Régions

Tanger: Grogne autour des horodateurs

Par Ali ABJIOU | Edition N°:5309 Le 06/07/2018 | Partager
Les usagers s’organisent pour lutter contre la pose des sabots
Ils se plaignent aussi de la cherté des tarifs
La société de gestion assure travailler dans la légalité
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Les horodateurs ont essaimé au niveau de plusieurs artères de Tanger entraînant la levée de boucliers de citoyens (Ph. MJ)

Huit ans après, les horodateurs sont revenus dans les rues de Tanger. Et avec eux, leur lot de réclamations de la part des usagers. Mais cette fois, réseaux sociaux aidant, la résistance s’avère pugnace, surtout contre la pose des sabots.

Un groupe créé sur Facebook contre les sabots compte à date d’aujourd’hui plus de 23.000 membres, 5.000 de plus en une seule semaine. Sur ce groupe, les usagers ont commencé d’abord par raconter leurs mésaventures avec les sabots avant de passer à l’action et livrer, vidéos à l’appui comment les enlever.

Des groupes de résistance et de veille ont même été créés pour venir en aide aux malheureux automobilistes, immobilisés par le sabot. Une pétition a même été lancée pour demander à la Commune de Tanger de revoir le cahier des charges de la gestion de ce service. Elle devait être appuyée par une manifestation prévue jeudi dernier, mais les autorités craignant tout débordement ont tout simplement refusé d’accorder leur autorisation.

En plus de la Mairie, les usagers visent la société en charge de la gestion des horodateurs, la Somagec Parkings. Cette dernière, à la suite de la signature d’un contrat de gestion déléguée s’est vue attribuer la construction de parkings souterrains à Tanger et l’exploitation des horodateurs dans les environs de ces parkings.

L’objectif est d’encourager les usagers à utiliser les parkings au lieu d’encombrer les rues. Premier grief, le prix. A 3,50 DH l’heure, de 9 heures à minuit en été, les tarifs sont jugés excessifs, d’autant plus que les machines ne rendent pas la monnaie. Pour Mehdi Bouhriz, directeur de la Somagec Parkings, ce dernier point est commun à tous les services de ce genre, même dans d’autres pays comme l’Espagne où les horodateurs ne rendent pas la monnaie, c’est à l’usager de «se débrouiller».

Par contre il se montre plus sensible à l’aspect en affirmant qu’il y a matière à discuter. «Je suis conscient qu’il y a des aspects à améliorer parmi lesquels le prix qu’une renégociation du contrat avec un rallongement de la durée pourrait tirer vers le bas» affirme le responsable de la société. D’autant plus que des solutions alternatives existent, selon Bouhriz comme l’abonnement mensuel à seulement 200 DH qui permet de stationner partout en zone horodateur sans limite de temps.

L’autre grief est le sabot. Pour les usagers, cette immobilisation forcée du véhicule est illégale, plusieurs jugements ont d’ailleurs versé dans ce sens. En avril 2015, la cour d’appel administrative de Rabat avait confirmé le jugement en première instance à l’encontre de la société gestionnaire des horodateurs et démontré l’illégalité de l’immobilisation des véhicules à l’aide d’un sabot.

En outre, les anti-sabots reprochent à la Somagec Parkings l’irrégularité des procès-verbaux d’immobilisation, une attribution exclusive des agents de la Commune qu’elle ne peut déléguer. Pour Bouhriz, les PV sont établis par des employés de la Commune. Actuellement, ils sont 5, mais il est prévu d’en tripler le nombre.

A noter que le projet de parkings avait été lancé en 2014 par la Mairie de Tanger. Après plusieurs appels d’offres infructueux, il a été attribué à la Somagec Parkings. L’investissement est de 600 millions de DH pour la construction de près de 3000 places de stationnement réparties sur plusieurs parkings souterrains à la corniche et au centre-ville dont 420 millions de DH en fonds propres et un retour sur investissement sur 30 ans.

Tanger Park, un exemple malheureux

Tanger n’en est pas à son premier essai avec la gestion du stationnement et des horodateurs. L’expérience démarre en 2001 avec Tanger Park. Mais en 2010, la Mairie résilie le contrat qui la liait avec la société. Le motif n’était autre que le retard dans le paiement des redevances aux caisses de la mairie, l’activité n’étant pas réputée économiquement viable.
Malgré tout, ce système avait permis de maintenir et de contenir la pression du stationnement au centre-ville et dans quelques artères périphériques surtout commerciales. Or avec l’augmentation de la population de la ville, le besoin devenait urgent de se doter d’une  nouvelle politique de gestion en ce sens, permise par les nouveaux parkings souterrains.

De notre correspondant permanent, Ali ABJIOU

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