Politique

Discours royal: Comment en finir avec le gaspillage des dividendes démographiques

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5337 Le 27/08/2018 | Partager
Une rencontre nationale sur l’emploi et la formation avant la fin d’année
Vers une refonte globale des mécanismes d’appui à l’emploi
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Telle que prônée par le Souverain, la stratégie intégrée pour les jeunes ambitionne d’en finir avec la situation actuelle marquée par la perte de confiance et d’espoir au sein de cette catégorie de la population. L’objectif aujourd’hui est de créer un climat attractif et des conditions qui inciteront les jeunes compétences à s’installer et travailler au Maroc (Ph. MAP)

La rentrée s’annonce chaude pour le gouvernement El Othmani. Après les urgences sociales fixées par le Roi lors du discours du Trône, un nouveau chantier d’urgence s’ajoute aux priorités. Dans son discours de la Révolution du Roi et du peuple, le Souverain a été on ne peut plus clair.

La plus haute autorité du pays a mis l’accent sur l’urgence de la question de l’emploi des jeunes, notamment par rapport à son articulation avec le système d’éducation et de formation. C’est le énième rappel à l’ordre royal. Le sujet a été déjà mis en avant lors du discours de la rentrée parlementaire. Les statistiques montrent que le Maroc est toujours à la traîne dans ce domaine. Un jeune sur quatre est au chômage.

Pour le Souverain, c’est «un vrai sujet de consternation». Il s’agit d’une situation paradoxale dans la mesure où plusieurs entreprises peinent à trouver certains profils. Ce qui renvoie au problème endémique de l’inadéquation entre le système de formation et les besoins du marché de l’emploi. D’où l’importance de mettre en place une nouvelle stratégie intégrée dédiée aux jeunes.

Son élaboration et son implémentation devront se conformer aux orientations contenues dans le discours du Trône, particulièrement en termes de coordination et d’efficacité. C’est décisif pour en finir avec le gaspillage du potentiel démographique. Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a déjà préparé un avis portant sur une stratégie intégrée pour les jeunes.

Aujourd’hui, le gouvernement est attendu sur plusieurs chantiers dans ce domaine. Ceux-ci doivent être lancés dans les plus brefs délais. La priorité des priorités consiste à assurer une meilleure efficacité aux programmes publics d’appui à l’emploi des jeunes. Il s’agit de mener une refonte globale du dispositif actuel, qui a montré ses limites depuis des années.

Une rencontre nationale sur l’emploi et la formation devra être organisée avant la fin de l’année. Ses recommandations serviront de base à la nouvelle feuille de route pour la promotion de l’emploi. La nouvelle approche devrait également mettre l’accent sur les spécialités qui permettent d’accéder au marché de l’emploi.

Actuellement, plusieurs filières forment annuellement des légions de chômeurs. D’où la nécessité d’un système efficace d’orientation, dès les premières années du lycée. L’enjeu est d’offrir aux jeunes une meilleure visibilité sur leur parcours universitaire ou dans la formation professionnelle.

L’objectif est également d’éviter de garnir davantage les rangs des jeunes laissés pour compte. Une convention-cadre entre l’Etat et le secteur privé devrait favoriser la requalification de ces jeunes qui quittent le système de formation sans diplôme.

Les filières de la formation professionnelle subiront aussi une opération de restructuration, notamment via la mise en place d’une nouvelle génération de centres. Leur construction et leur équipement seront assurés par la Fondation Hassan II pour le développement économique et social.

Au-delà de la refonte du modèle de promotion de l’emploi, la feuille de route royale a également insisté sur l’importance du développement de l’esprit d’entreprendre chez les jeunes. Certes, le dispositif d’auto-emploi, mis en place il y a quelques années, suscite un vif intérêt auprès des jeunes.

Mais il s’agit actuellement d’améliorer qualitativement tous les programmes d’appui à la création d’entreprises. Parmi les problèmes à régler en urgence: les retards de paiement par les administrations qui impactent négativement la trésorerie des entreprises.

Or, «comment prêcher l’exemple alors que les institutions de l’Etat n’honorent pas leurs engagements dans les délais impartis», relève le Souverain. D’autres mesures sont aussi au menu, dont l’intégration d’une partie de l’informel dans le secteur formel.

Sahara: Attachement aux fondamentaux

Sur le volet de l’intégrité territoriale, le Maroc reste attaché aux fondamentaux liés à la gestion de l’affaire du Sahara. C’est ce qui ressort du dernier discours royal. Surtout qu’il y a «de plus en plus de concordance entre ces principes et les positions internationales». Il s’agit de la compétence exclusive des Nations unies dans la supervision du processus politique.

 

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