Analyse

Energie verte: Ces entreprises friandes de production propre

Par Nadia DREF | Edition N°:5348 Le 12/09/2018 | Partager
Chimie, agroalimentaire, mécanique, textile, bâtiment, transport, EnR… Les secteurs à fort potentiel
L’Onudi accompagne 20 entreprises pour leur faire économiser 100 millions de DH/an
L’appui de MorSEFF s’élève à 873 millions de DH dont près de la moitié dans l’industrie
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Source: MorSEFF

Améliorer la production et la productivité sans gaspiller leurs ressources limitées (eau, énergie, matière première), tel est le principal objectif des entreprises qui veulent investir dans l’énergie durable. Une alternative pour faire face aux coûts croissants de l’énergie et des matières premières. Chimie, parachimie, agroalimentaire, mécanique, textile, bâtiment, transport, énergies renouvelables… ce sont là autant de secteurs ciblés.

Les entreprises engagées dans ce processus ne cessent de croître. Afrique câbles, AMA Détergent, Attaghlif, Cochepa, GPC-Kénitra, Kapachim, Naturex, Offset Polyplast, Arzak Tria, BBM Excelo, Margafrique, VMM, Coficab, Mutronic, Plastex, Tube et Profil, Atrefil, PIF, Sifitex… Les résultats annoncés sont probants et le potentiel est des plus prometteurs. En attestent les gains estimés par l’Onudi, dans le cadre des résultats préliminaires du projet Med Test II ciblant 20 entreprises dont le nombre d’employés oscille entre 50 et 400 personnes.

Retour sur investissement en 2 ans seulement!
Cette évaluation révèle un potentiel inestimable en matière de réduction de la consommation des ressources. Pour les 20 entreprises accompagnées, les gains s’élèvent à 5.153 tonnes/an de matières premières, 98,8 GWh/an en énergie, 137.399 m3 d’eau.

S’y ajoute une importante réduction de la charge polluante de 3.162 tonnes/an de déchets solides et 39.971 tonnes/an de CO2. Ces résultats sont obtenus grâce à des investissements cumulés à 236,67 millions de DH qui ont permis une économie de 115,58 millions de DH/an. Ce qui engendre un retour sur investissement moyen de 2 ans uniquement.

La méthodologie retenue par le projet Med Test de l’Onudi analyse les processus de production des entreprises, à savoir les équipements utilisés, les quantités de ressources consommées ou encore la gestion des déchets.

«Ceci permet non seulement de mesurer les impacts économiques et environnementaux de la production de chaque entreprise, mais aussi à déterminer les pertes et le potentiel d’économies», fait valoir Roberta de Palma, conseillère technique en chef du projet Med Test II, mis en œuvre au Maroc de 2015 à 2018.   

Photovoltaïque, biomasse…
L’exécution des projets retenus par les entreprises fait de plus en plus appel aux énergies renouvelables. Les plans d’action retenus englobent l’installation de panneaux photovoltaïques d’une valeur d’investissement cumulée de 46,12 millions de DH, avec 30,75 millions supplémentaires potentiellement considérés dépendant des études de faisabilité, précise l’Onudi. La biomasse n’est pas en reste. Des entreprises y ont investi près de 4,94 millions de DH.

Les économies annuelles combinées s’élèvent à 14,82 millions de DH grâce à la production de 14 GWh d’électricité par PV et 16,2 GWh d’énergie thermique par biomasse ainsi qu’une réduction d’émissions de CO2 de l’ordre de 15.000 tonnes.

En parallèle, les entreprises pilotes ont approuvé des mesures d’installation de systèmes de surveillance pour réduire les quantités d’énergie et d’eau consommées, basées sur les normes ISO 14000 et 50001. Leur mise en œuvre nécessite un investissement global de 8,45 millions de DH. Elle devra engendrer des gains annuels de 4,88 millions de DH.

