Régions

Moussem de Tan Tan: A la découverte de la femme hassanie

Par Sabrina BELHOUARI | Edition N°:5308 Le 05/07/2018 | Partager
Un colloque sur l’approche genre dans la valorisation du patrimoine culturel hassani
Présentation d’ouvrages, ateliers thématiques pour enfants et soirées poétiques et musicales

Plus d’une trentaine de tribus nomades du Sahara se sont donné rendez-vous en ce début de juillet à la 14e édition du moussem de Tan Tan pour célébrer la vie nomade des peuples Beidane. Le Moussem, classé patrimoine immatériel mondial de l’Unesco depuis 2008, fête chaque année le patrimoine culturel hassanie d’une grande richesse.

Pour cette édition, c’est la femme hassanie qui est à l’honneur. C’est dans ce sens que le Conseil National des droits de l’Homme (CNDH), en partenariat avec le Centre des études Sahariennes (CES), participe au moussem de Tan Tan, avec un programme culturel placé sous le thème: «Moussem de Tan Tan: patrimoine et savoir-faire féminins, histoire et mutations».

Cette 14e édition rend ainsi hommage au génie créatif féminin et met à l’honneur le rôle central de la femme dans la préservation et la promotion du patrimoine culturel hassani. La participation du CNDH au moussem s’inscrit dans le cadre de sa mobilisation au profit du suivi de la mise en œuvre de la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel adoptée le 17 octobre 2003 et ratifiée par le Maroc le 6 juillet 2006.

Le patrimoine culturel hassani a été ainsi au cœur de l’animation à travers des rencontres débats, de la poésie et des contes traditionnels, des ateliers pour les enfants ainsi que la présentation d’ouvrages, avec la participation d’auteurs, universitaires, artistes et acteurs associatifs issus de l’ensemble des provinces du Sud.

Un colloque sous le thème «Approche genre dans le processus de valorisation du patrimoine culturel hassani» a permis d’échanger autour de l’importance du rôle de la femme dans la préservation et la promotion du patrimoine culturel hassani.

«Il s’agit de mettre l’accent sur la femme hassanie qu’on retrouve dans tous les aspects de la vie traditionnelle et quotidienne de la société saharienne. Lors de cette table ronde on a proposé la reflexion autour des moyens d’introduire l’artisanat féminin dans le circuit de l’artisanat national», explique Rahal Boubrik, professeur universitaire et conseiller auprès du CNDH.

En outre, le patrimoine oral hassani est particulièrement riche et sa transmission demeure un des enjeux fondamentaux du Moussem de Tan Tan. A cet effet, et durant le déroulement des festivités, des conteurs ont pu interagir avec le public jeune de la ville afin de faire revivre cette facette essentielle de la culture ancestrale de la culture hassanie.

Mélange de verbe, de dictons, de proverbe et de contes, cette escale a pour but de mettre en exergue la centralité de l’oralité dans la société nomade saharienne et surtout dresser des passerelles avec un public de moins en moins familiarisé avec cet héritage ancestral.

De la littérature pour découvrir le peuple Beidane

Le moussem de Tan Tan a vu la présentation de deux ouvrages «Arts et coutumes des Maures», dans sa version traduite en arabe et «Le pastoralisme dans le sud marocain», par leurs auteurs respectifs Mohamed El Bachir Damani et Bakkar Almortaiji. Le premier ouvrage est l’œuvre de l’ethnographe voyageuse Odette du Puigaudeau qui a enrichi la bibliographie nationale portant sur les savoir-faire des femmes et des hommes du monde de la population maure dite localement «beidane». Le deuxième ouvrage revient, quant à lui, sur la vie sociale et économique dans le milieu saharien, intimement liée au pastoralisme camelin, sous forme d’une enquête de terrain qui cherche à comprendre et analyser les réalités territoriales de la transhumance et les mutations dans les rapports au bétail.

De notre correspondante permanente, Sabrina Belhouari

 

                                 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc