International

Investissements: L’énergie électrique rafle la part du lion

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5317 Le 18/07/2018 | Partager
Elle a dépassé ceux consacrés au pétrole et au gaz en 2017
Les énergies renouvelables moins compétitives
La Chine, toujours locomotive
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Le secteur électrique a attiré la plus grande part des investissements énergétiques en 2017, et ce pour la deuxième année consécutive  (Ph: AFP)

Pour la deuxième année consécutive, les investissements dans l’énergie électrique ont dépassé en 2017 ceux consacrés au pétrole et au gaz. Le secteur a été soutenu par de fortes dépenses en réseaux électriques. 
Selon le rapport World Energy Investment 2018, établi par l'Agence internationale de l'énergie (AIE), les investissements mondiaux en énergie ont atteint 1.800 milliards de dollars en 2017, soit une baisse de 2% en termes réels par rapport à l'année précédente. Plus de 750 milliards de dollars ont été consacrés au secteur de l'électricité et 715 milliards à l'approvisionnement mondial en pétrole et gaz. 
La Chine reste le premier pays d'accueil des investissements (environ 20%), devant les Etats-Unis. Ceci grâce au rebond des dépenses dans les hydrocarbures de schiste, les centrales à gaz et les réseaux électriques. En Europe, les efforts d'efficacité énergétique ont eu le vent en poupe. L'Inde a vu les investissements dans des capacités de production d'électricité renouvelable dépasser ceux dans les capacités à base d'énergies fossiles. 
Le rapport de l’AIE constate également qu'après plusieurs années de croissance, les investissements mondiaux combinés dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique ont diminué de 3% en 2017. Ils risquent de ralentir davantage cette année. Par exemple, les investissements dans les énergies renouvelables, qui représentent les deux tiers des dépenses de production d'électricité, ont chuté de 7% l’année dernière. Les récents changements de politique en Chine liés au déploiement du solaire photovoltaïque augmentent le risque de ralentissement des investissements cette année. Alors que Pékin représente plus de 40% des investissements mondiaux dans l'énergie solaire photovoltaïque, ses changements de politique ont des implications mondiales. 
Si l'efficacité énergétique a connu l'une des plus fortes croissances en 2017, elle n'a pas suffi à compenser la baisse des énergies renouvelables. «Une telle baisse des investissements mondiaux pour ces énergies est préoccupante…», a tenu à souligner Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE. «Cela pourrait menacer l'expansion de l'énergie propre nécessaire pour atteindre les objectifs en matière de sécurité énergétique, de climat et d'assainissement de l'air. Au moment où nous aurions besoin que cet investissement augmente rapidement, il est décevant de constater qu'il pourrait baisser cette année», ajoute-t-il. 
D’autre part, la part des combustibles fossiles dans l'investissement énergétique a augmenté l'année dernière pour la première fois depuis 2014. Les dépenses pétrolières et gazières ont augmenté, modestement. Pendant ce temps, la mise hors service des centrales nucléaires a dépassé leur mise en chantier. Les investissements dans ce secteur ayant atteint leur plus bas niveau en cinq ans en 2017. 

Le recul du charbon

Les investissements dans les centrales à charbon ont fortement reculé (-13%), tout comme ceux dans le nucléaire (-44%) et les énergies renouvelables (-7%), détaille le rapport World Energy Investment 2018. Ce dernier note que les perspectives de l'industrie américaine du schiste s'améliorent. Aussi, les investissements dans les projets pétroliers conventionnels, qui sont responsables de la majeure partie de l'approvisionnement mondial, restent modérés. 

 

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