Dossier Spécial

4 jeunes citadins sur 10 au chômage

Par Tilila EL GHOUARI | Edition N°:5336 Le 17/08/2018 | Partager
Le taux d’inactivité atteint 23,1% pour les 15-24 ans
jeunes_chomage_036.jpg

Selon le Conseil économique social et environnemental (CESE), les jeunes Marocains sont désorientés. Afin de leur redonner confiance, l’instance présidée par Nizar Baraka propose de décliner une «offre crédible». Ainsi, trois principes directeurs ont été définis. Il s’agit de la participation des jeunes dans la prise de décision, l’équité et égalité des chances, et une gouvernance cohérente et intégrée aux niveaux national et territorial

Le taux de chômage a reculé de 0,2 point au deuxième trimestre à 9,1%. Dans la même période, le taux d’activité a baissé de 0,3 point, ce qui signifie en somme qu’il n’y a pas de véritable amélioration sur le front du chômage.

Par ailleurs, ce taux de 9,1% cache de grandes disparités. Il atteint un niveau endémique chez les jeunes de 15-24 ans (23,1%), et plus particulièrement en ville où il s’établit à 40,5%. Cette tranche d’âge concentre l’essentiel des Neet ou «nini» (ni en emploi, ni en éducation, ni en formation). Ce sont plus de 1,7 million de Marocains (8% de la population) qui sont exclus de tout. Et cela représente une véritable bombe à retardement.

«La déclinaison de la réforme du système d’éducation et de formation tarde à prendre forme, au moment où l’école marocaine continue d’enregistrer de piètres performances et de produire une jeunesse peu outillée pour une insertion adéquate sur le marché du travail», déplore Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib. Afin de réduire ce fléau, le chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani, a mis en place de nouvelles mesures.

«Nous allons lutter contre le décrochage scolaire à travers la généralisation de l’enseignement, la qualité, la réduction des effectifs dans les classes, le programme Tayssir...», a-t-il indiqué au Club de L’Economiste (Cf: L’Economiste N°:5330 du 07 août 2018).

Par ailleurs, le taux de chômage est plus important auprès de la population diplômée (16,5% niveau national, et 18,6% en milieu urbain), que du côté de celle sans qualification (2,9% niveau national, et 5,5% en milieu urbain). Ce qui amplifie les frustrations pour ces jeunes en quête d’emploi, et confirme la difficulté de la transition entre la formation et le marché du travail.

D’un autre côté, les personnes insérées dans le marché du travail ne bénéficient pas toutes des mêmes conditions. Selon le HCP, 9,6% des Marocains sont sous employés. Cette population travaille généralement avec de bas salaires et sans couverture sociale. Là encore, les plus touchés sont les jeunes âgés de 15 à 24 ans. 

Pour les jeunes qui sont déjà hors circuit à cause de l’inadéquation entre les formations et les besoins du marché, El Othmani décline un autre plan de sauvetage. En effet, des mesures d’urgence seront mises en œuvre telles que: la formation professionnelle, les métiers, l’artisanat, le travail manuel, la lutte contre l’analphabétisme...

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc