International

Brexit: Les détails de la future relation proposée à l’UE

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5314 Le 13/07/2018 | Partager
Ses concepteurs détaillent un plan gouvernemental innovant
Mais il déplaît aux eurosceptiques et à la City
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Le gouvernement de Theresa May a publié, jeudi 12 juillet, les détails de sa proposition de relation commerciale avec l’UE après le Brexit, attendue de longue date à Bruxelles (Ph. AFP)​

Le gouvernement britannique a présenté, jeudi 12 juillet 2018, les détails de son plan sur la future relation entre le Royaume-Uni et l’UE après le Brexit. 
Ce plan, qui a déjà provoqué les démissions de deux ministres de premier plan, celui du Brexit David Davis et des Affaires étrangères Boris Johnson, alimente depuis plusieurs jours les velléités de rébellion au sein de la majorité conservatrice. Il s’est attiré les critiques des eurosceptiques comme du secteur financier. La finance britannique emploie directement ou indirectement pas moins de 2,2 millions de banquiers, assureurs, juristes, employés administratifs ou opérateurs à travers tout le pays.
Le nouveau ministre en charge du Brexit Dominic Raab a décrit un plan gouvernemental «innovant», qui doit aboutir à l’élaboration d’un partenariat économique et sécuritaire «sans précédent».

Selon ce livre blanc, Londres souhaite mettre en place une nouvelle «zone de libre-échange pour les biens», destinée à maintenir un commerce sans friction avec les 27 membres de l’UE. Celle-ci doit permettre, via l’instauration d’un arrangement douanier simplifié, d’éviter une frontière dure entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Cette zone reposerait sur un ensemble de règles communes concernant les biens et le secteur agroalimentaire. Londres continuerait par ailleurs de siéger dans les agences européennes qui délivrent les autorisations pour les biens très encadrés (produits chimiques, médicaments, aviation). Le secteur des services ferait lui l’objet d’un nouvel accord qui entraînera davantage de barrières et privera les banques, sociétés d’assurance ou gestionnaires d’actifs du passeport financier qui leur permet actuellement d’opérer librement sur le continent, a reconnu Londres.

Concernant la circulation des personnes, Londres veut développer un nouveau cadre qui respecte les contrôles britanniques aux frontières, tout en permettant aux citoyens de se rendre dans leurs pays respectifs. Une formulation floue qui ne satisfait pas non plus les milieux d’affaires, largement tributaires de la main-d’œuvre européenne.
Londres a accompagné ce plan de propositions pour un partenariat sécuritaire. Le Royaume-Uni resterait membre des agences Europol et Eurojust et développerait des accords de coordination sur les questions de politique étrangère et de défense. Les déploiements actuels de capacités opérationnelles, des deux côtés de la Manche, seraient maintenus.
En marge du sommet de l’Otan à Bruxelles, la Première ministre britannique, Theresa May, a assuré que ces propositions répondaient au vote des Britanniques, en faveur du Brexit lors du référendum de juin 2016.

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