Politique

Rentrée politique: Le PJD et le RNI donnent le ton

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5362 Le 02/10/2018 | Partager
Le bras de fer entre les 2 partis risque de durer jusqu’aux prochaines élections
Dépôt du projet de loi de finances 2019 avant le 20 octobre
Un Conseil des ministres pour délibérer sur ses orientations générales

L’échiquier politique s’est cette fois-ci animé sans attendre l’inauguration par le Roi, de la session d’automne du Parlement le 12 octobre. Elle sera marquée par un discours royal, considéré par la classe politique comme la feuille de route à suivre au cours de l’année.

Aujourd’hui, c’est l’affrontement RNI-PJD qui occupe les devants de la scène et les sujets de discussions favoris de la classe politique. Il n’est pas exclu que cette compétition entre les deux formations ne continue jusqu’aux prochaines élections. Après la reprise en main du parti par Aziz Akhannouch et la fin de la campagne de boycott, le RNI a le vent en poupe. Il veut maintenir cette pression pour se positionner comme le challenger du PJD.

Les sujets de divergence entre les deux partis sont tellement nombreux que d’autres feux d’incendie seront, à coup sûr, allumés. Les effets de cette compétition politique ne devront pas impacter le travail normal du gouvernement, estime une source proche du dossier. Saâdeddine El Othmani terminera son mandat pour lequel il a été nommé par le Souverain. L’objectif est d’imposer le respect de la diversité démocratique et politique.

Le PJD doit cesser de se considérer supérieur aux autres acteurs de la scène politique. Ce torchon qui brûle entre les deux a poussé des responsables des partis de la coalition gouvernementale à lancer des appels pour une réunion de la majorité. Le but est d’aplanir l’atmosphère électrique. Quant au secrétaire général du PJD, il a appelé ses troupes au calme.

Il faut reconnaître qu’en cette période à mi-mandat, les autres partis semblent en hibernation. Ils attendent l’approche des échéances électorales pour redémarrer les activités de proximité avec les citoyens. L’Istiqlal, avec la nouvelle direction pilotée par Nizar Baraka, est devenu inaudible à l’exception de sa sortie avant l’été sur le mémorandum adressé au chef du gouvernement. Le PAM ne fait pas mieux. Le nouveau secrétaire général Hakim Benchamach n’a pas encore pris ses marques.

Pis, depuis le départ de Ilyas El Omari, la position de sa formation sur l’échiquier politique n’est pas très claire. Même s’il campe dans l’opposition, le parti donne l’impression d’avoir entrepris un pas en arrière. Le Mouvement populaire n’est pas au mieux de sa forme. Il vient de sortir d’une épreuve (12e congrès) qui a consacré la domination sans partage de Mohand Laenser. Ce dernier vient d’être reconduit secrétaire général de ce parti, poste qu’il occupe depuis 32 ans.

L’USFP n’est pas au top, non plus.  Son premier secrétaire Driss Lachgar a profité de cette session ordinaire du conseil national pour demander une réunion de la majorité afin de ravaler la façade de la coalition gouvernementale. Les socialistes se penchent sur la préparation du projet de loi de finances pour 2019, une manière d’être au rendez-vous de cette séquence importante pour le monde des affaires et les citoyens.

D’ailleurs, la préparation du projet de budget 2019 devra s’accélérer. Le chef du gouvernement doit déposer à la Chambre des représentants le texte avec les documents qui l’accompagnent avant le 20 octobre. Entre temps, un Conseil des ministres devra délibérer sur les orientations générales du projet de loi de finances. Mohamed Benchaâboun est attendu au Parlement pour présenter le projet devant les députés en séance plénière avant de le discuter et de le défendre en commission.

Le nouveau ministre de l’Economie et des finances n’est pas habitué à cet exercice mais il devra faire preuve de patience devant les députés. Surtout que le PJD préside la Commission des finances. Il ne manquera pas les occasions pour lui faire des misères sachant qu’il appartient au RNI, dans un contexte où les deux alliés de la majorité entretiennent des relations exécrables depuis la sortie de Rachid Talbi Alami, membre du bureau politique et ministre de la Jeunesse et des sports, devant les jeunes de son parti à Marrakech.

Même si le PJD a décidé officiellement de calmer le jeu, ses députés sont déterminés à serrer les vis avec les ministres du parti de Aziz Akhannouch, particulièrement ceux qui ont des projets de loi à défendre devant la Chambre des représentants.

En fait, c’est Rachid Talbi Alami qui a allumé les feux en s’attaquant, sans le nommer, aux méthodes du PJD dans une réunion interne de la jeunesse du RNI. Cette sortie venait comme une réplique aux attaques proférées contre le parti de la colombe par le pistoléro du PJD Abdelaziz Aftati lors d’un meeting à l’occasion des élections partielles, dont le siège a été remporté haut la main par le RNI.

Cette session d’automne sera également marquée par l’élection de la présidence de la Chambre des conseillers. Pour l’heure, la majorité n’a pas annoncé de candidat pour ce poste. Le bras de fer entre le PJD et le RNI peut être interprété comme une tentative d’empêcher que la coalition gouvernementale ne présente un prétendant à la succession de Hakim Benchamach.

Le RNI semble donc rouler pour lui quoique le communiqué du PAM s’en est pris, sans faire de distinction, aux deux formations. Certains parlementaires n’ont pas apprécié la distance prise avec les deux partis. Si des consignes ne sont pas claires, ils risquent de voter blanc.

D’ailleurs, les parlementaires du PAM ont demandé à Hakim Benchamach de ne pas faire de déclaration sur la polémique PJD-RNI. Rappelons que cette échéance sera suivie par une autre élection qui aura lieu lors de la session du printemps. Il s’agit de renouveler la présidence de la Chambre des représentants, occupée actuellement par Habib El Malki.

Les projets phares

Deux projets de loi phares sont programmés lors de la session d’automne. Il s’agit de celui relatif au retour du service militaire, disparu il y a une douzaine d’années. L’examen et l’adoption de ce texte ne posera pas de problème. Ce n’est pas le cas du projet de loi-cadre relatif à l’enseignement qui soulèvera un tollé surtout sur le volet de la contribution financière des familles. 

L’émigration s’invite au débat

Les opérations relatives à l’émigration clandestine ont repris de plus belle. Après les assauts répétés de subsahariens sur les présides occupés que sont Ceuta et Melilia, le Maroc a redéployé ses efforts pour contrecarrer l’émigration clandestine, dans une approche de responsabilité partagée. Sauf qu’un accident a coûté la vie à la jeune Hayat, étudiante qui voulait traverser la Méditerranée pour une vie meilleure qui est tombée sous les balles de la marine royale. Cette affaire n’en restera pas là. Des manifestations ont été organisées samedi dernier à Tétouan. Des partis politiques se préparent à malmener le gouvernement.

 

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