Cette mesure permettrait également de réduire 6,32 GWh d’énergie et 18.200 m3 d’eau ou encore d’éviter 2.915 tonnes de CO2. Par ailleurs, la plupart des entreprises veillent à assurer un suivi efficace des flux de matières premières.

«Notre expérience dans les domaines de la décoration et du textile nous permet de proposer une prestation haut de gamme de produits et de services pour mieux accompagner nos clients. Nous nous sommes engagés dans la démarche Test pour confirmer notre stratégie basée sur l’innovation, la performance, un système de management protégeant les ressources naturelles, avec une démarche mettant en valeur la conformité de nos activités avec l’environnement», analyse Zouhair Bennani, directeur Usine chez PIF.

Selon les experts, «la production efficace et économe en ressources est l’une des options les plus efficaces et disponibles pour les entreprises marocaines qui cherchent à accroître leur rentabilité, leur compétitivité et leur importance sur les marchés nationaux et internationaux».

Rappelons que le projet MED Test II a été mis en place sous l’égide du ministère de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique ainsi que du département de l’Energie, des Mines et du Développement durable. Il a été mis en œuvre par un consortium composé de deux prestataires de services pour l’industrie, à savoir Fraquemar et MSI Conseil.

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Les projets accompagnés par MorSEFF au Maroc s’élèvent à 141 totalisant 650 millions de DH. S’y ajoutent 31 crédits en cours d’un montant de 213 millions de DH, dont 53% sont dédiés à l’industrie

                                                                     

MorSEFF: 863 millions de DH dont 650 millions engagés

LES entreprises investissant dans l’énergie verte sont accompagnées par des bailleurs de fonds qui leur accordent des subventions et leur offrent une assistance technique au même titre que les banques locales partenaires. C’est le cas de la Ligue marocaine de financement de l’énergie durable (MorSEFF) qui est soutenue par le Fonds européen Multidonateurs SEMED et développé par la Berd en coopération avec l’AFD, la BEI et KfW. A ce jour, MorSEFF a financé 141 projets au Maroc cumulant une enveloppe budgétaire de 650 millions de DH.

Sur ce total, l’industrie s’accapare la part du lion des subventions (64%). Les montants financés s’élèvent à 417,9 millions de DH absorbés par l’agro-industrie (58%), l’industrie du papier (10%), la plasturgie (9%), le textile (7%) et autres industries chimiques et parachimiques (16%). Dans le pipe, 31 crédits en cours totalisant 213 millions de DH dont 53% prévus dans l’industrie. Une somme qui s’ajoute au portefeuille existant pour atteindre 863 millions de DH. Sur la ligne MorSEFF, 347 millions de DH restent à écouler.

Ce sont surtout les grands projets ou complexes (modernisation, rénovation, extension…) qui sont accompagnés par MorSEFF. 10% du montant du crédit est reversé à chaque entreprise en cash-back après vérification de l’installation de l’équipement (moteurs, chaudières, fours, chauffe-eau solaires, compresseurs, chambres froides…)  ou achèvement du projet  par un consultant indépendant. Cette subvention peut atteindre jusqu’à 5 millions de DH par bénéficiaire/sous-emprunteur.

Appuyées par la Ligue, les entreprises peuvent également bénéficier d’un financement dédié et flexible via des banques de la place (leasing ou prêt). Les firmes sélectionnées bénéficient également d’une assistance technique à travers le soutien dans l’identification de gisements d’économies, la demande de financement, l’évaluation et le suivi du projet.

S’y ajoutent l’amélioration du design de projets ainsi que la pré-qualification des technologies. Outre la performance environnementale pour l’industrie, cet appui permet aussi aux entreprises une meilleure compétitivité tout en continuant d’investir et de se développer durablement.

Mieux encore, MorSEFF offre un soutien aux banques partenaires, à travers plusieurs actions: développement de l’offre produit, identification de projets éligibles, évaluation (économies, risques…), intégration aux procédures des banques, sensibilisation & marketing, formation ou encore le renforcement de capacités.

 

 

 

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