Competences & rh

Observatoire national du développement humain: Nouvelles méthodes d’enquête, nouveaux résultats

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5311 Le 10/07/2018 | Partager
L’organisme valorise l’enquête panel des ménages mise en place en 2012
Publication des premières travaux sur la pauvreté et le Ramed
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Quintile
La révision des critères d’éligibilité au Ramed en adoptant un système de ciblage dynamique figure parmi les recommandations du rapport d’évaluation réalisé par l’ONDH. Ceci en exploitant les données des trois passages de son enquête panel de ménages (2012, 2013 et 2015). Ainsi, dans les 20% les plus pauvres de la population (premier quintile), 53,5% étaient éligibles au Ramed en 2012, alors que seuls 28,6% y étaient affiliés en 2015. Cela dit, cette affiliation augmente par la suite, particulièrement au niveau des deux derniers quintiles représentant en principe les populations les plus aisées. Les vraies causes expliquant cette situation seront clarifiées par le traitement des nouvelles données collectées en 2017

L’Observatoire national du développement humain (ONDH) enrichit ses outils d’analyse pour mieux suivre les indicateurs de développement humain et l’évaluation des politiques et programmes de protection sociale. Cela par le passage à la phase de valorisation de l’enquête panel des ménages qu’il a mis en place en 2012. Ce nouvel outil va permettre de dépasser les limites des enquêtes menées auprès des ménages d’une manière irrégulière et transversale. Constituant l’une des principales sources d’informations, celles-ci ne permettent pas de mener des analyses dynamiques sur les phénomènes sociaux comme cela est le cas pour l’enquête panel des ménages. «Sa spécificité est de suivre un même échantillon de ménages et ses membres de façon périodique dans le temps. Ce qui permet d’observer de façon intégrée et récurrente plusieurs dimensions du développement humain», est-il expliqué. Les premiers fruits de cette étape de valorisation ont été présentés lors d’un atelier scientifique international sur le panel des ménages organisé dernièrement par l’ONDH en partenariat avec l’Unicef. Il s’agit notamment de deux études. La première porte sur l’impact de la mise en place du Ramed sur la demande de soins dans le secteur public. La seconde est considérée comme la première analyse longitudinale de la pauvreté au Maroc. Selon la première étude, la demande de soins de santé des pauvres a enregistré une augmentation importante entre 2012 et 2013 induite par ce programme. Par contre, entre 2013 et 2015, on relève un fléchissement de cette demande de soins au niveau de la catégorie des pauvres dans les établissements du secteur public. Parmi les raisons probables à ce repli, les attentes interminables et la qualité des services de soins, ce qui a poussé les ramédistes à s’orienter vers le privé. Ce constat devrait être vérifié par les nouvelles données collectées en 2017, une fois apurées. 

La pauvreté dans ses couleurs

Pour l’autre étude, on retient que «la pauvreté monétaire absolue, selon l’approche adoptée au niveau national, a atteint des niveaux très faibles et statistiquement insignifiants comme cela a été montré dans le rapport sur les OMD de 2015». Et «l’adoption d’une nouvelle approche permettant une mesure de la pauvreté relative caractérisant les inégalités de revenus et des dépenses montre que cette forme de pauvreté reste élevée au Maroc (entre 18% et 20%) en général transitoire parmi les ménages».

 

 

 

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