Economie

Balance commerciale: Le déficit franchit un palier historique

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5317 Le 18/07/2018 | Partager
100 milliards de DH à fin juin, 18,5% du PIB sur l’année
Hausse des cours du pétrole et des matières premières
deficit_commercial.jpg
En moyenne, le déficit commercial de la balance des biens retranche 4 points de croissance du PIB. Et la tendance va en s’aggravant, tant que le pays n’arrive pas à développer une offre exportable à forte valeur ajoutée

La dégradation de la balance commerciale est sur le point de franchir un nouveau palier. Sur le premier semestre, le déficit s’est aggravé de 8 points de pourcentage à 100,8 milliards de DH, soit 10% du PIB et presque la facture annuelle des importations énergétiques. Il devrait culminer à 18,5% de la richesse nationale à la fin de l’année contre 17,9% en 2017, anticipe le HCP.  Car les importations resteront sur la même trajectoire. En variation annuelle, elles devraient croître de 8,7% au lieu de 7,6% l’année passée. Une hausse qui reste toutefois tributaire des besoins de l’économie en matières premières, en biens d’équipement et en produits de consommation. Elle est également liée à la hausse des cours du pétrole dont le baril devrait atteindre 70 dollars contre 54 en 2017 et des prix des autres matières premières qui augmentent de 5%.
Or ce sont ces achats, au demeurant incompressibles, qui participent à l’aggravation de la balance commerciale. Avec à la clé des effets pervers sur la croissance économique, faute d’une offre exportable à forte valeur ajoutée. En glissement annuel, les échanges extérieurs retranchent l’équivalent de 1,9 point de croissance du PIB. Un niveau qui passe à 4,4 points en ce qui concerne les importations.  
Sur le premier semestre, ces achats ont nettement augmenté en valeur absolue par rapport aux exportations. Ils ont bondi de près de 10% à 240,9 milliards de DH, soit 21,6 milliards de plus en comparaison avec le premier semestre 2017. En revanche,  les exportations n’ont enregistré qu’une augmentation de 14,3 milliards de DH.  
La hausse des importations  est imputable à l’accroissement des acquisitions  d’équipements destinés essentiellement aux grands projets  (+5,8 milliards de DH), de produits énergétiques (+5,3 milliards) et de produits finis de consommation (+4,3 milliards de DH). A eux seuls, ces trois groupes de produits participent à 70% à la hausse des importations.
A l’export, tous les secteurs sont orientés à la hausse. En particulier l’industrie automobile qui enregistre un bond de 10,8% à 59,2 milliards de DH. Cet accroissement représente l’équivalent de 40% de la progression totale des exportations. Néanmoins, faible taux d’intégration oblige, cette industrie importe une bonne partie des composants et pièces mécaniques et électroniques.
Pour les phosphates et dérivés, la dynamique est plus forte après plusieurs mois d’atonie induite par la faiblesse des cours de la roche et des fertilisants. Sur le premier semestre, les

produit_hausse_balance_commerciale.jpg
Source: Office des Changes

valeurs ont explosé de 16,5% à 24,9 milliards de DH.  
L’agro-industrie, les textiles et cuir ainsi que l’aéronautique restent sur leur trend haussier.
Au total, les exportations ont enregistré une hausse de 11,4% à 140,1 milliards de DH contre 125,8 milliards à fin juin 2017. Ce qui dégage un taux de couverture de l’ordre de 58%.


Coup de froid sur les IDE

A fin juin 2018, les flux des investissements directs étrangers (IDE) ont reculé de 33,1%. Environ 10 milliards de DH ont été drainés par le pays contre 15 milliards à la même période de 2017. 
 Selon les données de l’Office des changes, la situation s’explique par la baisse des entrées combinée à la hausse des revenus de rémunération du stock des IDE (dividendes, assistance technique, redevances…).
En revanche, les transferts des MRE progressent de 8,5% à près de 32 milliards de DH. Il en est de même de la balance des voyages qui enregistre un excédent de 21 milliards de DH sur le premier semestre. Mais, dans les deux cas, ils ne suffisent plus à combler le trou de la balance des opérations courantes. Si la courbe ne s’inverse pas à moyen terme, la pression sur le dirham va s’accentuer.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc