×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    International

    Guerre commerciale: Comment échapper… peut-être au pire!

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5309 Le 06/07/2018 | Partager
    Impact à la fois sur le PIB américain, européen et chinois
    Les petits pays seraient touchés, selon le Conseil d’analyse économique
    Les partenaires du Maroc doivent se retrousser les manches
    guerre_commerciale_009.jpg

    Deux scénarios sont traités. Le premier, dit de guerre commerciale totale, où les nouveaux tarifs douaniers sont appliqués partout sauf au sein de l’UE, et le second, dit de guerre commerciale limitée, où ils ne s’appliquent ni au sein de l’UE ni entre pays signataires d’accords commerciaux bilatéraux

    Plusieurs institutions internationales (FMI, Banque mondiale, OCDE, Cnuced…) ont évoqué dans leur récente analyse les conséquences d’une guerre commerciale généralisée. Sujet évoqué aussi largement dans la récente note du Conseil d’analyse économique du mois de juillet 2018 sous le thème «Avis de tempête sur le commerce international: quelle stratégie pour l’Europe?».

    L’impact sur la région Mena, dont le Maroc fait partie, n’a pas été analysé dans ce travail, tient à souligner Philippe Martin, président délégué du Conseil d’analyse économique, professeur d’économie à Sciences Po.

    Voici quelques recommandations du Conseil d’analyse économique:

    ■ Impact sur le PIB: Ses estimations suggèrent qu’elle aurait un effet permanent sur le PIB par habitant d’ampleur similaire sur les trois grandes puissances mondiales (Union européenne, Etats-Unis et Chine), d’environ 3 à 4% de PIB. L’impact serait comparable à celui de la Grande récession de 2008-2009. Il serait beaucoup plus grave pour les petits pays. L’Union européenne est en partie protégée par la taille de son marché intérieur. En outre, les effets de court terme devraient être plus importants du fait du choc négatif de demande et d’offre que subirait l’économie mondiale. Pour cette raison, l’UE doit s’engager dans une stratégie de défense du multilatéralisme commercial.

    ■ Des mesures de rétorsion: Il est question de combiner l’adoption de mesures de rétorsion fermes et crédibles en réponse aux attaques actuelles et l’initiative d’une offre de négociations multilatérales ou plurilatérales sur les sujets légitimes. C’est le cas des déséquilibres macroéconomiques, le fonctionnement du règlement des différends à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la réciprocité des engagements et mise à jour des règles sur les subventions ou encore les entreprises d’Etat et sur le droit de la propriété intellectuelle. L’Europe a cependant besoin d’un plan B tant une négociation plurilatérale ou multilatérale avec l’Administration américaine semble difficile. A court terme, cela nécessite, par exemple, de fédérer un club de pays afin d’identifier et mettre en oeuvre des stratégies de contournement du blocage américain de l’OMC au niveau de l’organe d’appel.

    ■ Des accords commerciaux ambitieux: Il est préconisé de poursuivre une politique dans ce sens. Les gains économiques prédisés sont modestes. Mais ils peuvent jouer un double rôle de «police d’assurance» en cas de guerre commerciale généralisée et ils peuvent être utilisés comme un levier sur des sujets non commerciaux. Ces accords doivent donc changer de nature et répondre à deux des principales inquiétudes sur la mondialisation: la protection de l’environnement avec la question du changement climatique et les problèmes liés à l’évasion et l’optimisation fiscales.

    ■ Fiscalité/Climat: Puis de conditionner la signature d’un accord commercial à l’adoption du plan d’action de l’OCDE de lutte contre l’érosion de la base fiscale ainsi qu’à la mise en oeuvre de l’Accord de Paris sur le climat. Des mesures progressives de contrôle et de sanction pour en assurer la mise en œuvre effective seront proposées.

    ■ Les droits de douane: Selon différents travaux de simulation, ils augmenteraient jusqu’à 30 et 60 points de pourcentage dans des scénarios de guerre commerciale. Une estimation de l’impact de long terme du scénario le plus dramatique a été conduite avec une augmentation de 60 points de pourcentage des tarifs douaniers sur les biens manufacturés (actuellement inférieurs à 3% en moyenne pour les Etats-Unis et l’UE) entre les principaux pays du monde et des restrictions sur les échanges de services. Le marché unique européen (post-Brexit) dans ce scénario reste intact et les droits de douane demeurent nuls au sein de l’UE.

    Les devises

    Doit-on déduire que les risques d’une guerre commerciale, avec les incertitudes qui l’accompagnent, sont surestimés? Les experts ne le pensent pas car, dans le cas particulier du Brexit, le Royaume-Uni a pu bénéficier, au moins à court terme, d’une forte dépréciation de sa devise ce qui a amoindri le choc. En cas de guerre commerciale, le choc étant mondial, les ajustements de taux de change refléteraient les effets relatifs sur chaque pays (les petits pays, plus affectés que les grands, verraient leurs devises se déprécier) mais ne permettraient pas de réduire le choc mondial lui-même.

                                                                         

    ■ Tarifs douaniers: Le jour J

    trump_009.jpg

    Malgré les mises en garde et la nervosité des marchés, les Etats-Unis et la Chine vont entrer de plain-pied dans la guerre commerciale. Et ce, avec l’entrée en vigueur ce vendredi 6 juillet 2018 de taxes douanières réciproques sur des dizaines de milliards de dollars de marchandises. Dans une analyse intitulée «La mauvaise approche», la Chambre de commerce américaine a ainsi estimé à environ 75 milliards de dollars le montant des exportations américaines touchées jusqu’à maintenant par les mesures de rétorsion des partenaires commerciaux des Etats-Unis. Elle cite notamment six Etats (Alabama, Michigan, Pennsylvanie, Caroline du Sud, Texas et Wisconsin) particulièrement affectés, qui s’étaient tous prononcés en faveur de Donald Trump lors de la dernière élection présidentielle en 2016. Les entreprises commencent, elles aussi, à s’inquiéter. De son côté, le FMI a une nouvelle fois exprimé des inquiétudes sur la politique américaine.

    ■ Ce que dit la BoE
    Selon les prévisions de Banque d’Angleterre (BoE), une augmentation des droits de douane de dix points entre les Etats-Unis et ses partenaires commerciaux pourrait coûter 2,5 points de PIB aux Américains et un point de PIB à l’économie mondiale (sur trois ans). Et cela à travers le seul aspect commercial. Il faudrait également ajouter à cette estimation les effets indirects, notamment sur la confiance des investisseurs et des consommateurs et sur les conditions financières. Depuis plusieurs semaines, le président américain Donald Trump s’est engagé dans un bras de fer commercial avec ses partenaires, chinois et européens entre autres, à grand renfort de menaces mais également de mesures concrètes.

    ■ Taxes sur l’automobile: Merkel réagit

    merkel_009.jpg

    La chancelière allemande Angela Merkel s’est dit prête à envisager une baisse généralisée des taxes sur l’automobile. Et ce, afin de désamorcer le conflit commercial entre l’UE et les Etats-Unis, à condition que tous les pays concernés soient impliqués. Merkel a précisé qu’il fallait une position européenne commune sur ce sujet, qui est en cours d’élaboration. Elle a renvoyé la question à la visite prochaine du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à Washington, attendue avant la fin du mois.

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc