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Fête du Trône/La stratégie gagnante de la BCP dans l’UEMOA

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5324 Le 27/07/2018 | Partager
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Kamal Mokdad, DG en charge de la Banque de l’International à la BCP: «A fin 2017, les engagements du groupe BCP et ses filiales s’élèvent à 3.000 milliards de FCFA de crédits»

Grâce à ses filiales, Banque Atlantique et Atlantique Assurance pilotées depuis le hub ivoirien, le groupe BCP a accéléré sa visibilité en Afrique de l’Ouest. Il y déploie avec succès, une stratégie qui cible tous les segments du marché, de l’auto-entrepreneur, la TPE, en passant par la PME et la grande entreprise jusqu’aux Etats. Kamal Mokdad, directeur général en charge de la Banque de l’International, explique les ressorts de cette réussite.
 
- L’Economiste: Quelle analyse faites-vous des activités africaines du groupe?
- Kamal Mokdad:
Six ans après avoir acquis ABI (Atlantic Business International), qui porte notamment nos filiales bancaires et d’assurance sous la marque «Banque Atlantique» et «Atlantique Assurance» en Afrique de l’Ouest, nous sommes particulièrement fiers de nos réalisations. Nous avons en effet bâti un modèle bancaire unique dans la région avec une plateforme de pilotage et de développement basée à Abidjan. Elle joue le rôle d’un «organe central» vis-à-vis de nos filiales opérationnelles. Nous avons harmonisé l’identité visuelle de nos filiales avec celle de la BCP, afin de mieux accompagner la transformation en profondeur que connaissent nos filiales et garantir une visibilité cohérente et une communication homogène.
Le groupe BCP participe activement, via ses établissements Banque Atlantique, au financement des économies de la zone UEMOA. Notre groupe est en effet un partenaire de premier plan des États, des grandes entreprises, des PME et des auto entrepreneurs. Et c’est pour renforcer nos interventions en matière de soutien aux économies que nous avons créé une filiale dédiée à la microfinance, Amifa (Atlantic Microfinance for Africa) en l’occurrence, déjà opérationnelle en Côte d’Ivoire, au Mali et en Guinée. En plus de contribuer à l’inclusion financière des populations jusque-là exclues du système bancaire traditionnel, celle-ci jouera un rôle significatif dans l’éradication de la précarité à travers le financement des activités génératrices de revenus, ainsi que des microentreprises et des TPE.
A fin 2017, le groupe BCP et ses filiales totalisent des engagements de plus de 3.000 milliards de FCFA de crédits aux États, aux entreprises et aux particuliers. Comparativement à 2016, c’est plus de 25% de hausse. Parmi les principaux bénéficiaires de ces crédits, nous retrouvons les États sous forme d’obligations du Trésor et des crédits directs.
 
- Vous êtes peu présent sur les marchés anglophones qui affichent plus de dynamisme. Y avez-vous des projets?
- Il n’est pas toujours vrai que les marchés anglophones sont plus dynamiques que ceux de l’Afrique francophone. Par exemple, la zone Uemoa connaît une croissance supérieure à 6,5% depuis 2010, et de plus de 7% en 2017, soit plus que deux fois la moyenne des pays de l’Afrique subsaharienne sur la même période. Dans la région, la Côte d’Ivoire est l’un des pays ayant la plus forte croissance économique au monde avec des taux de croissance entre 8,5% et 9,5% par an. De plus, cette zone bénéficie d’une forte stabilité monétaire et macro-économique et d’une moindre dépendance aux cours du pétrole.
 Ceci dit, nos ambitions restent inchangées en Afrique et portent sur des pays à la fois francophones et anglophones. Je rappelle que nous avons récemment annoncé l’acquisition de la Banque des Mascareignes à Maurice, pays par essence anglophone avec un rayonnement continental pour la clientèle Corporate. A partir de Maurice, nous pourrons mieux servir notre clientèle entreprise qui a une présence globale à travers le continent, ainsi que celle qui interagit avec les économies asiatiques, en particulier l’Inde et la Chine.
 
- Les agences de notation sont inquiètes de l’exposition croissante aux risques en Afrique subsaharienne…
- La prise de risques est inhérente à l’activité bancaire… le tout est de savoir les maîtriser et les garder dans des proportions acceptables. L’expansion internationale est suivie de près par les instances de gouvernance des différentes banques ainsi que par le régulateur.
 Au niveau de la BCP, nous avons mis en place des pratiques conservatrices en matière d’identification et de provisionnement des risques et avons comptabilisé, depuis plusieurs années maintenant, une provision risque pays.
 Par ailleurs, les évolutions réglementaires récentes dans les zones Uemoa et Cemac, à travers la mise en place d’un nouveau plan comptable bancaire et de la réforme Bâle 2/3, ainsi que l’entrée en vigueur de la norme IFRS 9, se traduisent par un renforcement encore plus important des fonds propres des établissements de crédit, tant dans les comptes sociaux que consolidés. Si on ajoute à cela les mécanismes de captation précoce des indicateurs de risque à travers les Watch List et les limites d’exposition instaurées, l’on peut raisonnablement affirmer que toutes les dispositions appropriées sont prises pour avoir un développement prudent de nos activités en Afrique subsaharienne, tout en captant les opportunités de développement que ces zones pourraient représenter.

 

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