Economie

Un nouveau virage pour le préscolaire

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5318 Le 19/07/2018 | Partager
«L’enseignement préscolaire doit devenir obligatoire pour l’Etat et la famille», la lettre royale donne le ton
22 accords mobilisant différents partenaires pour réussir ce chantier
30 milliards de DH pour la généralisation du préscolaire à l’horizon
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Le lancement du Programme national de généralisation et développement du préscolaire a été marqué par le message royal adressé aux participants: «Il constitue le socle à partir duquel toute réforme doit être initiée» (Ph. Jarfi) (Les visages ont été modifiés)

Un chantier structurant pour l’avenir du système d’enseignement a été lancé hier à Skhirat en présence de Saâd-Eddine El Othmani, chef du gouvernement. Il s’agit du Programme national de généralisation et développement du préscolaire. Cet évènement a été marqué par le message royal adressé aux participants dont la lecture a été donnée par Said Amzazi, ministre de l'Education nationale. Dans ce message, le Souverain a rappelé l’importance que revêt l’enseignement préscolaire dans la réforme du système éducatif.      
«Il constitue le socle à partir duquel toute réforme doit être initiée, étant donné qu’il offre aux enfants la possibilité d’acquérir un ensemble d’habiletés, d’aptitudes psychologiques et de capacités cognitives», a souligné le Souverain. Ce qui aura un impact positif sur leur parcours scolaire par la suite. «Le préscolaire ne consacre pas uniquement le droit de l’enfant à bénéficier d’un enseignement de qualité par l’application du principe d’égalité des chances. Il constitue aussi le meilleur investissement dans les ressources humaines, considéré comme une nécessité impérieuse pour améliorer la performance de l’école marocaine», précisant que «l’enseignement préscolaire doit devenir obligatoire pour l’Etat et la famille». 
C’est l’ambition du Programme national lancé hier à Skhirat, dont l'objectif est de généraliser le préscolaire à l’horizon 2027-2028. Cela va nécessiter l’adoption de textes juridiques et réglementaires devant servir à encadrer ce secteur. La lettre royale insiste ainsi sur «la nécessité d’élaborer un cadre pédagogique national de référence pour tout l’enseignement préscolaire qui couvre les méthodes d’enseignement, les normes de qualité et la formation des éducateurs». Les grands axes et étapes de mise en oeuvre du programme ont été détaillés par Amzazi, qui n'a pas manqué de rappeler les petites performances actuelles. A savoir que le taux de scolarisation dans le préscolaire a atteint 49,06%, soit un effectif de bénéficiaires de 699.634 élèves dont 313.672 filles. Le monde rural reste lésé avec seulement 35,2% qui chute à 26,9% pour les filles. Sur le plan des infrastructures, on enregistre 23.289 établissements avec 36.903 éducateurs dont 27.715 éducatrices. 
Aussi des objectifs stratégiques seront-ils mis en place afin de mener à bien cette nouvelle politique. D'abord, l’intégration du préscolaire dans le primaire et la mise à niveau du secteur traditionnel qui abrite plus de 460.000 élèves. Au menu également, la formation de 28.000 éducatrices et éducateurs ainsi que 950 animateurs pédagogiques, et la mise à niveau de 27.000 éducatrices et éducateurs dans le préscolaire. 
En ce qui concerne le processus de généralisation, on distingue trois étapes principales. Le programme sera amorcé à partir de la prochaine rentrée (2018-2019) par la création de 4.000 classes. 2021-2022 sera une étape d’ancrage avec l'objectif d'atteindre un taux de scolarisation de 67% pour aller vers la généralisation à l’horizon 2027-2028. 
Rappelons par ailleurs que la mise en œuvre de ce programme national va nécessiter un budget d’environ 30 milliards de DH sur les dix prochaines années. Une grande partie sera supportée par le département de tutelle, alors que le reste sera financé par d’autres partenaires comme les collectivités territoriales, l’INDH, le secteur privé et la société civile. 

«C'est l'affaire de tous»

«La réforme de l’enseignement est l’affaire de tous et des différentes composantes de la société», a rappelé le Souverain dans son message. Pour réussir le chantier du préscolaire, ce ne sont pas moins de 22 accords qui ont été conclus avec des partenaires nationaux, régionaux et étrangers, avec la participation essentielle de la Fondation BMCE Bank pour l’éducation et l’environnement. D’autres partenaires sont engagés dans ce programme comme les collectivités territoriales, les académies, les associations et l’Unicef. «Investir dans le préscolaire renforce l’équité sociale sans oublier l’impact positif par la suite sur l’économie du pays comme cela a été montré dans les pays de l’Amérique latine», souligne Regina De Dominicis, représentant l'Unicef au Maroc. Pour elle, le modèle marocain pourra inspirer et être utile pour d’autres pays africains où le taux de scolarisation dans le préscolaire reste très faible, à moins de 13%.  

 

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