Entreprises

RAM: Le détail de l’accord «fragile» avec les pilotes

Par Amin RBOUB | Edition N°:5335 Le 16/08/2018 | Partager
Coup de théâtre: Un deal soumis à un «référendum» des pilotes de ligne
Augmentation des salaires... Le détail des revalorisations par tranche
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Nouveau rebondissement chez RAM. Au lendemain d’un accord arraché au forceps, le management a été surpris de découvrir que l’AMPL soumet les conditions du protocole à un référendum auprès de 500 pilotes (Ph. D.R.)

Royal Air Maroc dépasse la zone de turbulences? Pas sûr, puisque l’accord signé mardi dernier entre le management de la compagnie et les pilotes, représentés par l’AMPL, est soumis à conditions.

Au lendemain de la signature de ce deal «fragile», la compagnie a été surprise par «une note d’information» de l’AMPL qui informe l’ensemble des 500 pilotes de RAM que le protocole d’accord est soumis à un referendum. Autrement dit, l’ensemble des pilotes devra se concerter avant de statuer sur la conduite à tenir. Ce qui remet en cause la représentativité des pilotes ayant signé le protocole pour la reprise d’une activité «normale».

Quoi qu’il en soit, le déblocage de la situation n’est pas encore acquis, sauf si la corporation des pilotes de ligne est majoritairement favorable aux clauses de l’accord signé il y a 2 jours. Ceci étant, les négociations menées entre le management de la compagnie et le Bureau des pilotes (AMPL) ont abouti à un protocole qui formalise le principe de «revalorisation salariale».

Selon un document confidentiel, dont L’Economiste détient copie, il a été décidé de commun accord de procéder à la revalorisation des salaires des pilotes, dès le 1er novembre 2018. Concrètement, il y a quatre tranches d’augmentations qui ont été accordées: Primo, une revalorisation de 5.175 DH nets pour les commandants de bord (CDB) des Boeing 747, 787 et 767. Deuzio, une augmentation de 4.500 DH nets pour les commandants de bord des B737 et E190. S’ensuit une revalorisation de 3.450 DH nets pour les OPL (copilote, officier pilote de ligne) des B747, B787 et B767. Enfin, une hausse de salaire de 3.000 DH nets au profit des OPL (copilotes) des Boeing 737 et E190.

Ceci étant dit, ces niveaux de revalorisation restent en deça des doléances des pilotes à l’origine de cette tension sociale. Et pour cause, la compagnie invoque une conjoncture difficile et une fragilité financière  sur font de surendettement: «la fragilité financière de la compagnie, caractérisée par sa faible trésorerie, son fort niveau d’endettement, ou encore sa faible marge opérationnelle, réduit ses marges de manoeuvre financières. D’où les révisions à la baisse des différentes tranches d’augmentations accordées in fine.

Fragilité financière!

Par ailleurs, selon une source proche du management, «l’analyse diagnostic de la compagnie montre qu’elle évolue sur un équilibre instable, avec une situation financière fragile ainsi que de fortes et réelles menaces sur ses principaux marchés. Menaces auxquelles RAM ne peut faire face  avec la taille actuelle de sa flotte ainsi que la faible connectivité de son réseau».

Et d’ajouter, «du fait de la forte concurrence des grandes compagnies et des low cost, RAM ne cesse de perdre des parts de marché sur les principales routes qu’elle dessert. Autrement dit, le statu quo n’est pas une option. Il va falloir agir d’urgence». En plus des impératifs financiers, la compagnie  devra redresser l’image après des séries d’annulations, de retards et de perturbations dans les plannings de vols.

Pour rappel, plus de 130 vols ont été annulés pendant plus de 3 semaines, depuis le 18 juillet, date du démarrage des tensions, voire de crise sociale sans précédent opposant le management et l’Association des pilotes (AMPL). Ce qui s’est traduit non seulement par un manque à gagner et des pertes sèches chiffrés en plusieurs millions de dirhams (annulations, appareils affrétés, remboursement, indemnisation, hébergement, restauration... des passagers), mais aussi par un coup dur asséné à l’image de marque, qui aura certainement des conséquences fâcheuses à l’avenir sur le business: les ventes de billets, la commercialisation, le chiffre d’affaires, la fidélisation des clients.

Aujourd’hui, compte tenu des enjeux économiques et sociaux majeurs de cet épisode estival tendu, et du rôle stratégique que doit jouer RAM pour développer les arrivées de touristes, des MRE, le transport aérien, ou encore des objectifs de développement (doublement de la flotte, standards internationaux, nouvelles capacités, investissements...), la compagnie se doit de déployer des efforts considérables pour «rassurer» la clientèle, redresser l’image et surtout «redonner de la confiance». Ce qui n’est pas une mince affaire!

A l’origine de ce bras de fer, les pilotes avaient, rappelons-le, une liste de revendications. A leur tête, une revalorisation des salaires, le réaménagement des plans de vol, un repos mensuel de 4 jours en plus des week-ends ou encore des filets sociaux pour le personnel sous statut de RAM Express...

 

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