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    Collectivités, les futurs «business angels»

    Par Aziza EL AFFAS | Edition N°:5362 Le 02/10/2018 | Partager
    Les conseils régionaux sur la piste des start-up
    L’exemple réussi du contrat-programme des provinces du Sud
    Les contributions de la CDG, le CESE, la DGCL …
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    «Les territoires doivent être à l’écoute des opérateurs économiques, mais les opérateurs doivent aussi être acteurs du développement des territoires», soutient Khalid Safir, DG des collectivités locales (DGCL) et ex-wali de Casablanca (Ph F. AL Nasser)

    «Les conseils régionaux sont semblables à des start-up en train de croître à grande vitesse». Khalid Safir, Wali Directeur Général des Collectivités Locales (DGCL), a choisi le langage du business pour s’adresser à l’assistance lors de l’université d’été de la CGEM.

    Devant un public majoritairement jeune, l’ex-wali de Casablanca a affirmé que les régions sont parties de «scratch». Au bout de 3 ans, elles ont mis en place leurs instances, gagner en compétences, élaborer des plans de développement régionaux (PDR) …  Selon Safir, la DGCL exerce, en quelque sorte, le rôle d’incubateur, de facilitateur ou de «business angel».

    Sa direction a accéléré la finalisation de l’arsenal juridique en publiant l’ensemble des décrets d’application de la Loi organique relative aux régions. «Aujourd’hui, c’est chose faite depuis janvier dernier», se félicite-t-il. Il est donc temps de passer à la vitesse supérieure pour accélérer l’implémentation des PDR et leur déclinaison dans les 12 régions.

    Dans ce processus, la DGCL a un rôle de chef d’orchestre qui doit «faire en sorte qu’à côté du moteur principal qu’est l’Etat, tous les moteurs auxiliaires au niveau des régions et des 1.500 communes fonctionnent en même temps et aillent dans la même direction».

    La régionalisation est l’affaire de tous, insiste le patron de la DGCL, qui avait lancé en tant que wali le plan de développement du Grand Casablanca (PDGC). «Quatre acteurs doivent être impliqués: tout d’abord le citoyen via la société civile et d’autres canaux, les conseils régionaux, l’Etat ainsi que les opérateurs économiques», explique-t-il.

    En somme, les territoires doivent être à l’écoute des opérateurs économiques, mais ces derniers doivent aussi être des acteurs du développement des  territoires. Mais pour permettre le décollage des régions, l’administration centrale doit lâcher du lest. La charte de déconcentration devra être prête d’ici fin octobre, annonce-t-il, en reprenant son langage emprunté au milieu d’affaires : «La déconcentration est une sorte de filiation via des divisions régionales autonomes qui vont entreprendre les actions de développement, alors que les ministères se contenteront d’élaborer des stratégies et d’assurer des missions de suivi».

    Mustapha Bakkoury, avec sa double casquette de président de la région Casa-Settat et de Masen, a pour sa part mis l’accent sur le processus d’élaboration du Plan de développement régional. «Un PDR n’est pas un plan d’actions régional. Il est un ensemble d’actions qui doivent fédérer tous les acteurs qui sont dans ce territoire et à l’extérieur de ce territoire», précise  le président du conseil régional.

    Le Président du Conseil Economique, social et environnemental (CESE), Nizar Baraka, abonde dans le même sens en rappelant le modèle du contrat programme des provinces du Sud. «Il s’agit du premier PDR décliné en contrat-programme et élaboré suite à un rapport du CESE», précise-t-il.

    Lancé en 2015, le programme en est aujourd’hui à mi-parcours (avec un taux de réalisation de 50%). Sa recette de succès? C’est un modèle établi sur la base d’un diagnostic en concertation avec toutes les parties prenantes (société civile, acteurs sociaux, opérateurs économiques…).

    Il traduit donc les attentes et les ambitions des populations et répond aux spécificités de la région. Aujourd’hui, des projets concrets ont vu le jour comme l’usine Phosboukraa (transformation de phosphate en engrais), le futur CHU et la faculté de médecine de Laâyoune, la station de dessalement  de l’eau de mer …

    Si le CESE contribue via ses rapports et études, la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) met aussi son expertise au service des régions. «Nous pouvons les accompagner pour la maîtrise d’ouvrage déléguée pour la réalisation des zones industrielles, les agropoles…», souligne Abdellatif Zaghnoun, DG de la CDG.

    Le bureau d’études Novec, filiale du même groupe, est également mis à la disposition des 12 conseils régionaux. «Nous avons déjà engagé un partenariat exemplaire avec la région Marrakech-Safi qui consiste en une offre globale intégrée de la réalisation à la gestion en passant par les études, la commercialisation …», affirme Zaghnoun, qui précise toutefois qu’il n’est prêt à s’engager que sur les projets de qualité.

    Corridors industriels

    Pour que la régionalisation prenne, il faut identifier les rôles de chacun. «Les régions ont des prérogatives propres en terme de développement économique, formation professionnel, insertion des jeunes … que l’Etat continue de gérer  au niveau central», déplore Nizar Baraka. Ce dernier met l’accent aussi sur les disparités entre régions et à l’intérieur des territoires. «Il faut réfléchir à des corridors industriels pour que les régions s’entraident: entre celles ayant des ressources et celles qui peuvent les transformer», insiste le président du CESE.

     

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