contributeur au  chiffre d’affaires global du groupe à moyen et long-terme. Actuellement, cette activité ne représente que 7% du chiffre d’affaires du groupe contre 56% pour le social, 35% pour le résidentiel et golfique et 2% pour les services.

Notons que le chiffre d’affaires, au 30 juin 2018, a enregistré une croissance de 17% par rapport au premier semestre 2017 conformément aux prévisions du groupe. Le quatrième axe porte sur la réalisation, en tant que prestataire de services, de projets immobiliers, hôteliers et tertiaires clés en main pour le compte d’investisseurs aussi bien au Maroc qu’à l’international. Le groupe veut capitaliser sur son expertise et son savoir-faire historique. Le cinquième axe vise l’application d’une politique de financement rigoureuse basée sur une prise de risque mesurée et sur un suivi de ratios stricts d’endettement et d’indicateurs de rentabilité.

Pour les 5 prochaines années, le nouveau business modèle est composé de 24 projets en cours, 5 lancés et 9 en phase d’études aussi bien dans le pôle social et résidentiel qu’en Afrique subsaharienne. Grâce à une consistance identifiée de 32.000 unités, le chiffre d’affaires attendu s’élève à 17 milliards de DH.

Le management fait valoir une amélioration de la rentabilité suite à la baisse des charges de structures, grâce à la revue des processus de production et la refonte de l’organisation. Le groupe mise également sur un endettement maîtrisé induisant une réduction des frais financiers ainsi que l’amélioration des marges.

Eu égard au désendettement du groupe, la baisse significative du service de la dette permet au groupe de disposer de fonds propres pour financer ses nouveaux projets. Cette performance s’explique par l’augmentation de l’activité conjuguée à la baisse de 30% des charges d’exploitation, notamment suite à la rationalisation des coûts de production et à la réduction des charges de structure et à la contraction de 22% des frais financiers dans le sillage de l’optimisation du bilan.

                                                                  

Pari sur l’habitat social et intermédiaire

Le Pôle habitat social et intermédiaire dispose de 15 projets en cours dont la consistance restante s’élève à 7.500 unités représentant un chiffre d’affaires total de 3,3 milliards de DH. Par ailleurs, 4 nouveaux projets sont lancés ou en cours de lancement sur une assiette foncière de l’ordre de 727 ha. La consistance globale des nouveaux projets est de 23.124 unités d’une VIT totale de 8,6 milliards de DH. L

e Pôle résidentiel et golfique dispose de 7 projets en cours dont la consistance restante s’élève à 580 unités soit un chiffre d’affaires global de 2,5 milliards de DH. Le groupe développe également ses activités en Afrique subsaharienne. Il a signé une convention avec l’Etat ivoirien pour la réalisation de projets immobiliers portant sur 14.000 logements. Une première tranche a été livrée et une 2ème en cours de lancement.

D’autres opportunités sont à l’étude. Au Cameroun, Alliances intervient pour la réalisation d’une commande de l’Etat portant sur la construction et l’équipement de 8 centres hospitaliers, 3 CHU et la construction de 800 logements sociaux et leurs équipements socio-culturels. Les premières livraisons ont commencé courant 2018 pour une livraison totale des projets planifiée au terme du 1er semestre 2019.

                                                                  

Sécuriser les 5 prochaines années

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Ahmed Ammor, DG d’Alliances Groupe (Ph. Alliances)

- L’Economiste: Comment Alliances a retrouvé la voie de la profitabilité ?
- Ahmed Ammor:
Ce premier semestre confirme les bons résultats du groupe qui sont en ligne avec nos prévisions. Ce qui est très important pour nous. Le chiffre d’affaires s’est élevé à 1,8 milliard de DH au premier semestre 2018 en progression de 17% par rapport à la même période de l’année dernière. Le résultat net de 123 millions de DH en progression de 136% et un RNPG autour de 112 millions de DH (+250%). La dette financière nette est passée de 4 milliards de DH au 30 juin 2017 à 3 milliards au 30 juin 2018 dont 1,9 milliard en cours de reprofilage. S’y ajoute un renforcement imminent des fonds propres.

- Comment se porte le secteur de l’immobilier?
- Bien qu’il traverse un cycle baissier, il y a des endroits et des niches qui marchent encore dans le secteur. C’est aux opérateurs de les chercher. Alliances a réinventé son business modèle pour s’approcher de cette demande et s’adapter aux exigences du marché. Aujourd’hui, le groupe a un nouveau business modèle axé sur la réduction des coûts de production, l’adaptation de ces constructions au budget des ménages et le développement de l’activité lotissement. Nous avons 24 projets en cours de réalisation, cinq projets sont lancés ou en cours de lancement et 9 projets en phase d’études. Ce qui permettra d’assurer le plan d’activité pour les 5 prochaines années.

- Y aura-t-il des baisses de prix?
- Depuis quelques années, nous avons adopté une nouvelle méthode de travail qui consiste à bien étudier la demande avant de lancer un projet dans une région. Actuellement, les prix sont déjà bien étudiés. C’est ce qui fait que les projets d’Alliances marchent bien. Nous n’avons pas de stocks d’invendus qui nous pénalisent. Pour éviter cette situation, nous réalisons des projets par tranches. Il faut savoir que tous les opérateurs ont changé leurs méthodes de travail. Je pense que cela va aider le secteur à sortir de cette situation de morosité. Tout le monde va tirer les conclusions qui s’imposent. Nous avons besoin d’un plan de relance pour le secteur immobilier, mais pas uniquement. Il en faut même pour toute l’économie nationale.

Propos recueillis par Nadia DREF

 

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