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    El Mostafa Sajid, un pilier de l'industrie textile

    Par Radia LAHLOU | Edition N°:5333 Le 10/08/2018 | Partager
    L'ancien président de l'Amith a été l'artisan de nombreuses réformes
    Lutte contre l'informel, Vision 2025, développement du marché local... ses grands combats
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    Le sourire vissé aux lèvres quelle que soit la
    circonstance, Sajid est parti, laissant derrière
    lui un bel héritage. Le monde du textile lui
    rend hommage (Ph. L'Economiste)

    Le monde du textile est endeuillé. Il vient de perdre un de ses plus ardents défenseurs, El Mostafa Sajid, past président de l'Association marocaine des industries du textile et de l'habillement (Amith) et frère de l'actuel ministre du Tourisme, Mohamed Sajid, même si les deux refusaient de faire valoir les titres de l'un ou de l'autre pour faire avancer le «schmilblick».

    Les marques de condoléances fusent de partout (anciens ministres, administration, opérateurs...) et sont toutes adressées à l'Amith, qui a été, des décennies durant, «son grand amour» et qu'il a servie avec beaucoup «d'abnégation», avouent de nombreux proches.

    «Nous avons tous le devoir de poursuivre sa mission de militant associatif. El Mostafa Sajid avait la vision et la conviction d'un grand secteur textile et toute sa vie durant, il a combattu  pour en faire une industrie digne de ce nom», lâche dans un souffle, Karim Tazi,  l'actuel président de l'Amith, étranglé par l'émotion.

    Cette «fusion» avec le monde du textile, Sajid la vivait intensément, d'abord de par la nature même de ses activités (patron de Mazafil, Maveltex et Bissate, entreprises intégrées en amont et dans la distribution). Et en parallèle, à travers son engagement indéfectible pour le secteur.

    Avant de présider aux destinées du secteur de 2009 à 2016 (un an pour l'intérim de Mohamed Tamer appelé à la CGEM et 2 mandats successifs), El Mostafa Sajid a été membre du conseil d'administration de l'Amith pendant 30 ans. «Il faisait déjà partie du conseil au moment où j'y suis arrivé, et c'est le seul homme qui y soit resté même après ses mandats.

    Son dévouement et sa passion pour le secteur étaient tels qu'il a poursuivi son combat même sans lauriers. Le plus important, c'était le textile», raconte, la gorge nouée, Simohamed Tazi, directeur général de l'Amith, qui dit avoir perdu son mentor.

    «Ingénieur textile de formation, en quête permanente d'innovations dans le secteur, courant les salons à travers le monde, maîtrisant à la perfection le textile technique et les composantes des filières comme le fil, le tissage, le tricotage et bien d'autres, il était constamment consulté pour tout type de projet. Et il s'impliquait dans chacun d'entre eux avec la même énergie», témoigne Tazi.

    Oui, c'est vrai, Sajid connaissait le secteur sur le bout des doigts et à tous les étages. Avant d'accéder à la présidence, il a eu le loisir d'étudier toutes les facettes du prisme textile en fonction des postes occupés. Il a d'abord été président du groupement tissage, avant de prendre en main la filière textile maison.

    La première stratégie du secteur s'est effectuée sous la présidence de Salaheddine Mezouar. Une époque où le secteur commençait à se restructurer pour affronter le démantèlement de l'accord multifibres (AMF) début 2008, qui mettait fin aux quotas européens sur la Chine. Il a été le vaillant bras droit de Mezouar en assurant, alors, la vice-présidence.

    Lorsqu'il a été en charge de l'Amith en 2009, Sajid a hérité d'un lourd passif, l'industrie se remettant difficilement de 2 années de crise consécutives et vivant des dissensions entre filières. «El Mostafa Sajid a été l'homme de consensus, celui qui a pu réconcilier l'amont, l'aval, les filières et les professionnels. L'Amith lui devra ça, comme le secteur lui devra la première stratégie orientée sur le marché local», souligne le DG de l'Amith.

    C'est sous sa présidence que la première estimation du marché local a été effectuée, prouvant que celui-ci était bien plus important que le marché à l'export. Sans un marché domestique qui se développe, le Maroc devenait une exception, une mauvaise exception, ce qui aurait ruiné tous les efforts fournis précédemment.

    Et depuis 2012, l'homme, discret, entouré de son indéfectible équipe (Simohamed Tazi, Fouad Kabila, Karim Tazi (Marwa), Jaouad Benjelloun) a travaillé sans relâche (même les week-ends) pour mettre sur pied la Vision 2025 du secteur pour redonner un nouveau souffle à l'industrie.

    Une stratégie qui a servi de base pour le plan d'accélération industriel paraphé en 2015 et qui a donné naissance aux écosystèmes textile. C'est aussi durant son mandat que des études scrupuleuses sur l'informel ont été menées afin de prouver aux autorités sa nocivité sur l'industrie. Ou que des plans de formation et de recrutements massifs ont été engagés. Et ce ne sont là que quelques faits saillants... RIP Monsieur Sajid.

     

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