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    Société

    La diaspora au service des ambitions africaines

    Par Stéphanie JACOB | Edition N°:5315 Le 16/07/2018 | Partager
    Etudiants à la Sorbonne développent un ingénieux système d’irrigation
    Ils financent eux-mêmes leurs projets
    Avec l’espoir de rallier des donateurs à leur cause
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     Ils sont une dizaine d’étudiants à la Sorbonne, à Paris, et ont tous une part de leurs origines en Afrique. Leur projet commun «Sizara» s’appuie sur les qualités de l’argile pour un système d’irrigation dédié aux zones arides rurales africaines (Ph. Sizara)

    Ils sont étudiants à la Sorbonne à Paris et ont tous une part de leurs origines en Afrique. Ce qui les a réunis est le concours «Voix des jeunes», qui ambitionne de favoriser l’éclosion d’une génération partageant des valeurs civiques et sociales communes. Ce groupe d’étudiants, dont deux sont Marocains, a pu y présenter son projet Sizara (Système d’irrigation pour les zones arides rurales africaines), via l’association Esma, Etudiants de Panthéon-Sorbonne pour les mondes africains. «Nous avons choisi de développer et démocratiser une technique, qui a l’avantage de bénéficier directement aux populations locales», explique le responsable du projet, Steeve Kanema. Pour cela, deux d’entre eux sont partis, à leurs frais, voir au Sénégal et en Côte d’Ivoire quels moyens étaient utilisés dans ces régions pour irriguer les terres. Puisque la gestion de l’eau est un problème connu depuis des siècles, ils ont jugé bon de trouver une solution ancestrale à un problème ancestral. C’est ainsi qu’ils ont mis au point des «Ollas», des pots en argile microporeux que l’on enterre près des plantations et que l’on remplit d’eau.

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    Les «Ollas» sont des pots en argile microporeux que l’on enterre près des plantations et que l’on remplit d’eau, diffusant lentement dans le sol l’humidité nécessaire à la plante (Ph. Sizara)

    Diffusant lentement dans le sol l’humidité nécessaire à la plante, cet arrosage constant et sans excès évite le stress hydrique, maintient la terre humide et favorise le développement de la faune et de la microflore, autant de facteurs favorables à un meilleur développement des plantes. Ce système permet de faire des économies d’eau de 50% à 70% et de voir près de 100% de l’eau absorbée uniquement par la plante. «Cette méthode est plus économique et fiable que beaucoup de systèmes d’irrigation goutte à goutte sophistiqués qui ont tendance à se boucher facilement d’insectes ou à pâtir des animaux, et qui nécessitent en règle générale des sols plats. Entièrement réalisable localement, tant en termes de compétences que de matériaux, notre système ne nécessite aucune pompe, et profite au passage au commerce des potiers», continue le responsable.

    Le projet «Sizara» a l’avantage de toucher un large public, du villageois, qui souhaite développer une agriculture de subsistance et commercialiser ses récoltes, à l’exploitant agricole, qui cherche à minimiser ses coûts au maximum tout en augmentant sa production. Décidés à ne pas s’arrêter en si bon chemin et à exploiter au maximum les atouts de l’argile, ils développent également le système du «frigo du désert». Un principe physique simple d’argile et de sable, qui repose sur l’évaporation d’eau permettant le refroidissement du pot interne et la conservation des aliments. Prochaine étape: repartir au Sénégal en novembre prochain. «Nous économisons de quoi financer ce voyage», déclare Kanema. Reste pour eux à trouver des financements. Le nerf de la guerre

    Un projet décliné en 3 gammes

    • Basic Sizara: le système rudimentaire des pots d’argile plantés dans le sol, qui bénéficie de tous les avantages de l’irrigation par jarres d’argile.

    • Middle Sizara: le système fonctionne par gravité, en reliant les pots d’argile par des tuyaux, le tout relié à une citerne ou à un réservoir d’eau de pluie situé en amont ou surélevé. L’eau est transmise par un système de pompe manuel sans électricité pour s’écouler en aval.

    • High Sizara: le système est poussé au maximum de ses capacités via des panneaux solaires, une pompe électrique, des capteurs qui mesurent le niveau de l’eau dans les jarres, elles-mêmes optimisées.

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