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    Noureddine Amir: Sur les traces d’Azzedine Alaia

    Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5309 Le 06/07/2018 | Partager
    Premier marocain invité à la semaine de la Haute Couture à Paris
    Un étrange univers végétal et minéral
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    Noureddine Amir s’est construit un univers d’inspiration végétale et minérale qui semble tout droit venu d’une contrée de légende. Toile de jute, raphia, et des matières brutes épousent la mousseline de soie, l’organza et autres nobles matières (Ph. Dr)

    C'est une année faste pour Noureddine Amir, après une double exposition consacrée à son travail au Musée Yves Saint Laurent (Marrakech et Paris) l’artiste couturier, invité par la Chambre syndicale de haute couture, a présenté une fabuleuse collection,  lundi 2 juillet,  à Paris dans le calendrier officiel de la semaine de la Haute Couture automne-hiver 2018-2019. Il est désormais le premier marocain et africain à se voir consacré par la plus haute instance de la mode mondiale.

    Le créateur, installé à Marrakech, a bénéficié d’une place de choix dans la programmation, puisque son défilé était programmé au musée de l’Institut du Monde Arabe, à 11h00 (excellent timing selon les connaisseurs) juste avant le show de la maison Dior. Un honneur bien mérité, pour un artiste d’exception, ayant fait de la rigueur son credo, depuis des années.

    En dehors de toute tendance ou effet de mode, Noureddine Amir s’est construit un univers d’inspiration végétale et minérale qui semble tout droit venu d’une contrée de légende. Toile de jute, raphia, et autres matières brutes épousant de sublimes mousselines de soie, d’organza et autre nobles matières,  compressées, torsadées faisant écho à des pièces de feutre et autres «kharqa bziouya» de fabrication artisanale.

    Le tout dans de subtiles teintes obtenues grâce à de savants mélanges de cadmium, de safran, d’écorces de grenade, de henné et autres substances dont seul l’artiste détient les secrets de dosage. De véritables œuvres d’art, dont certaines sont plus destinées à être admirées que portées, avec leurs formes sculpturales, architecturales, d’une déroutante puissance. 

    N’ayant jamais sacrifié à la mode  du caftan, Noureddine Amir est assez peu connu du grand public. Il a cependant très vite joui d’une grande considération auprès de la presse nationale et internationale, ainsi que des amateurs d’art. Très vite reconnu comme l’un des créateurs marocains de mode les plus exigeants et les plus singuliers, ses créations à mi-chemin entre la mode et l’art contemporain sont aussi à l’aise sur des podiums que dans les parcours des musées.  Un effet sculptural, qui fait penser à un autre génie de la couture disparu en 2017. Car si Amir avoue volontiers son respect pour Yves Saint Laurent, c’est bien à Azzedine Alaia que ces œuvres font penser.

    On retrouve chez Amir la même exigence de technicien,  la même minutie  et le même amour pour le travail manuel  et la sculpture, mais surtout la même discrétion. Né en 1967, le couturier a grandi à Rabat. Après avoir travaillé à New York comme costumier pour la vidéaste et photographe iranienne Shirin Neshat, il a fait son retour au pays natal en 2001. Nombre de ses créations ont été exposées dans des musées internationaux tout comme les podiums de Marrakech, Londres ou Anvers.

     

     

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