Economie

Le poulet malmené par la canicule

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5331 Le 08/08/2018 | Partager
Les pertes estimées entre 10 et 15% de la production de volaille
Les régions intérieures, les plus impactées
Petite surchauffe sur les prix
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La production des viandes blanches enregistre une progression soutenue. Sur les 5 dernières années, elle est passée de 495.000 tonnes à 640.000 tonnes dont 90.000 de viande de dinde

C’est récurrent. Chaque année, la canicule provoque des dégâts parmi les élevages avicoles. Surtout ceux qui ne sont pas équipés en moyens de refroidissement et brumisation. Mais en ce début du mois d’août, même les élevages bien lotis souffrent des fortes chaleurs.

Et pour cause! «L’arrivée tardive de fortes chaleurs  a pris de court les éleveurs qui n’ont pas procédé à la vérification de leurs systèmes de refroidissement», explique Abderrahmane Ryadi, secrétaire général de l’Association des producteurs des viandes de volailles (APVV). Du coup, des pertes estimées entre 10 et 15% ont été enregistrées parmi les élevages avicoles situés en particulier dans les zones intérieures du pays.

Des pics de 42 degrés centigrades, voire plus, ont été en effet enregistrés, notamment dans les régions du Sud, le Haouz, R’hamna   et dans certaines villes comme Marrakech, Benguérir, Berrechid, Settat, Zaouiate, Fès et Meknès.

«Pour le moment, aucune évaluation sur le terrain n’a encore été menée», révèle le secrétaire général de l’APVV. Mais la situation reste promise à l’aggravation si la canicule persiste et s’intensifie dans le temps. Déjà, une surchauffe sur les prix a été constatée.

En moyenne, elle varie entre 1 et 1,50 DH/kg. Certaines villes comme Tanger  et Oujda, qui concentrent une forte  demande, ont vu le prix du poulet vif négocié entre 14,50 et 16,50 DH le kilo. Mais ces villes représentent des plateformes de commercialisation pour d’autres agglomérations. C’est à l’image du marché de gros de Casablanca pour plusieurs villes du Royaume.

Or, faute de fraîcheur même durant la nuit, les marchands en gros de volailles ne se hasardent pas à risquer le voyage.  

S’il est difficile d’évaluer l’impact de la vague de chaleur, il est sûr  que la canicule entraîne une baisse de performance du poulet de chair. Ce dernier ne consommant pas les quantités habituelles d’aliments.

A noter aussi que, cette année, la filière s’est caractérisée par une surproduction, signale Ryadi. «Jusqu’à mi-juillet, les aviculteurs ont dû perdre 2 DH/kg sur le poulet de chair», révèle le secrétaire général de l’Association des producteurs des viandes de volaille. Ceci bien que la période d’été connaît habituellement une forte demande, nourrie en particulier par l’arrivée des MRE, les fêtes familiales et les départs au pèlerinage.

 

 

 

 

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