Economie

Colloque des finances publiques: «Savoir communiquer avec la population, un défi majeur»

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5356 Le 24/09/2018 | Partager
La demande d’individualisation de l’appui social est forte
Avec le registre social unique, l’effort doit être ressenti par la population
La formation rigoureuse des ressources humaines est la clé
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«Il est vrai que pour bien apprécier les politiques sociales, il faut que le citoyen, dans son quotidien, sente la différence en termes de proximité», souligne Noureddine Bensouda (Ph. Bziouat)

- L’Economiste: La thématique du colloque se greffe sur la priorité accordée à la question sociale par le Roi et par la prochaine loi de finances?

- Noureddine Bensouda: Les dépenses d’avenir sont l’éducation, la santé et tous les besoins prioritaires de la population. Dans tous les pays, même avec  des restrictions budgétaires, toutes ces dépenses servent à assurer la cohésion et la paix sociale. Il y a une politique de gestion rigoureuse et efficace des dépenses publiques dans ce domaine. Les deux discours de SM le Roi ont été très clairs à ce sujet. D’abord, une feuille de route et une demande à tous les acteurs de mettre en œuvre une politique de proximité et de soutien à la population. L’une des recommandations phares est de demander à tous les acteurs de coopérer entre eux. L’Etat, les établissements publics, les collectivités territoriales, le secteur privé, la société civile,… participent à des politiques sociales, et doivent agir de manière coordonnée et cohérente. Au niveau local, le Souverain a insisté sur la mise en œuvre, en parallèle et en harmonie, de la déconcentration et la décentralisation. Il est vrai que pour bien apprécier ces politiques sociales, il faut que le citoyen, dans son quotidien, sente la différence en termes de proximité. Il faut insister sur une chose fondamentale: ce sont les facilitations données aux citoyens, de s’adresser à des administrations mieux organisées, de plus en plus digitalisées, avec des réponses rapides qui vont permettre de bien apprécier tout ce qui a été fait dans ce domaine.

- Pensez-vous qu’il soit difficile de concilier entre les finances publiques sous pression et les besoins de plus en plus grands des populations?
- Le sociologue français, Pierre Rosanvallon, avait déjà parlé de la crise de l’Etat-providence, une crise de financement et des dépenses. Il y a une crise d’efficacité, pour savoir si l’Etat dépense bien les deniers publics. En plus, la crise de légitimité. Nous constatons une demande d’individualisation de l’appui social. Il parle du registre social unique, c’est-à-dire que l’effort doit être ressenti par la population. C’est ce travail qui est en train d’être fait par le gouvernement. L’administration doit mettre en exécution les instructions de SM le Roi pour que tout ce qui est depensé et tout ce qui est mobilisé en termes de ressources soient faits de manière équitable.

- Dans la mise en œuvre de la régionalisation avancée,  avec les politiques, comment va-t-on réaliser plus de justice sociale?
- L’un des challenges aujourd’hui en termes de gouvernance est de mettre à niveau les gestionnaires. Là, je m’appuie sur l’orientation royale en ce qui concerne l’enseignement et la formation, ainsi que tous les secteurs d’activité. Si vous n’avez pas les ressources humaines bien formées, rigoureuses et adaptées, qui comprennent les attentes du citoyen, la mise en œuvre des politiques fera défaut. C’est pour cela que nous organisons des colloques chaque année et même au milieu de l’année, des mini-colloques pour transmettre le savoir. Il est question d’échanger, de comprendre, d’apprendre, de coopérer et de communiquer. Savoir communiquer avec la population est un défi majeur. Aujourd’hui, même le système de reporting a changé. Si dans le temps,  il fallait attendre la télé ou la radio, aujourd’hui tout le monde est au courant via les smartphones. Je crois que cela participe positivement, dans certains cas, à rendre compte de ce qui se passe sur le terrain. Cela pousse les gens à faire attention au niveau de leur travail et d’être rigoureux dans la mise en œuvre des politiques publiques.

Développement, le seul critère

La répartition des investissements publics sur les régions impacte directement la justice sociale. Noureddine Bensouda est conscient de cette donne. Pour lui, «depuis les années 2000, nous avions une vision très claire du développement pour justement réduire les disparités spatiales. Les investissements à travers toutes les régions du Maroc et les dépenses publiques sont bien répartis dans ce sens. Le critère a été et demeure le développement harmonieux au niveau de tout le Royaume». Selon lui, l’idée fondamentale est que «la mobilisation des ressources faite par des administrations financières doit être rapide. Notre rôle en tant que TGR est de fluidifier les circuits et les canaux de transmission parce qu’il y a un prélèvement auprès d’une population qui va aller vers la même population. Donc, il ne faut pas que le transit connaisse des difficultés. Notre rôle est d’être un facilitateur de la dépense publique et la recette publique».

Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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